Pourquoi courez-vous?
Depuis plusieurs années, le monde évolue sous une forme où l’apparence est importante. Nous, la nouvelle génération, sommes affectés par la publicité et les médias sociaux, par notre poids, notre apparence, notre santé, notre habillement, etc. On voit de plus en plus de jeunes qui font de la musculation ou qui courent pour avoir l’air de ceux qu’on voit dans les films. Toutefois, ceci n’est pas totalement mauvais, car commencer jeune à se tenir en forme réduit énormément les chances d’avoir des problèmes de santé en vieillissant et nous fait éviter l’obésité, mais est-ce que le sport est juste une question de physique? Est-ce qu’on s’entraîne juste pour bien paraître devant nos amis ou devant les réseaux sociaux? Donc, nous, le Prochain Départ, on vous pose la question: pourquoi courez-vous?
Depuis plusieurs années déjà que nous gardons une activité physique hebdomadaire. Pour ma part, explique Catherine Collin, quand j’étais plus jeune, j’avais plus de difficulté à gérer mes émotions. J’ai trouvé, à travers la course à pied, un moyen de me détendre et de me libérer de l’énergie négative qui m’entourait. Lorsque j’ai une mauvaise journée ou que je ne vais tout simplement pas bien, la course me fait penser à autre chose. Si je suis stressée et que j’ai un entraînement avec mon club le soir, je focus sur autre chose que mes soucis. Je me concentre sur ma foulée, je pense au mouvement de mes bras, je me dis que je dois garder le dos droit, je contrôle ma respiration et je regarde au loin. Enfin, le soir, lorsque je reviens à la maison, j’ai la tête reposée et je suis plus apte à continuer ce qu’il me reste à faire.
Aussi, la course m’a permis de me fixer des objectifs. Et lorsque j’atteins ceux-ci, j’éprouve une grande satisfaction. Cela me prouve que je suis capable d’accomplir des choses et que je pourrai me pousser autant que je voudrai parce qu’il n’y a pas de limite à ce qu’on peut accomplir, tant qu’on a de la persévérance!
De mon côté, explique Marcos Gutierrez, il y a longtemps que je fais du sport de niveau de compétition. J’ai commencé à l’âge de 12 ans avec le club de natation Montréal-Nord jusqu’à l’âge de 14 ans. Je nageais environ cinq fois par semaine et, par après, d’un jour à l’autre, je me suis posé la question, pourquoi je m’entraîne? Pour qui je m’entraîne? Pendant deux ans, j’ai été dans une phase de questionnement dans ma vie. Le sport n’avait plus les mêmes valeurs qu’avant. J’allais au gymnase à cause de l’influence de mes amis, mais je ne me sentais pas à ma place dans ce mode de vie. Lorsque j’ai eu 16 ans, je me suis regardé et je me suis dit:« Il faut que je me trouve un but dans la vie!» Je ne faisais plus de sport pour mes parents, j’avais envie de le faire pour moi-même. Je voulais me dépasser, relever mes propres défis et, surtout, me sentir bien dans ma peau. Je suis retourné dans mon ancien club, la tête baissée par la gêne de revoir mon ancien entraîneur. Il m’a demandé: «Pourquoi devrais-je te donner une deuxième chance?» J’ai répondu: «Car, aujourd’hui, je sais ce que je veux et je sais ce je vaux aussi.» Les jours ont continué, très douloureux après un retour à l’entraînement pour les compétitions. C’était surtout très dur, car j’ai vu mes amis, avec qui j’avais commencé, rendus à un niveau beaucoup plus haut. Moi, j’étais tout en bas de l’échelle. Je suis resté persévérant et j’ai continué. Je ne voulais pas lâcher cette fois-ci. J’ai commencé à courir grâce à un défi de course à pied de Québec à Montréal, en relais, en moins de 24 heures. Par après, les courses de demi-fond ont embarqué, et j’ai fini mon secondaire avec mon premier triathlon à l’âge de 16 ans.
Aujourd’hui, je fais du sport et, surtout, je cours parce que, jadis, j’ai été le dernier à terminer ma course et j’étais un des moins bons dans mon cours d’éducation physique. J’étais démotivé. Lorsque je m’entraîne, je cherche à me dépasser et j’espère influencer quelqu’un qui est assis devant son écran ou encore un débutant à se dire: «Lui aussi, il est parti de loin et regarde-le maintenant!» Le sport est une des rares choses qui n’a pas de limite, c’est nous-mêmes qui nous créons nos propres barrières.
Alors, dites-nous, qu’est-ce qui vous motive à vous entraîner? Pourquoi courez-vous?
Catherine Collin et Marcos Gutierrez, pour Courir.org
prochaindepart@live.ca


