Y’en aura pas d’facile
Qu’on se le dise d’emblée: la course à pied, ce n’est pas facile. Personne ne commence à courir pour se la couler douce et pour vivre une expérience semblable à celle d’une soirée passée entre amis sur une terrasse estivale. Non.
Mais c’est justement là que se cache la beauté derrière la course à pied. Oui, on pourrait aller plus rapidement en prenant la bicyclette. Pourtant, on choisit la lenteur, la contemplation. On accepte pleinement chaque impact, chaque respiration, chaque goutte de sueur, chaque «visage-écarlate-post-effort».
On pourrait aussi choisir le divan. Le divan stationnaire. C’est nettement plus confortable, non? Pas d’ampoules, pas de douleurs articulaires, pas de crampes, pas de souffle court. Pourquoi faire des sorties de 5, 10, 100 km? Au final, ne revient-on pas à la case départ? Or, chaque fois qu’on sort et qu’on part courir, on défie la paresse et son allié le confort; on les met au cachot. Parfois, c’est souffrant et ça fait mal – littéralement – de partir courir. Chaque matin où mon alarme sonne à 4h et qu’elle me sort violemment des vapeurs du merveilleux pays des rêves, chaque fois, je me pince et m’exaspère en me demandant pourquoi je m’inflige une telle torture. Mais je recommence, jour après jour, aurore après aurore. Réveil brutal sous une symphonie de duo de guitares que je connais maintenant par coeur, préparation sommaire en mode somnambule, voiture, attitude revêche, course. Et chaque fois, chaque fichue fois, dès que je m’élance, j’oublie. C’est pour ça que le jour suivant, ça recommence.
La course à pied, c’est TOUT sauf facile. Ça demande une harmonie des organes, un coeur-mécanique, une pompe à bras, une motivation-béton, des poumons-alvéoles. Ça demande de l’investissement, du temps, du courage, de la folie. Mais par-dessus tout, ça demande de la passion, énormément de passion. Car au final, même si, accessoirement, on court pour garder la forme ou pour s’évader de l’amalgame de tracas quotidiens qui nous talonnent sans cesse, persister en course à pied demande plus qu’une simple motivation externe. Commencer à courir est une chose. Persévérer dans l’adversité et dans les creux de vague en est une autre.
Après tout, courir, c’est se donner corps et âme afin d’accomplir une tâche pourtant si simple: poser un pied devant l’autre. Mais qui a dit que simplicité rimait avec facilité?
Allez, bonne course!
Laurianne Roberge pour Courir.org
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