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Chacun
des 22 voyageurs peut emprunter la première partie de cette citation
prononcée par Jules César à la suite d'une certaine
campagne militaire (Veni, vidi, vici). C'est en explorateurs et non en
conquérants que nous avons parcouru l'Italie du Sud et la Sicile.
Sans utiliser la fameuse machine à voyager dans le temps imaginée
par un autre Jules (Verne celui-là), nous avons reculé de
quelques siècles en traversant des lieux occupés successivement
par des empires puissants (étrusque, grec, romain, arabe, byzantin,
souabe, normand...), des lieux choisis pour leurs emplacements stratégiques,
pour des raisons aussi bien militaires que commerciales, et maintenant
chargés d'histoire. La Casa nous offrait un hébergement modeste mais confortable, à un prix raisonnable, ce qui est difficile à trouver à Rome. Une fois bien installés dans nos quartiers généraux respectifs, nous nous sommes dirigés vers le Palais des Congrès, choisi comme salle d'exposition pour le marathon, en empruntant le train de banlieue jusqu'au Centre-Ville, puis le métro. Une fois les dossards récupérés, nous revenions ensuite à la Casa pour un souper commandé d'avance et servi par le traiteur attitré des lieux. Inutile de dire qu'avec la durée du voyage et le décalage horaire, nous ne nous sommes pas fait prier pour nous coucher. La veille du marathon, la plupart en ont profité pour visiter la ville, par petits groupes formés selon les intérêts de chacun. Tous se sont retrouvés le soir autour d'un repas de pâtes servi par le même traiteur. Je laisse à mon collègue Rosaire Gagné le soin de vous décrire la journée du marathon. Cette fois-ci, nous avons eu droit à un autocar qui nous a conduits près de la ligne de départ, et qui est revenu nous chercher pas loin de la ligne d'arrivée. Les deux jours qui suivirent furent occupés à patrouiller la ville en tout sens, pour essayer d'en voir le plus possible parmi les monuments (Colisée, Panthéon, Victor-Emmanuel II, Château des Saints-Anges...), les places (Du Peuple, d'Espagne, St-Pierre, Navona...), les fontaines (de Trévi, de la Barque, des Quatre Fleuves, des Tortues...), les arcs (de Constantin, de Titus, de Septime-Sévère...), les colonnes (de Trajan, de Marc-Aurèle...), les églises (Basilique St-Pierre, St-Jean-de-Latran, Ste-Marie-Majeure, Trinité des Monts...), les forums impériaux (Trajan, Nerva, César, Auguste, Vespasien...) Certains ont réussi à visiter les Musées du Vatican et la Chapelle Sixtine. Quant à moi, j'étais curieux de voir ce que les fouilles archéologiques avaient mis à découvert depuis la dernière fois que j'avais vu l'emplacement de la vieille Rome lors du voyage du Millénaire il y a 6 ans. Le 29 mars au matin, nous quittions Rome en direction du sud dans un autocar conduit par Bruno. Cathy, notre accompagnatrice francophone, allait aussi jouer le rôle de guide lorsqu'il n'y en avait pas aux endroits où nous arrêtions. Première étape: Naples, à environ 200 km: c'est là qu'a été inventée la pizza. A la suggestion de Cathy, plusieurs ont essayé la pizza Margarita accompagnée d'un "caffe longo" (allongé). Il faut s'acclimater au café, parce que le café expresso, c'est du canon! Laissés à nous-mêmes, nous avons emprunté en petits groupes (seul, ce n'est pas sécuritaire) quelques ruelles étroites, pauvres et mal famées. Puis nous avons rejoint une guide, Hilaria, qui nous a fait faire un tour de ville. Notre bus longeait ensuite le golfe de Sorento pour nous déposer à notre hôtel dans la ville du même nom. Le 30 mars était consacré à la Côte Amalfitaine, longue de 79 km, entre Sorento et Salerno. Pour ceux qui ont déjà longé la côte californienne entre San Francisco et Santa Barbara, c'est semblable mais en plus beau! Nous roulons en hauteur avec des vues en plongée superbes. Nous sommes descendus à quelques reprises au niveau d'une mer de couleur turquoise: nous y avons vu deux petits villages, Positano et Amalfi, accrochés aux flancs escarpés des rochers, comme suspendus dans le vide. Nous sommes montés en barque dans la grotte d'Emeraude, et nous nous serions rendus à Salerno en bateau si la mer n'avait pas été si houleuse. De retour à Sorento, sur l'initiative de Cathy, nous avons eu des billets pour un spectacle de musique et de danse ayant pour thème l'histoire de l'Italie. La journée suivante fut essentiellement maritime. Nous l'avons passée sur l'envoûtante Île de Capri, sur laquelle se trouvent deux petits villages: Capri et Anacapri. C'est là que se fabriquent de façon artisanale le fameux digestif Limoncello (32%) et la moins connue eau-de-vie Limen (42%). Nous en avons fait provision, bien sûr! Le citron est cultivé partout et presqu'à longueur d'année en Italie. Tout au long du voyage, nous en avons vu de grandes plantations. Le lendemain, 1er avril, a commencé avec la visite impressionnante de Pompéi, avec comme toile de fond le mont Vésuve, qui l'avait détruite en 79 après J.C. Débarrassée de sa couche de roches et de cendres, la ville se découvre à nous avec ses maisons aux murs, mosaïques et fresques presqu'intacts, son forum, son temple d'Apollon et son Antiquarium où sont reproduites, grâce à des moules, les positions de quelques habitants ensevelis. Nous