Tour du lac Brome 2016: Humilité
Le samedi 18 juin, je suis allé faire de la côte, au lac Brome, amenant mon expérience avec moi, sur les sentiers plus ou moins battus de l’humilité.
Comme je choisissais de courir 20 km à chaque année depuis 2008, je voulais changer ça pour 22,2 km cette fois-ci, en me disant que deux petits kilomètres de plus ne pouvaient pas faire une énorme différence. Et ce, malgré ce qu’on en disait autour de moi.
Je me fais habituellement un devoir de ne jamais dire que je vais faire quelque chose si je ne pense pas que j’en suis capable, mais là, on dirait que j’ai surestimé mon entraînement et/ou sous-estimé ce parcours, qui était magnifique mais tellement difficile.
Bref, comme j’étais aussi là pour être bénévole, j’ai passé une partie de la journée à donner un coup de main à gauche et à droite sur le terrain du parc des Lions.
Puis, je suis parti vers Bromont, en autobus, pour le départ vers Brome. Le voyage en soi, qui n’empruntait pas le même parcours que la course, m’a semblé un peu long. Une fois arrivé, l’attente était agréable et avait toutes les commodités souhaitables pour les participants. On y annonçait la température de 28 degrés, mais je me suis dit qu’il ferait beaucoup moins chaud à la fin qu’au début, vu que la course était en fin de journée.
Peu après le départ, j’ai compris que ça serait une longue course. Tranquillement, les côtes ont commencé à me travailler les jambes, les pieds, le moral et même l’estomac, quand les enseignes de distance ont commencé à arriver moins vite ou que je les manquais parce que je regardais le sol, en essayant de ne pas penser au sommet.
Puis, je me suis rendu compte que de plus en plus de coureurs alternaient marche et course, ce qui m’a un peu surpris.
Et finalement, ç’a été mon tour. Je ne sais plus où ni quand, mais une de ces longues côtes a eu raison de ma volonté et je me suis mis à marcher, en jurant un peu, je dois l’avouer. Un peu déçu et un brin gêné aussi, les segments marchés ont d’abord été très courts et progressivement plus longs, comme les côtes il me semble.
Plus tard, j’ai commencé à revoir le même monde. Quand je courais, je les dépassais, et quand je marchais, ils me rattrapaient. On traversait cette épreuve ensemble, en s’encourageant entre nous et en essayant de ne pas lâcher, ce qui voulait dire s’écraser sur la route et attendre de l’aide.
Vers la fin, mon objectif était simplement de courir jusqu’au prochain cône ou jusqu’à la prochaine enseigne. Des fois, j’y arrivais, mais d’autres fois, non. À ce moment-là, même les descentes étaient difficiles.
Et puis, plus les kilomètres défilaient, plus je pensais à mon amour: Sonia, qui était bénévole près de la ligne d’arrivée. Finalement, je l’ai aperçue, en bas d’une longue côte, et je ne sais pas trop comment, mais je n’ai plus marché jusqu’au fil d’arrivée.
Je lui ai crié que j’arrivais, du haut de la dernière côte, et je lui ai dit que je l’aimais en passant, avant de foncer vers le parc et la fin de la course.
La morale de cette histoire, c’est que, même si on se prépare du mieux qu’on peut, malgré notre expérience, il y aura souvent, tôt ou tard, une de ces situations, un défi un peu spécial, pour nous ramener sur terre et nous faire questionner notre approche et notre stratégie.
La question à un million de dollars sera de savoir ce qu’on fait avec ça.
Pour moi, c’était cette course-là: les 22,2 kilomètres de route de campagne du lac Brome. Ce qui ne veut pas dire que je m’avoue vaincu. Peu après la course, je songeais déjà à des façons d’améliorer ma préparation pour l’an prochain.
Enfin, même si je ne fais pas de promesses et que bien des choses peuvent arriver d’ici à 2017, quelque chose me dit que je serai là pour prendre ma revanche, en sachant un peu plus dans quoi je m’embarque, cette fois-là.
Richard Strasbourg pour Courir.org
Courriel: rstrasbourg@hotmail.com


