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Ces mille pas par Laurianne Roberge

Montagne russe

Je suis au parc de la Cité, à Longueuil, un endroit qui se veut relativement achalandé. Cependant, le matin y est frais et incertain, et on annonce une pluie torrentielle, réduisant grandement la quantité d’adeptes de plein air urbain qui s’agglomèrent en son sein. C’est la première fois que je m’y aventure, et après environ 45 minutes de course, je m’approche d’un sentier qui se sépare en deux: l’un descend assez abruptement et s’approche du lac pour remonter aussitôt, tandis que l’autre va, stoïque et droit, jusqu’au sentier qui lui est perpendiculaire. Me nourrissant de côtes imparfaites, je décide évidemment d’emprunter le sentier en montagne russe.

Dans ma folle descente, j’aperçois un homme, un très vieil homme. Probablement nonagénaire. Même centenaire. Il est dans la montée de cette fichue côte asphaltée et chaque pas est pesé, mesuré, hésité. Un pied est manifestement orienté vers l’extérieur et le poids de son corps se porte sur la gauche, tout comme sa canne invisible. Et en un coup de vent, je le dépasse.

Je le dépasse, et je commence à réfléchir. Je me mets dans sa tête. À quoi penserais-je si je me faisais dépasser par une jeune gazelle insouciante, une coureuse dans la fleur de l’âge qui enchaîne une cadence soutenue dans des côtes inégales? Je m’imagine, m’infiltre dans sa peau, en train de combattre la pente asphaltée. Je m’imagine peiner à mettre un pied devant l’autre sans me désarticuler, à grimper cette fichue colline artificiellement construite, lentement, pour ne pas me défoncer les poumons, me débrancher le coeur ou m’oxido-réduire les muscles, mécaniquement programmés à la défaillance.

Serais-je jalouse? Envieuse? Nostalgique? Oui, certainement.

Mes yeux s’emplissent d’eau à l’idée qu’un jour, je devrai probablement renoncer à la course à pied. Je sais, je sais que je ne devrais pas penser à quelque chose comme ça. Mais voir cet homme éprouver des difficultés à simplement marcher me fait voir à quel point j’ai de la chance de profiter de ma jeunesse, de ma fougue et de mon insouciance pour courir à tout rompre. Ne pas courir, en fait, ne plus pouvoir courir, en sachant qu’autrefois j’en étais capable… Cette seule idée me scie en deux. Ce serait littéralement une partie de mon être qui serait arrachée. Une partie de mon être qui deviendrait flétrie, annihilée.

Cette banale sortie matinale dans ce parc public s’est rapidement transformée en réflexion troublante sur l’importance de la course dans ma vie, et sur la tournure que prendrait celle-ci sans la course. Me mouvoir, parcourir des distances, gober des kilomètres, voir des paysages, découvrir des lieux inédits, inaccessibles, m’épuiser, m’enrager, m’envoler.

Oui, m’envoler. Ne plus pouvoir courir, ce serait me couper les ailes. Alors tant qu’elles me porteront, je les déploierai. Et le ferai pour ceux qui ne le peuvent plus.
Laurianne Roberge pour Courir.org
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Motivaction par Victoria L.-Chartrand et Sarah David-Riel

L’intensité et le volume de l’activité physique chez les personnes âgées

Pour une personne âgée, l’activité physique doit faire partie de ses habitudes de vie. Comme plusieurs professeurs ont déduit récemment, le fait de bouger peut remplacer plein de médicaments sur le marché. En dépassant ses limites, la personne est en mesure d’améliorer sa santé et sa vie en général. En effet, bouger c’est large et il est très important de savoir à quelle intensité afin d’éviter les blessures. À la suite de l’article précèdent sur le vieillissement et l’activité physique, il est très important de comprendre la notion de variance de l’intensité et du volume lors de l’exercice.

Premièrement, l’intensité est relative à chaque personne selon son âge, son passé et son état. On entend souvent l’expression: «J’ai 70 ans, donc je ne serai jamais capable de le faire». En fait, l’âge chronologique est juste un chiffre. L’âge biologique est le plus important. Plusieurs personnes de 70 ans sont capables de courir des kilomètres ou de soulever des charges importantes alors que plusieurs autres personnes de 40 et 50 ans ne seront pas capables de le faire. Cela s’explique par plusieurs facteurs tels que les antécédents sportifs dans le passé, la condition physique, la génétique ainsi que d’autres facteurs.

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L’intensité de l’exercice joue un rôle primordial dans l’amélioration de la santé. En effet, la sédentarité affecte négativement la condition physique de l’individu. Avec le vieillissement, cette dernière a un effet encore plus néfaste, et cela est dû au processus de la sarcopénie (perte de la masse musculaire) qui accompagne l’individu lors de cette partie de sa vie.

Pour contrer les déclins dus au vieillissement, plusieurs chercheurs se sont intéressés à l’intensité et au volume (durée et fréquence) de l’entraînement. Auparavant, l’on croyait que le volume était la clé du succès de tout entraînement. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), une personne est considérée active si elle effectue au moins 150 minutes d’activité physique par semaine. Au regard de ce constat, nous pouvons déduire qu’un tel individu sera davantage en mesure de prévenir les déclins dus au vieillissement. Par contre, les études récentes ont démontré que le volume n’est pas le seul facteur sur lequel l’on devrait intervenir. Ainsi, nous faisons référence à l’entraînement par intervalles de haute intensité (HIIT). Plus précisément, le HIIT se caractérise comme étant un entraînement composé de différentes phases, soit par des phases lentes et des phases rapides. Par exemple, un entraînement de 30 minutes peut être suffisant:
Réchauffement (5 minutes)
Intervalles (10 secondes haute intensité, 1 minute moyenne intensité) pour un total de 20 minutes
Retour au calme (5 minutes)
Ce type d’entraînement effectué 3 fois par semaine est beaucoup plus efficace qu’un entraînement continu de 150 minutes par semaine. En effet, de nombreuses études ont souligné les avantages de ce type d’activité physique dans le cadre de perte de gras, d’augmentation de la masse musculaire ainsi que de la diminution des complications métaboliques (hypertension, diabète, cholestérol, etc.). Il est important de noter que la nature de cet entraînement exige une autorisation de la part d’un médecin ou d’un suivi par un kinésiologue étant donné que la condition de chaque individu diffère.

Certes, l’entraînement de haute intensité est recommandé à tous, mais il est tout aussi important de maintenir une vie active et de faire de l’activité physique une habitude quotidienne.

Victoria L.-Chartrand et Sarah David-Riel pour Courir.org
Courriel: duo.motiv.action@gmail.com