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Longue distance Bonne nouvelle en ce début d’automne louisianais: depuis quelques mois maintenant, je ne suis plus sur le marché des agents libres. C’est-à-dire que je ne suis plus un coureur célibataire. Ce nouveau statut, bien que récent, a été l’objet pour moi, depuis un moment, d’une sérieuse réflexion. Cette réflexion portait en partie sur l’intérêt de la femme recherchée, pour la course à pied. Ce questionnement donna ainsi naissance à quelques différents scénarios. Premièrement, je tombais amoureux d’une femme qui court et nous allions simplement partager entraînement, motivation et possiblement entretenir une saine compétition. Ou bien je me trouvais une partenaire avec laquelle j’aurais beaucoup en commun, mais qui ne voudrait rien savoir de la course à pied. Dans ce cas, je continuerais de faire ma petite affaire sur la route et elle la sienne pendant que j’y serais, idéalement sans trop d’interférence. D’une manière ou d’une autre, nous allions vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants. En théorie. Maintenant, si comme moi vous êtes sérieux quand il s’agît d’entraînement ou de compétition, vous saurez de quoi je parle quand je dis que la course a transformé ma vie de plusieurs façons, mais surtout dans la gestion de mon temps libre. C’est que, comme la plupart des coureurs, je ne fais pas que ça, en fait! Le calendrier d’un coureur qui travaille dans l’enseignement à temps plein, essaie d’être un peintre, un illustrateur, un photographe et un entraîneur en plus d’essayer de sortir un peu, de bien manger, d’avoir une maison bien rangée et un peu de temps pour dormir demandait déjà un certain sens de l’organisation. Ainsi, quand j’ai commencé à passer du temps avec ma nouvelle partenaire, je me suis dit que ça ne serait peut-être pas évident, même à distance, vu que nous nous sommes rencontrés à presque 2000 miles de la Louisiane. Je me demandais comment ça se passerait depuis un moment déjà, mais de le vivre dans la vraie vie, c’est quand même autre chose, surtout quand la belle en question ne partage pas votre enthousiasme (voire obsession) pour ce beau sport qu’est la course à pied. À ma grande surprise, ma nouvelle copine s’est trouvée fort à l’aise avec cette belle folie, même si elle n’avait et n’a toujours aucune intention de prendre la route, du moins pas en courant. Tout a commencé en ville cet été quand elle a accepté mes invitations à prendre de «petites» marches ou encore à faire de «courtes» randonnées en vélo. Nul besoin de spécifier que pour moi, l’idée d’une petite marche ou d’une courte randonnée en vélo n’est pas tout à fait la même que pour ma belle. Quand même, elle m’a suivi, et ce, avec le sourire. Le temps de le dire, elle s’est retrouvée sur le site de quelques courses, dont les 20 km du lac Brome, en tant que spectatrice bien sûr. Comme je l’ai mentionné dans mon récit de cette compétition cet été, j’étais en retard, mais elle était là, sans même savoir avec certitude si je finirais par passer devant elle. Elle y était, patiente, à moins d’un kilomètre de la ligne d’arrivée, juste pour attendre mon passage, quelques secondes, le temps d’un regard, de quelques mots d’encouragement, lancés timidement dans le tapage de cette fin de course endiablée. De mon côté, il fallait bien que je fasse ma part et réorganise un peu mon horaire de vacances. J’ai donc transformé de nombreux entraînements en transport, entre ma résidence temporaire dans l’est de Montréal et sa demeure, à l’autre bout de l’île. À vélo ou en patins à roues alignées, je passais en fin de compte plus de temps sur la route que si je sortais simplement pour courir comme à mon habitude, ce que je continuais de faire assez souvent de toute façon. Et plus les choses progressaient entre nous, plus je me sentais porté par quelque chose d’autre, une nouvelle motivation, ce qui avait une influence marquée sur la vitesse à laquelle je parcourais ces nombreux kilomètres, presque chaque jour. Par la suite, cette perle rare que j’ai trouvée grâce à mon neveu s’est présentée aux compétitions auxquelles j’ai participées quand nous nous trouvions dans le même pays. Elle a aussi pris part à mon entraînement, à sa façon, lors d’une récente visite dans le Sud. Alors qu’elle me suivait en vélo, j’ai joué les guides touristiques et lui ai fait découvrir mon petit coin de Louisiane en faisant un «petit» jogging. Ainsi, entre les deux scénarios que j’envisageais avant de devenir un couple, l’idée d’une partenaire qui m’apporterait ce genre de soutien, c’est un peu le meilleur de deux mondes, vu que nous ne sommes pas en compétition et que son appui, inconditionnel, ne se limite pas aux moments passés sur la route. Elle est avec moi quand je suis un coureur, mais aussi quand je suis un artiste ou un professeur, et je suis avec elle quand elle est musicienne ou qu’elle se consacre à d’autres activités que je ne pratique pas. Nous sommes aussi ensemble quand on ne fait rien, au moment de juste laisser passer le temps, ce qui n’est toujours pas si évident que ça pour moi, vu qu’il y a toujours quelque chose que j’ai envie de faire pour m’avancer dans un projet ou me préparer pour une course. Nous sommes tout près, tout près l’un de l’autre, mais aussi à distance et je crois pour faire un long bout de chemin ensemble. Richard Strasbourg pour Courir.org
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