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Ces mille pas par Laurianne Roberge

Publié le 30 juillet 2017

La grande traversée [Récit du 50K Five Peaks d’Orford, mon premier ultra]

Il est 5:20. Greg et moi partons du loft que nous avons loué à Eastman. On se dirige vers le Tim Hortons le plus près, à Magog. La fille doit bien se demander qu’est-ce qu’on fait à déjeuner à cette heure-là un samedi matin dans nos habits de coureurs.

Chère, sache qu’on s’en va courir 50 km dans le parc du Mont-Orford, toé! Bin oui, on est fou d’même!
5:45, on reprend la route vers le chemin de la Sucrerie, où le départ de la première édition du 50 km du 5 peaks d’Orford prendra place dans moins d’une heure et quart.

La p’tite gang de fous!

En arrivant sur place, je suis déboussolée. L’ambiance est tellement, mais TELLEMENT différente de celle d’une course sur route! Ici, tout le monde jase en rond, bien serein. Aucun esprit de compétition n’est palpable. Cette atmosphère m’apaise un peu.

À 6h55, Luc Hamel, le directeur de cette folle course, décide de faire son speech pré-départ.
«Ça va être difficile, c’est un parcours coriace, très technique. Mais c’est faisable.»
Mais c’est faisable.

Départ – Castor
7h. Sans prétention, la petite gang de 40 coureurs – composée de 6 femmes et 34 hommes – se dirige vers l’entrée du parc national. À ce moment, j’ai l’impression de marcher vers la gueule d’un loup qui nous guette tranquillement. On s’installe devant l’embouchure du sentier en attendant que sonne le glas.
«Bon bin, yé 7h! C’est parti, on se revoit dans 8, 9 ou 10h!»

C’est ça qui est ça!

La vague de coureurs déferle. On part tous trop vite (évidemment). Je laisse passer plusieurs machines, car je DÉTESTE sentir le souffle de la personne derrière moi dans mon cou parce qu’elle veut aller plus vite.
Lentement mais sûrement, on prend tous nos vitesses. Je décide de suivre la fille devant moi, qui ne va ni trop vite, ni trop lentement. Je me dis qu’elle saura me pacer à merveille. C’est Sophie, la coureuse qui, ultimement, finira première. Elle me demande à plusieurs reprises si je veux la dépasser. Je réponds toujours par la négative.

Mine de rien, après quelques montées et quelques descentes, le mont Chauve est derrière nous et on approche du premier ravito: le castor. 1h30 de course de faite. Tout va hyper bien jusqu’à présent. Je me dis que ça ne sera peut-être pas si pire finalement. Erreur.

Castor – Sommet Orford
Premier ravito. Je remplis mes gourdes, je fais le plein d’électrolytes et je me mets en route. Assez lentement faut croire, car Greg et Sophie sont déjà repartis. Je salue les bénévoles, les remercie et leur fais mes au revoir temporaires. On ne se reverra que 6h plus tard, vers 15h.

Cette nouvelle section s’annonce coriace. En effet, entre le Castor et le sommet Orford, il y a une sacrée bête à traverser: le fameux sentier des crêtes. Je m’y suis frottée lors de ma participation au 23K du Xtrail d’Orford, il y a maintenant deux ans, et maudit que la difficulté du terrain m’avait marquée.

Après une mini-section de 1,5 km assez roulante, c’est l’entrée du sentier des crêtes qui se montre le bout du nez. Je rassemble mon courage et me lance sans réfléchir. Je réussis à rattraper Greg et Sophie. Plusieurs coureurs sortent maintenant leurs bâtons. Les miens? Ils sont invisibles. Bah ouais, j’ai jugé bon que je n’aurais pas eu le temps de m’acclimater aux bâtons de randonnée et que je serais bien en mesure de compléter la course sans leur aide. J’avais raison. Mais ça a fait mal. Les montées du sentier des crêtes sont ULTRA techniques, souvent abruptes et durant la course, à cause de l’abondante pluie tombée la veille, dangereusement glissantes.

En gros, si j’avais à résumer les 2 heures passées dans cette section, je les décrirais comme ceci: Ça monte. Ça monte. Et quand tu penses que ça ne monte plus, tu reçois une autre gifle dans le visage et tu continues de monter!

