Été 2017: Nouveaux départs
Départ de Montréal
Depuis le début du printemps, j’ai eu plus de difficulté à trouver le temps de courir qu’à mon habitude. Étrangement, ç’a été plus compliqué cet été jusqu’à maintenant que ça ne l’était pendant l’hiver.
Une bonne raison pour ça: en juin, après trois ans à Lachine, je déménageais et la préparation pour ce déplacement de Montréal à Joliette a pris beaucoup de mon temps.
Ainsi, je me suis senti un peu coupable et «en manque» de course et d’autres activités physiques. Et, pour rajouter un peu à ce sentiment de culpabilité, mon alimentation et l’équilibre que je réussis habituellement à maintenir sont partis par la fenêtre, ou plutôt par la porte… du restaurant!
Mais voilà que, plusieurs jours par semaine pendant plus d’un mois, après le travail, je devais monter et descendre trois étages d’escaliers avec des objets plus ou moins lourds et/ou encombrants pour en remplir mon véhicule, faire une à deux heures de route, avant de tout refaire en sens inverse.
Évidemment, pour moi, c’était juste du temps perdu pendant lequel je ne m’entraînais pas, mais au fur et à mesure que le premier juillet approchait, les marches ont commencé à me sembler un peu plus hautes et un peu plus nombreuses qu’au début. Les boîtes et les sacs un peu plus lourds aussi.
Et puis, malgré la difficulté de la tâche, ma copine et moi (elle sur le paquetage et moi sur le chargement) avons fini par voir la lumière au bout du corridor.
Donc, la veille du jour fatidique, le festival québécois du déménagement, nous avons fini par faire notre dernier voyage.
Début d’une nouvelle aventure
L’étape suivante pour moi était évidemment de reprendre la route, mais à pied.
Là, après trois ans de course en ville, je me suis retrouvé à courir entre les arbres et les champs des fermes locales, au chant des oiseaux et avec une idée excessivement limitée (cartes Google?) de la géographie locale. Avec les trois options suivantes: partir à droite, à gauche ou droit devant, j’ai rapidement retrouvé mon sens de l’aventure et mon appétit pour la route qui est assez vite devenu de la gourmandise (par exemple: encore une côte et je retourne à la maison, ok deux autres…)
Forcément, je me suis un peu perdu, pendant une sortie plus longue, où je me suis retrouvé du mauvais côté de la rivière L’Assomption, forcé de rebrousser chemin faute de pont pour traverser ladite rivière, même si je n’étais qu’à quelques petits kilomètres de chez-moi. Pas de passage, à moins de nager.
Indice que j’étais un peu plus loin de chez-moi que je ne le croyais: quand je demandais à plusieurs personnes de m’aider à trouver un chemin vers mon quartier et que personne ne savait de quel quartier je parlais.
Toujours est-il qu’à ma prochaine sortie j’ai, en fait, trouvé un petit pont pour piétons et cyclistes qui traversait la rivière près de chez-moi. Ce qui n’aurait pas tellement écourté cette longue sortie de toute façon, mais qui m’a bien fait sourire quand même, après coup.
Mais quelle belle expérience que d’explorer un nouveau patelin en courant! Ça faisait trop longtemps que j’avais fait ça.
Et puis, avec tout ça, je me suis rendu compte que je n’avais pas perdu ma forme ou mon endurance et même que mes vêtements semblaient un peu moins ajustés, après le déménagement. Je n’avais pas de poids à perdre avant, mais c’est un léger changement que j’ai apprécié.
Ça m’a rappelé un passé pas si lointain où je ne faisais rien que travailler, m’entraîner, manger, courser et dormir avant de recommencer, presque tous les jours et toute l’année. Ça me faisait une forme un peu différente que celle que j’ai aujourd’hui.
Enfin, même si aujourd’hui je me contente surtout de rester actif, en faisant des choses que j’aime, sans jamais vraiment m’arrêter, mais aussi sans trop vouloir performer, je trouve que je m’en tire très bien et, surtout, que ma vie est beaucoup plus équilibrée qu’avant. Je suis aussi capable de faire face aux défis physiques réels et nécessaires de la vie, comme un déménagement. Ce qui est pour moi plus important que les médailles et trophées que j’ai trimballés d’une maison à l’autre cet été, dans leurs boîtes, desquelles ils ne sont pas sortis depuis un moment déjà.
Je termine en vous souhaitant plein de belles aventures de course, peut-être même de vous perdre tiens, et de trouver ou de retrouver votre équilibre cet été.
Richard Strasbourg pour Courir.org
Courriel: rstrasbourg@hotmail.com


