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Sur la route par Yves Daigneault

L’INSTINCT VS LES NOUVELLES TECHNOLOGIES

Le marathon de Montréal dans son ensemble, reflète la tendance mondiale concernant la pratique de la course à pied. En ce sens que son organisation attire maintenant une foule, toujours séduite par la performance, mais aussi branchée sur l’approche holistique d’une santé globale.

Au risque de paraître vieux jeu, je me permets ici de rappeler qu’à sa première édition, en 1979, plus de 8000 coureurs se sont présentés sur le tablier du pont Jacques-Cartier pour courir le marathon et, j’insiste ici, ils n’étaient pas inscrits à un marathon de 5 km, ni de 10 ni de 21,1, mais bien de 42,195 km. Des 32 000 participants à l’édition 2015, moins de 4000 allaient en découdre avec le marathon.

Ouf, j’avoue que cette précision n’aurait jamais dû être nécessaire, mais enfin, je l’ai ajoutée juste par précaution. De tout temps, les coureurs se sont entraînés pour performer. De tout temps, on a cherché les meilleurs moyens, méthodes, gadgets nous faisant miroiter des résultats, voire des performances prodigieuses. Le marathon étant une distance mythique, tant au sens propre que figuré, il ne convenait pas au plus grand nombre. Alors, même s’il pouvait être attirant, il restait l’apanage de la minorité.

Pourtant, les organisations ont toujours salivé devant l’idée des grands nombres. Alors s’est instillé dans la croyance populaire que de courir le 10 km du Marathon de Montréal, c’était de courir le marathon. En fait, ce n’était pas un vrai mensonge, puisqu’on participait au Marathon de Montréal. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose, bien au contraire, car plus il y a de gens qui courent, mieux va se porter la population, avec évidemment toutes les nuances appropriées. Et c’est là que l’instinct et la technologie s’affrontent, ou dans le meilleur des cas, se connectent.

Que ce soit le simple chronomètre, le cardiofréquencemètre, l’application sur le téléphone intelligent, et cetera, les gadgets multiples sont des outils inventés pour nous aider à mieux performer (courir), sans se blesser, et ce, pour le temps que nos jambes nous soutiennent. La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui les gens sont beaucoup plus informés sur la façon de se préparer à la course, et les risques de blessures et le surentraînement sont d’autant plus diminués.

Par contre, l’instinct demeure toujours présent. On a toujours cet élan de bien faire. Sans tomber dans le gadget invraisemblable, l’outil nous garantissant les résultats sans effort, la tentation des raccourcis nous mène souvent vers des mirages technologiques qui ne remplaceront jamais la pratique rigoureuse et progressive, incluant surcharge de travail, récupération et constance dans l’entraînement pour faire de la pratique de la course une activité qui dure toute une vie. Quant à l’instinct, lui, il nous dit tout simplement que courir, c’est naturel.