Si tu vas à Rio…
Brésil: 5e pays au monde par la superficie et le nombre d’habitants (195 millions). Rio: 6,4 millions.
Cette destination était prévue et annoncée depuis 5 ans, puisque chaque année des Jeux Olympiques d’été, je forme et j’accompagne un groupe pour courir un marathon là où ça se passe. Je l’avais présentée à l’agence Contact Amérique avec laquelle je fais affaire. Un programme de voyage et de séjour avait été conçu et soumis à mon approbation, des modifications avaient été apportées pour en arriver à un produit final que j’ai proposé à mes amis coureurs.
Mon recrutement a commencé en juillet 2015, et nous nous sommes retrouvés un groupe de 26 personnes à prendre le départ le 27 mai pour un voyage de 11 jours (2 jours de vols + 9 jours de séjour). Le vol vers Rio, tout comme le retour de Sao Paulo à Montréal, c’est long! Onze heures de vols, avec escale à Toronto, mais sans compter la durée de l’escale! Nous sommes partis le vendredi soir pour arriver à Rio le samedi avant-midi. Avec une heure de décalage seulement, nous pouvions nous permettre d’arriver la veille du marathon. J’ai toujours trouvé mieux de se libérer de la course dès le début du voyage, pour profiter ensuite au maximum des visites touristiques.
Sur les 26 de mon groupe, 20 s’étaient inscrits soit pour le marathon (16), soit pour le demi (3), soit pour le 6 km (1); 2 marathoniens ont dû renoncer à prendre le départ, et 2 marathoniennes se sont converties au demi. Au total, nous étions donc 18 coureurs et coureuses. Comme pour les marathons d’Ottawa et de Burlington tenus à la même date, la chaleur intense nous a affectés; la prudence était de mise. Mais ça ne nous a pas empêchés d’apprécier le parcours le long de la côte et des fameuses plages Ipanema et Copacabana, avec comme fond de scène les énigmatiques formations rocheuses en forme de cônes. Nous étions un peu plus de 5500 marathoniens, 5000 coureurs au demi et 2530 au 6 km. Pour ceux de notre groupe qui ne couraient pas, une excursion en jeep en ville et en montagne était prévue, ce dont s’est prévalu le reste du groupe.
La journée suivante a été consacrée à la visite de la ville. Dans un autocar de luxe, nous nous sommes rendus à la célèbre avenue bordée d’estrades où se déroule la parade des écoles de samba du Carnaval, et à quelques installations olympiques comme le fameux stade Maracana. Nous avons passé par des quartiers de favelas, ces bidonvilles brésiliens. Le bus nous a montés jusqu’au Sacré-Coeur et deux téléphériques nous ont conduits tout en haut du célèbre Pain de Sucre, pour constater de visu que la carte postale n’était pas truquée! À chaque endroit où nous sommes allés dans ce voyage, nous étions accueillis et accompagnés par un guide francophone. En plus, nous avions la chance de compter dans notre groupe Mme Silvy Joncas, la directrice de l’agence de voyage; sa présence nous a facilité les choses dans bien des cas.

