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Émilie Mondor (1981-2006): L’étoile filante Par Jean Claude Drapeau

Publié le 6 septembre 2012

Je me rappelle très bien le matin du 10 septembre 2006. La température était fraîche, le ciel bleu et dégagé. Je faisais partie des milliers de coureurs présents sur le pont Jacques-Cartier et fébriles à l’idée de s’élancer dans les rues de Montréal. Et puis ce silence après l’annonce au micro, juste avant le départ du demi-marathon, de la mort accidentelle d’Émilie Mondor. Celle qui avait l’étoffe des meilleures coureuses au monde et faisait la fierté du Québec venait de nous quitter trop jeune…

Par un rare matin frais de juillet 2012, Mme Nicole Demers Mondor, la mère d’Émilie, m’a donné rendez-vous au parc du Grand-Coteau, à Mascouche, le terrain de jeu de sa fille aînée où une sculpture argentée de l’athlète en mouvement nous invite à bouger à l’entrée des sentiers. Je n’ai pas eu la chance de connaître personnellement Émilie, mais j’avais le goût d’en apprendre davantage sur celle qui m’a beaucoup inspiré et qui continue encore d’être présente dans le coeur de bien des gens.

Émilie Mondor (1981-2006): L’étoile filante
Mathieu Gagnon «Elle venait toujours courir ici, dans la forêt, car elle s’y sentait dans son élément. La ville tenait à lui rendre hommage, mais je ne voyais pas une rue ou un viaduc porter son nom, ça ne la représentait pas. C’était une fille de nature, alors j’ai proposé au maire que l’on nomme un sentier du parc en son nom. Finalement, ce sont tous les sentiers qui ont été renommés en son honneur selon ses traits de personnalité, comme la Fonceuse et la Passionnée.»À l’époque, dans les années 1990, l’endroit était peu fréquenté, voire presque désert. Aujourd’hui, les quartiers environnants se sont développés et les gens se sont approprié la beauté des lieux. Autour de nous, de nombreux enfants s’amusent et des mamans font leur cardio-poussette en groupe. Des canards courent autour du petit lac Henri et osent parfois venir taquiner nos pieds. C’est d’ailleurs ici que se déroule la Classique Émilie-Mondor chaque automne.

Ses débuts en athlétisme

Au secondaire, Émilie touche à de nombreux sports, dont l’athlétisme, le soccer et le volleyball. «Elle se donnait toujours à fond. Dans les sports d’équipe, elle trouvait ça inconcevable qu’une personne ne se donne pas toujours à 100 %. Ça la choquait énormément, ce qui l’a amenée à se tourner davantage vers l’athlétisme. La course a alors été une véritable découverte pour elle.»

À l’été 1995, elle gagne sa première médaille aux Jeux de Québec en terminant 2e au pentathlon. C’est toutefois deux ans plus tard, toujours aux Jeux de Québec, qu’elle se démarque réellement en remportant trois médailles d’or aux épreuves de 800 m, 1500 m et 3000 m. Elle passe pour la première fois à la télévision et le Québec s’éprend alors de cette jeune coureuse débordante d’énergie.

En mars 1998, elle s’envole pour Marrakech, au Maroc, pour participer au Championnat mondial de cross-country junior, sa première expérience sur la scène internationale où elle se démarque de brillante façon en terminant 10e. «Elle était revenue très impressionnée de cette aventure, surtout d’avoir vu des coureuses compétitionner nu-pieds. Mais elle n’était pas du genre à s’enfler la tête et elle a vite repris son entraînement, comme si de rien n’était.

«Elle avait une discipline militaire avec entraînement matin et soir à laquelle on ne pouvait pas toucher. Elle se privait de sortie pour se coucher tôt et ne dérogeait jamais de sa routine. On trouvait que c’était trop, qu’elle devait vivre son adolescence. Mais elle nous disait qu’elle voulait arriver première et non deuxième, alors elle faisait tout pour parvenir à son but. Elle était très exigeante envers elle-même.»

Ses entraîneurs n’ont jamais eu besoin de la motiver, c’était plutôt le contraire. «Ils tentaient de la ralentir un peu, de lui faire prendre une pause pour qu’elle prenne soin d’elle, car beau temps, mauvais temps, elle sortait courir. Tous les jours. Si elle avait un empêchement, elle devenait marabout! Tu sentais qu’il y avait quelque chose qui lui manquait. C’était une vraie passionnée.»

