Le Marathon Oasis Rock’n’Roll de Montréal, un évènement qui gagne en maturité.
Il est difficile de comparer les marathons entre eux et d’en faire un palmarès juste et équitable pour la simple bonne raison que les critères servant de barème sont difficiles à choisir. Certaines personnes accordent plus d’importance aux festivités et à l’ambiance entourant le marathon, tandis que d’autres accordent plus d’importance au parcours et aux services aux coureurs.
Pour les fins de cet article, je me contenterai de l’affirmation suivante pour caractériser le marathon de Montréal: un marathon ne devient pas du jour au lendemain une course avec une renommée établie et qui fait l’unanimité auprès de la communauté des coureurs.
L’édition 2015 du marathon de Montréal, à laquelle j’ai participée, m’a permis de constater que cette course gagne en maturité et ne cesse de s’améliorer depuis sa résurrection en 2003. Je souhaite de tout coeur que cette progression se poursuive lors des prochaines éditions.
Cette année, j’étais inscrit à l’épreuve du 21,1 km, car cela entrait dans mon plan d’entraînement qui m’amènera à réaliser peut être une marque personnelle sur le marathon de la ville reine le 18 octobre prochain.
Puisque je n’avais pas fait de période d’affutage pour cette course, le plan était de réaliser les 21,1 km à mon rythme marathon ou mieux. En ce qui a attrait à la température, c’était presque idéal, du moins pour un demi-marathon, avec 13 degrés au départ sur le tablier du pont.
Depuis sa résurrection en 2003, c’était la 5e fois que je prenais le départ sur le pont Jacques-Cartier. À deux reprises, j’avais participé à l’évènement en tant que bénévole aux postes de ravitaillement. Je connais bien le parcours et sa principale difficulté: la «mautadite» côte Berri.
C’est pourquoi, avant le départ, je tente une dernière fois de visualiser mentalement mon plan de course: essayer de retenir la cadence le plus possible lors des 2 premiers km. Cela n’est pas facile, puisque ça commence en descendant abruptement. Ensuite, reprendre le rythme visé lors des km suivants et tenter de finir fort en essayant de terminer avec une cadence plus rapide lors des derniers km.
À 8h30 précisément, notre bon maire Denis Coderre donne le départ. La première partie de la course nous fait passer derrière les manèges de La Ronde, où on doit malheureusement contourner des flaques d’eau puisque cette section du parcours n’est pas une véritable infrastructure routière et, par conséquent, n’est pas nivelée correctement pour qu’un drainage naturel des flaques d’eau vers les puisards puisse s’effectuer.
Heureusement, une fois le pont du Cosmos franchi, on embarque sur le circuit Gilles-Villeneuve, où la qualité de la surface est sublime. Je me sens tellement comme une formule 1 que, lorsque je négocie le virage de l’épingle, je me surprends à embarquer sur les vibreurs pour me faire croire que ça va aller plus vite!
C’est certainement la course avec le plus de groupes musicaux à laquelle j’ai eu la chance de participer. Ça ne s’appelle pas le rock’n’roll marathon pour rien! Sur le parcours du 21,1 km, j’ai dénombré pas moins de 11 groupes musicaux. Au 10e km, on sort du parc Jean-Drapeau en empruntant le pont de la Concorde. Le panorama que l’on a sur la ville à cet endroit est magnifique. Cette portion très rectiligne du parcours qu’est l’avenue Pierre-Dupuy nous fait passer devant Habitat 67 et nous conduit jusqu’à la rue Mill. Ensuite, on débouche sur la rue de la Commune, que l’on suit jusqu’à la place Jacques-Cartier, puis la rue Notre-Dame devant l’Hôtel de ville.
Les spectateurs sont relativement nombreux dans le Vieux-Montréal et les encouragements font du bien, car les premiers signes de fatigue se font sentir au moment de gravir la petite montée que représente la place Jacques-Cartier. Je tiens bon et je tente de respecter mon plan de course. Jusqu’à maintenant, ça va. Au km 17, le parcours sort du Vieux-Montréal par la rue Amherst et je décide que je me sens assez fort pour accélérer légèrement la cadence.
Sur Amherst, on tourne à droite sur la rue Ste-Catherine dans le Village, où de nombreux spectateurs et une scène avec un groupe musical nous attendent. Au km 19, c’est le moment de tourner à droite sur la rue Berri. J’oriente mon regard au loin afin de voir se profiler la montée qui fera mal. Une fois en haut de la côte Berri, j’essaie de ne pas trop grimacer par orgueil, parce qu’il y a beaucoup de spectateurs sur les abords de la rue Cherrier et tout le long du parc La Fontaine jusqu’au fil d’arrivée.
Au km 20, je suis victime d’un point et je dois ralentir un peu. Je termine la course avec un chrono de 1h33, qui est à peu de chose prêt l’objectif que je m’étais fixé. Une fois la ligne d’arrivée franchie, je me sens vraiment bien, car j’ai le sentiment d’avoir accompli une grosse étape de mon plan d’entraînement.
Après avoir recueilli ma médaille, je suis allé courir sur le parcours du 42,2 km pour encourager des amis coureurs, et cela m’a permis en même temps de faire un petit «cool-down» jusqu’à la maison. C’est à ce moment que je réalise à quel point je suis choyé d’avoir le parcours du marathon qui passe presque dans la cours arrière de mon lieu de résidence. C’est une des raisons pour laquelle j’ai déjà encerclé la date du 26 septembre 2016 sur mon calendrier de Courir.org de l’an prochain.
C’est devenu pour moi un rendez-vous incontournable! Et vous, y serez-vous?
Nicolas Riou pour Courir.org
Courriel :riounic@gmail.com