Heureusement, la vue en vaut la peine, car on arrive enfin sur des caps rocheux qui nous offrent un magnifique panorama de la région estrienne. Un bénévole nous prend en photo. Au loin, on aperçoit le sommet d’Orford. Merde! Il reste un bon bout à parcourir avant de s’y rendre. En avant de moi, Sophie lâche quelques «putain!» et semble un peu découragée par les prochains kilomètres. Dans les descentes techniques, elle est plus lente que moi. Je décide donc de la dépasser. Je garderai une bonne avance jusqu’au ravito de la 112, à la mi-parcours.

Crédit photo: Michel Caron

J’avance bien. Ma nutrition est sous contrôle, pas de haut le coeur, pas de douleur, pas de découragement ou de baisse de moral. La course se déroule exactement comme je le veux. Étonnamment, en ce moment, je suis la première femme. C’est un drôle de feeling. C’est bizarre parce qu’au départ, je ne faisais pas cette course pour avoir un podium. Certes, l’idée me hantait l’esprit, mais sans plus.

Je commence à croiser des coureurs du 25K. Je suis la première femme du 50K qu’ils croisent. Ainsi, les encouragements se succèdent. C’est euphorisant. Je n’avais jamais vécu ça auparavant! Même les randonneurs me félicitent!

Comme on se retrouve… Ft. La Grande Coulée

Mine de rien… Après de belles descentes assez techniques… JE SORS DU SENTIER DES CRÊTES! Wouhou! Et… la joie est de courte durée. Parce que la montée de la Grande Coulée m’attend à bras ouverts. Pis c’est la dernière chose que j’aurais envie de monter en ce bas monde présentement.

Pour ceux qui ne sont jamais allés à Orford, voici un petit topo. La Grande Coulée, c’est le genre de pente qui ne finit plus de finir et qui me laisse toujours perplexe sur la manière la plus efficace de la monter. À quatre pattes peut-être? Ou avec des pics à glace? Bref, c’est long longtemps et abruptement abrupte. Manges-en, des pléonasmes. La récompense? Le deuxième ravito. ENFIN!

Chat monte!

Sommet Orford – Ravito 112
Pif, paf, pouf, me voilà repartie du 2e ravito. Et là, c’est la descente de la 4 km, une piste en petits galets. Pendant 1 km. À un certain point, je prends un embranchement à droite qui m’emmène dans un sentier hyper technique. Et qui descend sans arrêt, mais évidemment, jamais de façon douce. Toujours intensément et dangereusement, en mettant des racines et des roches instables dans les pattes des coureurs. Après à peine 300 mètres dans le sentier, je croise Alister Gardner, coureur de renom, qui est déjà en train de faire le retour de la traversée. Wow! Je tâche de me concentrer à regarder où je mets les pieds, question de me préserver en vie. Un faux pas et ça peut être la catastrophe. Donc, bref, dans cette section, attache ta tuque, ça descend. Mais ça se court mal. Ça, c’est l’autre détail, vois-tu. Ça se court mal, parce que le lien de confiance qui existe entre moi et les roches luisantes s’effrite un peu plus chaque fois que je passe proche de m’empaler sur les gros cailloux pointus qui n’attendent que ma chute.

Après un bon bout de chemin, j’arrive près du ravito de la 112. Éric Côté, du blogue Beau Temps Mauvais Temps, me voit arriver et crie «COUREUSE» afin que la team de feu se prépare à m’accueillir. Il commence à courir avec moi et filme ma descente. Je vole.

Merci Éric pour la photo!

Ravito de la 112
Le festin est étalé devant moi sur une table. Éric me demande comment ça va. Je lui réponds que tout roule, que c’est difficile, mais c’est ce à quoi je m’attendais. Le moral est au top. Je prends un tortilla avec de la guacamole, mais c’est tout. J’ai envie de fruits. Jusqu’à présent, aucun ravito n’en servait. À ma grande déception. À la longue, les gels et les Fruit2, bien qu’excellents, me tombent sur le coeur et j’ai envie d’avaler quelque chose de frais et de juteux. Genre, du FICHU MELON D’EAU. Pas grave. Je vais survivre!