Dans les années qui ont suivi, elle a notamment couru au Portugal, en Irlande, au Japon, en Suisse, en Norvège, en France et en Belgique. Voyager autant exigeait-il des sacrifices financiers de la part de ses parents? «Effectivement, on a vu ça arriver, mon mari et moi, mais Sylvain Lavallée, l’entraîneur d’Émilie à l’époque, nous avait dit d’avoir confiance. Comme de fait, puisqu’Émilie performait bien, les bourses ont suivi et elle a même eu une commandite avec Adidas. Mais c’est sûr qu’on ne pouvait pas la suivre partout dans le monde.»

 

Émilie Mondor (1981-2006): L’étoile filante
Mathieu Gagnon De Vancouver aux Jeux d’Athènes

En août 2001, Émilie décide de s’exiler à Vancouver pour y poursuivre ses études universitaires, mais surtout parce qu’elle trouvait que les hivers y étaient beaucoup plus propices à l’entraînement. Elle était alors très près de l’Olympienne Leah Pells, spécialiste du 1500 m, qu’elle tenait en estime et qui s’y entraînait. «On sentait qu’elle était heureuse d’être là-bas.» Quand elle avait un moment de libre, Émilie adorait lire ou étudier. Elle prévoyait d’ailleurs s’inscrire à la maîtrise après avoir fait l’équivalent de deux baccalauréats, dont les sciences biologiques animales.

Le 26 août 2003, à Paris dans le cadre du Championnat du monde d’athlétisme, Émilie devient la première Canadienne à fracasser la barre des 15 minutes au 5000 m en arrêtant le chronomètre à 14 minutes, 59 secondes et 68 centièmes. Son prochain objectif: les Jeux olympiques d’Athènes. «Autant c’était un rêve pour elle, autant ce fut une déception. Car plus elle côtoyait l’élite internationale, plus elle était témoin du dopage.» Par exemple, juste avant son entrée dans le stade olympique, en passant par les toilettes réservées aux athlètes, elle a remarqué une seringue dans les poubelles. Les Jeux venaient de perdre de leur pureté à ses yeux.

«Pour elle, la course était un dépassement de soi, une quête personnelle où la drogue n’avait pas sa place.»

Blessures et remise en question

La situation change après les Jeux olympiques avec son réseau d’amis de Vancouver et elle décide d’aller s’entraîner en altitude à Mammoth Lakes, en Californie. «Ce changement n’a toutefois pas été bon pour elle. Elle a vécu beaucoup de pression là-bas. L’entraîneur de l’endroit se servait d’Émilie pour pousser la marathonienne Deena Kastor. Puis, les blessures se sont mises de la partie et notre fille a décidé de rentrer au bercail quelques mois pour revoir ses priorités.»

Elle se retrouve en effet hors-jeu en raison d’une série de fractures de stress et d’un début d’ostéoporose. Elle sent que son corps ne suit plus, et on découvre que ses os n’absorbent pas le calcium. Alors qu’elle songe à tout abandonner, un docteur lui propose d’essayer un nouveau médicament, le Forteo, qui coûte une petite fortune, mais qui la remet vite sur les rails.

«Peut-être qu’il n’y a pas de lien, mais Émilie est née prématurément à 33 semaines et demie. Elle a connu de nombreux problèmes respiratoires dans sa première année de vie, puis elle a fait de l’asthme jusqu’à l’âge de 8 ans environ. Mais elle ne voulait rien savoir des médicaments! Elle aurait pu prendre une pompe pour l’asthme, on voyait parfois qu’elle en aurait eu besoin, mais c’était contre ses principes. Elle n’avait pas peur de souffrir, elle était très combative et elle allait toujours au bout d’elle-même.»

Retour en force et marathon

Début 2006, la santé est revenue et Émilie prend part à deux 10 km sur route, dont celui d’Ottawa en mai, qu’elle termine de manière identique en 32 minutes et 26 secondes, et ce, malgré un entraînement écourté. Elle a le coup de foudre pour la capitale canadienne et décide d’y déménager pour s’y entraîner sous la direction de Ken Parker, qui l’avait alors approchée. Son nouvel objectif: le marathon de New York, en novembre, où elle avait reçu une invitation à titre de coureuse élite.

