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Courir avec son coeur par Luc Potvin

Publié le 30 août 2018

La course Viaduct Trail Ultra 2018

Samedi matin, l’alarme du cell sonne à 3h45. Louise, mon épouse, pitonne sur off. Édouard, mon garçon, dort dur et n’entend rien dans son lit. Nous sommes dans un motel à 20 minutes de Lanesboro. Tout mon stock de course était préparé depuis un bout de temps. En effet, la semaine précédente, nous étions en vacances en camping au New Jersey.

Lanesboro est une petite communauté de 600 personnes sur le bord de la rivière Starruca, dans le nord de la Pennsylvanie. Par-dessus le hameau passe l’impressionnant pont de chemin de fer Starruca Viaduct, construit en 1847. https://en.wikipedia.org/wiki/Starrucca_Viaduct

À 5h, c’est le départ de la course. Deux options: le 50 miles ou le 100 miles. J’ai déniché cette course sur Internet, un Fat Ass du type communautaire. On amène du stock pour les 2 ravitos et toute la belle gang se partage la bouffe et le liquide. Cette course a débuté il y a plus de 12 ans. Deux «ultra amis» ont couru ce sentier qui longe l’ancien trajet qu’empruntait le train qui allait chercher le charbon dans les collines avoisinantes de la région. Ils ont par la suite, l’année suivante, invité d’autres coureurs à venir partager l’aventure. Le Viaduct Trail Ultra est né ainsi et repose sur l’effort communautaire des coureurs et des bénévoles.

Mon premier 40 km est parsemé de doutes épouvantables dans ma tête. «Pourquoi je fais cette course? J’ai déjà un peu mal aux deux tendons d’Achilles et la distance de 160 km me semble inutile.» «Qu’ais-je donc à me prouver? J’aime courir pour me rendre au boulot et en revenir.» Je songe déjà à changer mon inscription du Bromont Ultra 160 pour faire le 80 km. «Après cette course et celle du BU, je prends un break de ce genre de course.» En courant mon premier segment de 40 km, le mental s’effrite et mes idées partent dans mille et une directions. En succession désordonnée, voici ce qui me passe par la tête: fini les ultras, j’ai déjà mal aux jambes et on dirait que les autres n’ont pas mal; ça fait seulement X heures que je cours et marche, comment je vais passer au travers de toute une journée?; ma montre capote, je perds le signal GPS; maudit qui fait chaud, pis il est juste 8 heure du matin; je mange un peu; mes souliers sont poches… Comment faire pour abandonner? Dans ma tête, y fait noir.

Débute le deuxième segment; nous sommes tous pas mal distancés les uns des autres. La course consiste à courir jusqu’à une table en haut d’une colline à 20 km du départ, là où est situé le registre de la course. Une station d’aide à mi-chemin accueille les coureurs et elle est tenue par un couple formidable d’ultra-bénévoles, Bob et Vicky. Ils feront office de psychologues, infirmiers, cuisiniers et conseillers pendant les 31 heures de la course. De plus, j’ai la chance de compter sur Louise, qui est aussi bénévole et mon crew. Elle se déplacera en voiture, à la croisé des chemins, pour offrir son aide, soit à moi ou à d’autres coureurs. J’aurai la chance de me faire masser les jambes à différents endroits où je vais la rencontrer. Chanceux, le petit Luc! Finalement, vers le 50e km, je commence mentalement à «rentrer» dans cet ultra. Je réalise la chance de voir se défiler les paysages, tantôt agricoles, tantôt forestiers, et un tout petit village avec son église et ses quelques maisons au milieu de nulle part, des vestiges du passé qui jonchent le parcours. Je commence à m’imprégner du sens, me rappeler pourquoi j’aime la longue distance. Dans les bornes qui défileront au-delà des Xes km, je vais arrêter de regarder la montre du temps. Je suis enfin décollé. J’accueillerai les moments difficiles comme ceux qui exultent notre esprit en vivant l’intensité de chaque moment.

J’écouterai mes jambes dans ces deuxième et troisième segments. J’alterne donc entre course et marche. J’ai deux bouteilles sur moi qui totalisent 1250 ml, amplement suffisant pour rester hydraté entres les points d’eau. Un petit jeu s’installe dans ma tête, où une petite voix me rappelle à chaque heure de prendre ma capsule d’électrolyte: «M. Potvin, c’est l’heure de votre pilule là.»

Depuis un certain temps, je cours parfois en compagnie de Jim, un gars qui navigue dans l’ultra depuis des siècles. On jase ici et là pendant le temps que la route nous unie; parfois il me dépasse, parfois je le rattrape, je le redépasse et ainsi de suite jusqu’au milieu de la nuit. J’ai beaucoup appris en sa compagnie.