Avant de partir de chez moi, j’avais demandé à mes parents de m’écrire un petit mot d’encouragement que je pourrais lire à la mi-parcours. Je fouille dans mon drop bag et déroule le petit papier finement roulé. Ça me donne un bon boost, surtout qu’en ce moment, les deux autres filles sont avec moi au ravito! Je me donne un p’tit coup de pied imaginaire et, à contre-coeur, je repars dans une chaleur qui se fait de plus en plus intense.

Ravito 112 – Sommet Orford

Après environ 500 mètres de montée, je croise Greg, mon copain. Je lui demande comment il va. Il me dit qu’il va s’arrêter au ravito, il est tombé dans le sentier des crêtes et s’est fait mal. Il ne veut pas aggraver la situation. Rapidement, on repart chacun de notre côté après un p’tit bec salé.

Ironiquement, dans mon cas, la descente aux enfers a commencé à ce moment. Au moment où j’ai recommencé à grimper pour retourner au sommet d’Orford, le moral s’est mis en veille et a commencé à vaciller. Je monte. Je m’arrête. Je monte. Je m’arrête. Je décide de prendre mon temps et d’attendre que Sophie me rattrape pour la suivre de nouveau. Ça me motive de jaser avec quelqu’un et de ne pas être seule avec mes pensées qui coulent.

Après une vingtaine de minutes, elle me rejoint alors que j’observe le paysage sur un rocher à découvert en sirotant ma boisson sportive aux oranges.
On monte ensemble.
«Alors, tu as fait pas mal d’ultras avant?» qu’elle me lance.
«Non. En fait, c’est mon premier!»
«QUOI!!!! En tout cas, tu n’as pas choisi le plus facile, hein!»

Non. Je sais. Je commence à comprendre la difficulté dans laquelle je me suis embarquée. Ça fait plus de 5h que je suis partie et je n’ai qu’un peu plus de la moitié du parcours de franchie. Après environ 1h30 de montée, on sort enfin du petit sentier interminable. La 4 km se dresse devant nous. Abrupte. Violente. Est-ce que je peux trouver un télésiège ou embarquer sur le dos d’un randonneur motivé? Sophie sort de nouveau ses bâtons. Fuck. Je suis prise à grimper, les mains sur les cuisses. Un pas à la fois. Je pense que c’est le meilleur moyen de le prendre, mon leitmotiv de la journée. Le soleil tape fort, la piste est poche. Crime. Une chance que ce n’est pas trop long.

Ça n’a pas l’air de monter comme ça, mais crois-moi. It does.
À un certain moment, je me retourne. À mon grand étonnement, je vois Rosanne, la 3e femme, qui grimpe la côte comme une vraie bête en furie! Elle nous rattrape avec facilité. Alors qu’elle approche, elle nous encourage et nous demande si on est habituée de faire beaucoup de dénivelé.

Euh. Jamais autant que ça! Je vis sur la rive-sud de Montréal. Trouve-moi du dénivelé ailleurs qu’au mont Saint-Hilaire? Et on s’entend, Saint-Hilaire fait 400 m. Saint-Bruno? On n’en parle même pas. Saint-Grégoire ou le mont Royal? Des p’tits galets bien disposés, mais bien peu utiles. À part des champs et le Dix30, dans mon coin, oublie le dénivelé!

À la suite de notre réponse négative, Rosanne nous explique que le mont Orford est son terrain de jeu et qu’elle s’y entraîne quelques fois par semaine.

Ah. Ça explique bien des choses, ça! Et elle reprend sa route, embrayée en 3e vitesse. J’me sens comme la petite Yaris dans une côte de 12% alors qu’elle est le Cherokee qui me dépasse sans problème sur une ligne double. Autre détail à ma comparaison: son Cherokee a la clim’; moi, j’ai des vitres manuelles. Parce que oui, je commence réellement à souffrir de la chaleur.

Sommet Orford – Castor
LE SOMMET. WOUHOU. Maudit que je n’suis pas inspirée par le ravito (sans rancune d’ailleurs). J’ai la bouche sèche, je n’ai pas envie de me décaper le palais avec des chips. Pis ça pogne dans les dents, les chips. Je n’ai pas mangé depuis le ravito de la 112. Ça va pas bien mon affaire. Faut que je prenne quelque chose.
Je tente ma chance.