«Émilie s’enlignait de plus en plus vers la course sur route. Elle trouvait ça incroyable de voir tous ces gens courir et tous ces supporteurs venir les encourager. Elle adorait l’atmosphère qu’elle y retrouvait, et la piste l’intéressait de moins en moins. Mais ça m’inquiétait beaucoup de la voir se lancer dans le marathon. Pour moi, c’est tellement long! Surtout qu’elle n’aurait pas été capable de faire les choses à moitié et de se ménager. Elle s’était d’ailleurs déjà fixé un objectif ambitieux: finir sous les 2 h 30.»

Son héritage

Julie Clément, qui est la directrice des courses de la Classique Émilie-Mondor, se joint à nous à la suite de son entraînement. Elle est sur un nuage et sa bonne humeur est contagieuse. «Émilie était mon idole, mon âme soeur de course à pied. C’était une coureuse naturelle, un phénomène de la nature. Elle n’était pas prétentieuse du tout malgré son immense talent. Même qu’elle m’admirait parce que j’étais une mère de famille travaillant à temps plein et que je courais des marathons. Je n’en reviens pas! On échangeait beaucoup par courriel et on s’encourageait mutuellement.» Même à Athènes, juste avant sa compétition, Émilie avait pris le temps de lui répondre.

«C’était une fille ultra simple et ultra généreuse de son temps. Après sa mort, j’ai voulu écrire un livre sur elle afin de lui rendre hommage. Elle était en quelque sorte notre Steve Prefontaine. Même détermination, même parcours olympique et même fin tragique à la mi-vingtaine dans un accident de la route. Les parallèles sont troublants, d’autant plus que c’était son idole. Mais j’avais peur de ne pas avoir le mot juste, que mon portrait d’elle ne soit pas fidèle. J’ai donc décidé d’organiser une course puisque ça fait plus de 20 ans que je cours.»

C’est ainsi que la Classique Émilie-Mondor a vu le jour. La 3e édition se tiendra le 30 septembre avec comme président d’honneur Pierre Lavoie, ce triathlète exceptionnel qui partage le message que véhiculait Émilie, soit de faire bouger les gens. «Chaque fois qu’elle passait par Mascouche, poursuit Mme Mondor, Émilie faisait la tournée des écoles et s’impliquait beaucoup dans la communauté. Elle invitait les jeunes à croire en eux, à se dépasser et à être fiers des efforts qu’ils déploient.»

Pour toutes les informations concernant la Classique Émilie-Mondor et vous y inscrire: www.classiqueemiliemondor.com.

Pour en apprendre davantage sur les courses organisées par le comité Émilie-Mondor, consultez l’excellent reportage écrit par notre collaborateur Jean-Claude il y a deux ans: http://www.courir.org/reportages_courses/drapeau_jean_claude/drapeau_jean_claude_010.html

Londres 2012

Mme Clément est repartie au pas de course comme elle est arrivée. Nous nous arrêtons une dernière fois devant la statue d’Émilie avant de quitter le parc sous les chauds rayons du soleil. «Dans son plan de match, elle se voyait participer à trois Jeux olympiques [Athènes, Pékin et Londres] avant de prendre sa retraite de la compétition et d’aller travailler avec les loups, son autre passion, tout en continuant à courir toute sa vie.»

Même si elle nous a quittés il y a bientôt six ans, elle sera présente en pensée aux Jeux de Londres pour Alex Genest, qui vivra sa première expérience olympique au 3000 m steeple. «Il m’a confié récemment qu’elle continuait de l’inspirer et qu’il n’avait pas oublié ses mots d’encouragement quand il avait traversé une période creuse à l’époque.»

Émilie n’a jamais couru pour gagner. Elle a toujours couru pour elle-même. C’était son combat. «Je suis très fière d’elle pour tout ce qu’elle a accompli et pour être restée intègre. Elle a semé beaucoup de choses autour d’elle et on sent aujourd’hui que c’est notre ange gardien. Elle doit être fière de tout ce qui se fait en son nom.» Je n’en ai pas le moindre doute. Merci infiniment Mme Mondor de nous avoir fait revivre à nouveau le parcours incroyable de votre fille.

Les records d’Émilie
3000 m: 8 min 44 s (Zurich, 2003)
5000 m: 14 min 59 s (Paris, 2003)
5 km sur route: 15 min 16 s (Chula Vista, 2004)
10 km sur route: 31 min 10 s (Vancouver, 2004)

Mathieu Gagnon pour Courir.org
Courriel : gagnon.mathieu@gmail.com

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