sommes revenus à Naples pour une visite libre de la ville. C'est là que trois d'entre nous avons découvert le Naples souterrain. Cette ville moderne a été construite sur d'anciennes cités grecques et romaines. Nous sommes descendus sous terre et y avons découvert un ancien théâtre et un aqueduc romain de 170 km de long: les quelques dédales que nous avons empruntés nous ont fait voir des galeries immenses qui ont servi de refuges contre les bombardements américains de la dernière guerre mondiale. La journée s'est terminée avec l'embarquement sur un immense bateau en vue de la traversée en Sicile. La croisière a commencé avec un souper assez frugal, suivi d'une soirée au bar-salon sur la musique d'un bon pianiste. Après une nuit en cabine, nous arrivions à Palerme tôt le matin. Francesca, une guide locale, nous attendait pour nous faire visiter la ville, quelques monuments historiques dont la cathédrale Ste-Rosalie et les Catacombes des Capucins où l'on pouvait voir les squelettes revêtus encore de leurs habits, debout dans leurs niches. A Monreale, tout près, nous avons dégusté la spécialité sicilienne, la "pasta al forno". La semaine suivant le marathon, certains irréductibles s'étaient remis à l'entraînement sans s'accorder de repos. C'est probable qu'ils ne pouvaient résister à la beauté du paysage d'un endroit à l'autre, et qu'ils voulaient s'accorder ce plaisir de courir libres dans ce décor merveilleux. Les marches que nous faisions en visitant étaient suffisantes à mon avis pour la récupération post-marathon. J'ai sagement attendu une semaine avant de chausser mes souliers de course, et c'est le 2 avril au soir, avant souper, que j'ai arpenté le port de Palerme et son jardin botanique, pour un "jogging" qui devait être de 30 minutes, mais qui s'est étiré sur 55 minutes, sur l'insistance de quelques coureurs gonflés d'adrénaline. Nous nous sommes attardés le 3 avril à Palerme, avec la visite d'une église magnifiquement décorée à l'intérieur, le Gesu fondé par les Jésuites en 1597. Puis Cathy nous a conduits dans le Mercato (marché) où nous avons fait quelques provisions (fruits de toute sorte, tomates, olives...). Nous avons quitté Palerme pour Agrigente, célèbre pour son quartier gréco-romain tellement bien conservé qu'une fois à l'intérieur on se croirait vivre à cette époque: c'est la Vallée des Temples, une succession de 5 temples dédiés aux dieux des empires grec et romain. Nous y avons goûté quelques spécialités locales, comme la "granati al limon", sorte de "slush" crémeuse au citron, et le "canoto" (pâtisserie) arrosé d'un "caffe americano". Le soir à l'hôtel, j'ai servi mon nectar de Capri pour souligner l'anniversaire de l'une des nôtres. Le lendemain nous nous rendions à Syracuse où la guide Anna-Maria nous attendait pour nous mener au Parc Archéologique. Là, creusés dans la roche, se trouvaient un amphithéâtre romain ainsi qu'une cavité immense en forme d'oreille en haut de laquelle, selon la légende, Dionysos écoutait les conversations de ses ennemis. Nous avons flâné sur Ostigia, une île reliée à Syracuse par des ponts. Puis nous avons pris la direction de Taormina, sise au pied de l'Etna. C'est assez tard que nous avons rejoint notre hôtel, dans une banlieue de cette ville nommée Mazzaro, sur la bord de la mer Ionienne. 5 avril: 5h30: lever pour un "jogging" d'une heure avec 2 autres, le long de cette "Costa Azzura" (Côte d'Azur sicilienne). Le guide Franco nous faisait visiter en avant-midi cette belle petite ville qu'est Taormina, son artère principal, le "Corso Umberto" bordé d'agréables cafés et d'élégants magasins, un petit théâtre grec très ancien et un amphitéâtre romain où s'étaient battus les gladiateurs. La montée de l'Etna était au programme de l'après-midi. Parce que nous étions un groupe de sportifs, l'agence nous avait organisé une visite jusqu'en haut, ce qu'elle ne faisait pas pour les autres touristes. Notre conducteur nous déposa au pied d'un téléphérique qui nous monta jusqu'à un gros véhicule tout-terrain dans lequel tout notre groupe trouva place. C'est à travers des couloirs de neige plus hauts que le toit du véhicule à certains endroits, que nous avons atteint le sommet de 3323 mètres. Là nous attendait un guide vulcanologue qui nous décrivit les cratères encore fumants de ce volcan toujours en activité. 6 avril: Très tôt nous arrivions au port de Messine pour une croisière d'une journée sur la mer Tyrrhénienne. Nous avons visité les Îles Éoliennes de Lipari et Vulcano; sur cette dernière, nous avons passé près d'une source thermale exploitée et quelques braves n'ont pas pu résister à la tentation de s'y baigner. De retour au port de Milazzo, nous avons quitté définitivement la Sicile pour rejoindre le continent à Reggio Calabria, la pointe de la botte italienne. 7 avril: Nous avons fait 10 heures de route pour rejoindre Rome, en admirant le paysage montagneux des Apennins. Nous retrouvions notre hébergement des premiers jours. 8 avril: lever à 4 heures - envol à 7h50 pour le Canada. A
part les quelques mésaventures aux aéroports (autobus invisible
à l'arrivée à Rome, bagages non dédouanés
au retour à Toronto...), dans l'ensemble ce fut un beau voyage!
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