«Vous auriez pas des fruits par hasard? Genre du melon d’eau ou des oranges?»
«Non… On est désolé… On a des Fruit2, par contre!»
Bof. Non merci. Puis, un bénévole part quelques secondes et revient avec une orange entière.
«Tiens! C’était pour mon lunch, mais je pense que tu en as plus besoin que moi!»
WOW. EST-CE QUE JE PEUX LE SERRER DANS MES BRAS? Je le remercie de sa gentillesse. Parce que pour les prochaines 4h, cette orange est la seule chose que j’aurai mangé.

Je repars. Mais je sais que ça n’ira pas en s’améliorant. J’ai laissé filer Sophie. Elle est à environ 200 mètres devant moi dans la descente de la Grande Coulée. Bah.
J’entre dans le sentier des crêtes. Ça ne file pas. La chaleur m’accable énormément. Je n’arrive pas à manger. Ma nutrition est sur le déclin. Je sais que je dois manger, mais je n’en ai pas envie et, surtout, je n’y arrive pas. Le Brix? Juste y penser, ça me lève le coeur. Je m’essaie avec un Fruit2. Rien à faire. Bon… advienne que pourra. Je vais assumer.

Je te l’ai déjà dit, mais je réitère: le sentier des crêtes est HYPER technique. Je dois monter des caps rocheux à quatre pattes en m’agrippant à chaque saillie qui m’offre une prise de confiance, le tout sous un soleil de plomb et une humidité accablante. À un certain moment, je ne me sens pas bien. Je dois m’asseoir parce que tout commence à tourner autour de moi. Je bois un peu, j’essaie un gel avec de la caféine. ARK.

Autre défi: les randonneurs. Dans une montée, je dépasse un groupe un peu trop rapidement. Je me sens faiblir légèrement et décide de me tirer une bûche le temps que ça se replace. En marchant à côté de moi, y’en a un qui lance d’un air moqueur:
«Ça court vite, mais c’est pas constant, en!»
Oh bin mon cr*ss. Je regarde ma montre. 34 km. T’en as fait combien aujourd’hui, toi? Vas donc noyer ton arrogance dans un ruisseau pas propre. Ça va te faire du bien.

Je les dépasse de nouveau dans une descente un peu plus loin. En apercevant mon dossard, l’un d’eux me demande s’il y a une course aujourd’hui.
«Oui, un 50 km. On est parti depuis 7h ce matin.»
14h50. Je poursuis mon chemin en les entendant s’exclamer derrière moi. Tiens mon p’tit arrogant, tes commentaires, garde-les donc pour toi. Thanks.
Descendre, descendre, descendre. Et… SORTIR DU SENTIER DES CRÊTES! 1,5 km sur la route de gravier, direction dernier ravito: Le castor.

WOUHOU

Castor – Arrivée
J’arrive au ravito. C’est là que les cartes se brouillent dans ma tête. Ce matin, la section du mont Chauve s’est extrêmement bien déroulée. Je me dis qu’il me reste environ 1h de course. Je ne reste donc que très brièvement, que le temps de remplir 1 gourde avant de repartir. Je ne mange rien. Évidemment. Très grosse erreur de jugement.

En retournant sur le sentier, ça monte. Continuellement. J’en ai plein mon casq’ des montées. Je me force à avancer, lentement, mais avancer tout de même. À un certain point, je rejoins Kevin, qui m’avait passée très tôt en début de course. Faut croire qu’il est creux lui aussi. On jase un peu, je le dépasse. Mais sans conviction.

Ça monte. ESTIE! Pu capable des montées! Je suis toute seule. Je le gueule pour que les roches m’entendent. J’EN AI PLEIN LE C.U.L. Bon. J’en ai ma claque, mon voyage, j’ai l’impression d’être stationnaire depuis 5 km. À chaque fois que je regarde ma montre, j’ai à peine franchi 100 mètres. Est-ce que je vais à reculons? Mes idées sont brouillées.

À chaque fois que je vois une roche qui m’apparaît confortable, je m’assois. Je ne suis pas tant fatiguée. Je suis juste absolument écoeurée. Est-ce que je peux me téléporter à l’arrivée? Ça arrangerait bien des choses, ça!

