Changement: Free to Run
Ce mois-ci, comme le changement est dans l’air, je change de «toune» et je vous parle d’une belle surprise que j’ai eue en janvier: le documentaire Free to Run.
Voici un beau film dont je n’avais jamais entendu parler, même s’il est sorti en 2016, sur l’histoire de la course, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.
Entre autres choses, ce documentaire retrace le parcours des femmes en course à pied, des Jeux Olympiques dans les années 1920, à leur quasi-absence à ces Jeux jusqu’aux années 1960, à leurs premières apparitions sur la route en compétition, vers la fin de cette décennie, jusqu’en 2016.
Belle histoire, racontée par son héroïne, que celle de Kathrine Switzer et de ses débuts au marathon de Boston en 1967. Je connaissais un peu l’histoire de cette coureuse, mais je ne savais pas qu’elle était devenue une militante, contribuant sur plusieurs fronts à permettre aux femmes de trouver leur place en compétition sur la piste et sur la route.
Dans cette veine, j’ai été surpris d’apprendre quand le premier marathon olympique pour les femmes a eu lieu. Surprenant, parce qu’à mon âge, ça ne me semble pas si loin que ça!
Aussi, intéressant de voir comment la course à pied est passée de la piste à la rue, mais aussi des cercles fermés de l’élite à monsieur et madame Tout-le-monde, hors du contrôle absolu des grandes fédérations athlétiques du monde qui, entre autres choses, ne permettaient pas aux coureurs de gagner leur vie en courant, alors que les athlètes de toutes les autres disciplines sportives le faisaient.
Dans cet esprit, de magnifiques segments sur Frank Shorter, Bill Rodgers, Steve Prefontaine, les débuts de la compagnie Nike et d’une sorte de statut de célébrité pour les coureurs, mais aussi sur la naissance d’une belle idée: avoir du plaisir en courant et même courir pour le plaisir.
Le film se penche aussi sur le parcours de personnages moins connus, comme Fred Lebow, qui a permis au marathon de New York de passer de ses débuts relativement modestes aux immenses succès qu’il connaît aujourd’hui.
Et puis, plus récemment, à la suite de l’ouragan Sandy en 2012, grande controverse alors que les coureurs venus du monde entier pour courir dans la Grosse pomme voulaient leur marathon, coûte que coûte, alors qu’on ramassait encore les corps des victimes.
Ça m’a un peu rappelé mes années en Louisiane et l’ouragan Katrina, en 2005.
Coïncidence: quelques jours avant ce visionnement, je suis tombé sur une vidéo qui retraçait le parcours de Jacqueline Gareau, depuis sa victoire au marathon de Boston en 1980.
Voici une belle cette citation que j’entends pour la première fois de la bouche de Jacqueline Gareau, même si elle a été attribuée à plusieurs autres personnes: «On n’arrête pas de jouer parce qu’on vieillit, on vieillit parce qu’on arrête de jouer».
En fin de compte, tout ça m’a ramené à mes débuts, aux petites et grandes douleurs, mais surtout au plaisir de courir, loin de la compétition, des cérémonies et des complications. Loin de la pression de performer.
À mes débuts en 1997, longtemps après les grands succès de ces pionniers et pionnières de notre beau sport, je n’en étais pas moins un personnage étrange aux yeux de certains de mes collègues, amis et voisins. Ce qui ne m’a pas empêché de m’amuser et de découvrir un beau coin de mon pays, en bâtissant la personne que je suis devenu aujourd’hui.
Pour l’année qui commence et pour le reste de vos jours sur la route, je vous souhaite de trouver le temps de jouer dans vos sorties de course et même en compétition, parce que si vous ne le faites pas, vous manquerez sûrement quelque chose. Aussi, parce que quelqu’un quelque part a dû se battre pour que vous ayez le droit de pratiquer votre sport de cette façon.
Richard Strasbourg pour Courir.org
Courriel: rstrasbourg@hotmail.com