Nous quittions Rio le lendemain avec un vol intérieur vers les fameuses chutes de Foz do Iguaçu (1500 km de Rio). En 2014, j’avais organisé un petit groupe pour un séjour en Afrique, plus précisément au Zimbabwe; nous étions allés courir le Victoria Falls Marathon. Les chutes Victoria sont les plus hautes au monde avec leurs 128 mètres (65 pour Iguaçu, 52 pour Niagara), mais celles d’Iguaçu sont les plus larges avec leurs 2100 mètres (1700 pour Victoria, 1200 pour Niagara); mais Niagara bat les 2 autres pour ce qui est du volume d’eau. Les sentiers et les passerelles pour s’approcher des chutes sont bien aménagés, et les plus audacieux d’entre nous avaient droit à une bonne douche pour se rendre au coeur du cirque de 5 km, au pied de la Gorge du Diable. Il y a une belle légende à ce sujet, celle de la belle Naipa, mais ce serait trop long à vous raconter. Je vous cite plutôt une description élogieuse de l’endroit, prise dans le guide Michelin:

«Muraille liquide. Symphonie assourdissante qui vous inonde. Toute-puissance sortie des entrailles de la Terre, rouge comme le sang de la vie au milieu d’un jardin d’Éden noyé dans les vapeurs humides. Iguaçu, « la grande eau » en langue guarani, est un retour aux sources, au sens propre comme au sens figuré. Impossible de ne pas rester bouche bée devant cette merveille de la nature. Comme le resta celui qui fut le premier à la découvrir. Les images défilent au rythme des millions de litres qui font le grand saut. Sensation d’être Rodrigo Mendoza, alias Robert de Niro, le marchand d’esclaves repenti devenu père jésuite, dégoulinant devant ce rideau minéral dans le film Mission. Des voix montent de l’intérieur. Des voix divines qui vous envahissent et vous font oublier le brouhaha des files indiennes… de touristes venus du monde entier. Lieu unique. Rupture dans la roche, mais aussi dans le temps qui s’arrête là, quelques secondes. Une sorte de rite de passage. On n’est plus le même après avoir vu Iguaçu…»
Notre hôtel de style lodge était situé tout près du parc national, et en y arrivant après notre vol, nous nous sommes rendus à pied au Parque das Aves, un parc d’oiseaux exotiques de 16,5 hectares avec plus de 1100 volatiles de 140 espèces différentes. C’est seulement le lendemain après-midi que nous sommes allés aux chutes; l’avant-midi était consacré à des activités: 9 km de vélo ou de randonnée pédestre dans le parc national, croisière en bateau à moteur pour remonter le fleuve Iguaçu en amont des chutes, et kayak sur 4 km vers les chutes (on nous a récupérés avant!).
Le jeudi 2 juin, deux autres vols intérieurs avec escale à Sao Paulo, couvrant 3170 km, nous menaient à Salvador (2,8 millions d’habitants), ville coloniale autrefois la deuxième en importance de l’empire portugais (après Lisbonne). C’est la plus africaine des villes brésiliennes, à cause de l’importation massive d’esclaves d’Afrique qui ont été forcés de cultiver d’abord le tabac, puis la canne à sucre dans les 100 premières années, pour ensuite servir à exploiter les mines d’or et de diamants. Notre guide nous a d’abord conduits dans la ville basse le long de la côte, où nous avons vu entre autres son port, son mercado (marché) d’artisanat local, l’église Bonfim, haut-lieu de la dévotion populaire; puis dans la ville haute, avec ses sobrados (maisons coloniales aux couleurs pastels).
Un dernier vol intérieur (2100 km) nous déposa à Sao Paulo (11,3 millions d’habitants), la capitale économique du Brésil (Brasilia étant la capitale officielle). Le guide nous a fait arpenter la célèbre Avenida Paulista, le coeur économique de la métropole avec ses tours de verre, son Museu de Arte à l’architecture ingénieuse… Nous avons fait une courte intrusion dans un îlot de verdure, le parc Trianon, un immense marché couvert, le Mercado Municipal, où nous avons dégusté des plats typiquement brésiliens, comme la Mortadela Brasil (mortadelle) ou le Rei de Bacalhau (filet de morue). Ce fut la dernière journée de notre séjour au Brésil.
Encore une fois, avec ce voyage, ma citation empruntée à Tim Cahil s’est appliquée: «un voyage se mesure davantage en amis qu’en kilomètres». De nous retrouver dépaysés dans ce décor fabuleux nous a permis de découvrir une autre façon de vivre, mais aussi de nous connaître et de nous apprécier entre nous. J’ose espérer que la lecture de ce voyage vous incitera à vous joindre à mes groupes dans mes destinations futures: New York en novembre (dossards garantis encore disponibles), Boston et Big Sur en Californie en avril, Disney World en janvier 2018 (25e édition), Istanbul en Turquie en novembre 2018, Lausanne en Suisse en octobre 2019, Tokyo en février 2020, Maui de l’archipel d’Hawaï en septembre 2020 et Costa Rica en décembre 2021.
Pierre Bourassa pour Courir.org
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