Le ciel se couvre. J’entends soudainement la pluie tomber. Aaaah, ça va faire du bien, ça! Je transpire à grosses goûtes depuis presque 9h, je ne dis pas non à un petit rafraîchissement. Sauf que… Voyons? Je ne reçois rien! Ce n’est pas la canopée, théoriquement, la pluie devrait traverser les p’tits feuillus, non?

Puis, je commence à comprendre. Ce n’est pas de la pluie qui tombe. CE SONT DES GROSSES CHENILLES NOIRES. Et il y en a PARTOUT. Je capote. Je reçois des chenilles sur le corps. Sur la tête. Sur les mains. J’en écrase. Ça gicle noir. C’est irréel. Est-ce que j’hallucine? Nenon.

Je me remets à courir. Je suis tannée de trottiner, mais je me dis que la probabilité que je reçoive une chenille kamikaze sur le corps sera diminuée si j’accélère le pas. Alors je descends!
Et je me fais passer par une femme. QUOI? Pas vrai. Je suis 4e. Fuck. Mais je n’ai tellement pas d’énergie, je n’essaie même pas de la rejoindre. Au diable la médaille. Il me reste la fierté de ne pas abandonner.
J’avance, j’avance. J’entends soudainement des cris. L’arrivée approche.
L’arrivée approche. Et les mots de Luc résonnent dans ma tête.
« Ça va être difficile, c’est un parcours coriace, très technique. Mais c’est faisable. »
Je tombe sur le petit bout de sentier en planches de bois. Ça veut dire que j’arrive. Le périple achève.
Je me remets à courir. Je cours à 6:00/km. J’ai hâte d’arriver.
Au loin, j’aperçois une femme. Elle ressemble à ma mère.

« C’EST LAURIE! C’EST ELLE! ELLE VA Y ARRIVER! »
Quoi? Maman? Je sors du sentier. Je ne comprends rien. Mon père aussi est là! Ils courent avec moi. Il me reste 200 mètres avant d’arriver. Un petit faux plat.
Je flotte. Ça fait 4h que je suis à plat, au fond du baril, et c’est comme si on venait de me tirer de la noyade et que je reprenais soudainement vie.
Je tourne à gauche. Luc est là. Les bénévoles sont là.
J’ai fini. Ça y est. J’ai fini mon premier ultra.
J’éclate en sanglots. Maudit que c’était dur. Câline que c’était dur. Man. Je suis submergée. La fierté, la fatigue, la chaleur, la faiblesse, l’amour. Un tsunami d’émotions contradictoires.

Dire que le 50K était ardu serait un euphémisme, un understatement. Parce que j’ai dû puiser dans des ressources internes dont j’ignorais l’existence, j’ai vécu des hauts incroyables et des bas à en couper le souffle. Mais wow.

Quel parcours, quelle aventure! Compléter cette course m’aura pris 9h55.
Et à mon grand étonnement, je suis 3e femme. Celle qui m’a passée à la fin était une coureuse du 25K qui était retournée sur le parcours. Pour le fun, t’sais.

Greg, DFL.
Greg n’est pas à l’arrivée. Je ne comprends pas, parce qu’il m’avait clairement dit qu’il abandonnait au ravito de la 112, à mi-parcours. J’apprends qu’il a décidé de repartir. Je n’en reviens tout simplement pas. Il est le dernier coureur. Tous les autres ne sont pas arrivés à temps au Castor ou ont abandonné.
Environ 1h après mon arrivée, il surgit des bois. Dead F*cking Last. Épuisé, émotionnellement drainé, mais heureux.
Et je pense que c’est l’essence des ultras.

***
Merci Luc d’avoir mis sur pied un événement aussi intense. Merci à Éric et Edith pour le ravito de la 112. Vous nous avez traités aux petits oignons. Merci à Frédéric Giguère, brigadier et soutien moral. Merci à tous les bénévoles présents sur place. Merci à Sophie Didou, première femme, qui a su me challenger mentalement et avec qui j’ai couru la majorité de la course. Merci à mes parents pour leur belle surprise.
Merci, merci, merci.

Ça va être difficile, c’est un parcours coriace, très technique. Mais c’est faisable.
Laurianne Roberge pour Courir.org
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