Je mange raisonnablement et beaucoup moins que mes autres longues balades de course. Je consommerai pour la durée de mon aventure environ 3 bananes, 2 clémentines, 1 bagel (genre un quart à la fois), 8 à 10 gels, des poignées de chips aux ravitos, 2 petites soupes dans la nuit et 8 petites patates bouillies. J’ai eu seulement un haut le coeur en fin de journée en mangeant ma deuxième barre tendre aux arachides et j’ai cessé tout de suite de la bouffer. Je portais cette dernière barre tendre ouverte dans mon sac à dos et là, étrangement, mon esprit s’est élancé dans cette fabulation: la nuit s’approchera et les ours me courront après pour l’avoir. En passant sur un pont au-dessus d’une rivière, j’ai balancé la moitié de la barre en espérant qu’aucun animal ne serait allergique aux arachides. J’ai aussi mangé deux biscuits fraîchement sortis du four avant notre montée en haut de Buck Falls pour signer le registre de course. Une dame qui résidait proche de l’endroit est venue offrir aux coureurs ses biscuits tout au long de la journée.

J’ai débuté mon dernier segment vers 22h30. La fatigue «n’existait plus». J’ai changé mes bas, graisser mes pieds, mon fessier et puis hop, je repartais. Je renouais avec Luc le compétiteur. Le flâneur/poète/philosophe est allé se coucher. La course, de 120 à 160 km, débutait… Ma course débutait. Je savais que je souffrirais encore des «ups and downs» de ce qui vient avec les ultras, mais mon objectif était maintenant fixé dans la boîte crânienne du compétiteur. Finir cet ultra le plus vite possible, coûte que coûte. J’ai couru les trois quarts de la première partie. Arrivé chez Vicky et Bob, j’ai mangé ma première soupe et j’ai demandé à Bob si je devais porter ma petite cloche à ours pour la dernière monté vers Buck Falls. «Non» qu’il me répond en me disant qu’il y avait plus de chances que les ours viennent à son ravito que moi d’en rencontrer un. Cela faisait du sens. Donc, j’ai embrassé Louise et je suis reparti conquérir ma dernière signature au registre.

J’ai croisé Jim une dernière fois dans la descente pendant qu’il la montait. On a jasé quelques minutes dans la nuit. Nous avons échangé une poignée de main comme adieu, puis il m’a dit: «Go Luc, you’ve got lot’s of energy in the tank. Use it man.» J’ai commencé à réaliser qu’il me restait seulement une vingtaine de kilomètres et encore quelque temps pour courir sous une belle lune et des étoiles. Mon moral n’a jamais été aussi haut malgré la fatigue et quelques petites douleurs aux chevilles. J’ai regroupé toutes mes forces pour «accélérer» vers mon dernier ravito. Arrivé chez Bob et Vicky une dernière fois, j’ai repris de la soupe bien assis sur une chaise. J’ai aussi embrassé Louise qui somnolait et qui s’inquiétait un peu. Rassurée de mon état d’esprit, elle repartit en auto pour me voir à l’arrivée. Sa présence tout au long de la journée et de la nuit a été des plus réconfortantes. À ce moment de la course, j’ai décidé de sortir mon iPod avec un choix éclectique de musique installé là-dedans depuis quelques années. Dans ma tête, je me disais: «Bon si je porte mes écouteurs, je n’entendrai pas les furieuses bêtes avec qui je ferai un face-à-face sur le sentier et que bon, à ce moment-ci, je devrais porter ma cloche pour Yogi.» Je fais part de mes inquiétudes à Bob qui sourit en me disant, ce n’est plus ici que tu vas en rencontrer, c’était en haut d’où tu arrives où tu aurais pu en croiser. Je souris intérieurement en pensant à ce qu’il m’avait dit quelques heures plus tôt. Lui et Vicky me félicitent et m’encouragent pour terminer les derniers 12 km. Des ailes m’ont poussé à ce moment-là. Des sécrétions énergiques d’endorphines super-puissantes se sont activées. Boosté à bloc, j’ai chanté seul dans la nuit en m’assurant tout de même de ne pas me perdre en manquant un tournant et par conséquent prolonger mon ultra ailleurs! En redescendant vers l’arrivée, j’ai croisé 9 coureurs qui s’aventuraient dans leur dernier segment. J’ai regardé ma montre, elle indiquait 4h07! Suis-je capable de franchir la ligne d’arrivée avant 5h? J’ai déjà fait des intervalles et des tempo run, alors on fonce. Tellement étrange de penser comment notre corps et notre esprit puissent parfois faire ressortir de l’énergie et que 18 heures auparavant je souffrais et j’avais des pensées pour abandonner cette course.

J’ai crié victoire à 5h pile. Carl, un des deux instigateurs de cet ultra m’a remis mon clou de chemin de fer qui est donné à chacun des finissants. Pas de belt buckle ici. Communautaire à fond, notre souvenir de course, ce gros clou de chemin de fer de l’ancien temps représente l’époque où on allait chercher le charbon dans les montagnes. I nailed it and was happy.

 

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