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Allez travailler à la course: pourquoi pas!

Publié le 6 juin 2014

Toujours plus loin par Mathieu Gagnon

Vous avez sûrement déjà tous vu l’excellente vidéo «Beastie Runs» de Joan Roch, qui a été abondamment partagée sur Facebook et autres médias sociaux cet hiver:

Crédit: Joan Roch

Laisser tomber l’auto et le vélo pour se rendre au boulot à la course

En gros, Joan, Français d’origine, a décidé en 2012 de laisser tomber l’auto et le vélo pour se rendre au boulot à la course, et ce, à longueur d’année. Oui, même lorsqu’il pleut ou qu’il fait -20°C. Pas juste lorsqu’il fait beau et qu’il se sent en forme! Un trajet d’environ 12 km entre Longueuil et le Vieux-Montréal. Évidemment, pour le commun des mortels, il est soit complètement fou, soit un athlète hors pair. Il n’y a pas vraiment de demi-mesure pour ceux qui chérissent leur voiture matin et soir. Mais pour nous qui courons déjà, est-ce réaliste? Est-ce quelque chose que vous pourriez faire? Et pourquoi pas!

Je vais vous faire part de mon expérience, car il n’y a pas que Joan qui le fait. En avril 2013, je me demandais encore comment je pourrais augmenter mon kilométrage de course hebdomadaire de façon réaliste, sans que cela n’affecte trop ma vie familiale. Car avec 2 jeunes enfants (et un 3e d’ici quelques jours!), il est rarement facile de trouver le temps de s’entraîner. J’allais déjà travailler en vélo depuis plusieurs années et courir le soir devenait de plus en plus exténuant. Finis les marathons que je me disais…

À moins que… J’avais déjà croisé des coureurs, un petit sac de course au dos. Et si je l’essayais? Dans mon cas, un trajet d’environ 10 km de l’est de Montréal jusqu’à Longueuil avec une belle traversée du pont Jacques-Cartier en prime. Je pourrais amener mon linge et mes collations la veille en vélo, comme ça il ne me resterait plus que mon repas à trimbaler. Pour ce faire, j’opte pour le sac à dos Salomon Agile 7. Il colle parfaitement au dos. À la main, une bouteille d’eau. Je préfère ça à une ceinture d’hydratation ou à rien du tout. Au boulot, une douche m’attend, je suis chanceux.

Seule inconnue au tableau: je n’ai jamais fait d’entraînement double. Comment mes jambes vont-elles réagir? Évidemment, le seul moyen de le savoir, c’est de l’essayer! Donc, un beau matin d’avril, je sors simplement de chez moi après un bon déjeuner pour aller travailler. Sans étirement ni réchauffement préalables. Je cours mon premier kilomètre relaxe et j’accélère graduellement. Je prends ça comme un entraînement R1. Plein d’énergie, je sillonne les rues de Montréal, que je découvre sous un nouvel angle, et j’hume le parfum des parcs que je traverse. Pas question de faire un record personnel, j’ai quand même une journée de travail devant moi!

Arrivé au pied du pont Jacques-Cartier, j’ai l’impression que tous les automobilistes qui avancent pare-choc à pare-choc me regardent. Mais bon, j’entre dans ma bulle, j’absorbe l’effort de la montée et, une fois arrivé au sommet, j’apprécie la récompense: une vue superbe sur le fleuve et la ville. À la course, seul sur le trottoir, on a vraiment le temps d’admirer ce qui s’offre à nous. Moins de 50 minutes plus tard, me voici arrivé au boulot, pas mal fier de l’avoir fait. À peine 20 minutes de plus qu’en vélo ou en auto. Donc, en partant simplement 20 minutes plus tôt de chez moi, je peux faire un entraînement de 10 km. Wow, quelle économie de temps!

pont jacques-cartier

Et le retour? Honnêtement, pas plus difficile pour quiconque court déjà le moindrement. Quoique légèrement fatiguées, les jambes suivent très bien. De semaine en semaine, je tente donc d’augmenter progressivement le nombre de jours à la course pour finalement atteindre 3 en juillet. Avec une longue sortie la fin de semaine, ça commence à faire un kilométrage intéressant pour courir un marathon à l’automne. Et c’est ainsi que j’ai réussi à franchir la distance mythique en un temps respectable en septembre 2013 au marathon des Adirondacks.

Et si vous pensiez que d’aller courir 30 minutes sur l’heure du dîner pouvait faire réagir vos collègues, attendez de voir leur expression lorsqu’ils vous verront arriver à la course! Notre société est malheureusement si conditionnée à l’utilisation de l’automobile dans tous ses déplacements que de faire autrement semble relever de la folie. Et non, que je leur dis, ça n’a rien de si fou que de courir un petit 10 km. Au contraire, j’arrive pleinement réveillé au boulot, ça m’ouvre l’appétit (par ici les collations santé, j’ai tout le temps faim!) et ça me tient drôlement en forme.

Essayez-le à votre tour ce printemps. Juste une fois pour voir. Vous aussi pourriez devenir un navetteur-coureur! Vous habitez trop loin? Si c’est le cas, essayez simplement de faire le retour à la course en venant travailler en transport en commun le matin. Comme ça votre longue sortie de la semaine sera faite. Vous n’avez pas de douche au travail? C’est le cas de René Roux, qui opte plutôt pour celle d’un gym tout proche. Son conseil: se garder une garde-robe complète au bureau pour parer à toute éventualité et profiter d’une journée de congé de course dans la semaine pour apporter des vêtements propres et ramener les sales. Il profite aussi de la présence d’un nettoyeur à côté de son travail pour y faire nettoyer certains vêtements.

Même rendu dans la cinquantaine, René préfère encore lacer ses souliers de course que de prendre sa voiture le matin. Pourquoi? Parce que c’est l’fun! Et imaginez: ses jambes ont plus de kilométrage que sa voiture!

Vous pensez être bon pour faire la navette à la course du lundi au vendredi? Dans ce cas, vous pouvez faire comme Joan Roch, qui aime courir en toute simplicité, et profiter d’un soir pour tout apporter au travail. Même l’hiver, lors des tempêtes de neige, il se fait une joie de sortir ses raquettes de course. Au fond, pas besoin de sac au dos ou d’un nouveau gadget à la mode pour s’élancer. Il suffit juste de vouloir. Le reste suivra, vous verrez!

Mathieu Gagnon pour Courir.org
Courriel: gagnon.mathieu@gmail.com

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