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Record Le 13 décembre, sept jours avant mon demi-marathon à reculons, je rencontrais deux de mes complices, Wanda et David, pour observer le parcours du Ole man River Half-Marathon, à La Nouvelle-Orléans. À l’arrière de mon véhicule, une voiturette à pédales, achetée deux jours plus tôt pour aider à la production d’un vidéo de ma tentative de record Guinness. Une véritable aventure dans la capitale du magasinage dans le sud de la Louisiane: Gonzales! Ainsi, dimanche matin, je révèle l’engin à mes amis qui doivent servir de témoins pour la preuve présentée à Guinness. Il me fallut quelques secondes pour réaliser que ni l’un ni l’autre n’avait l’intention de pédaler le jour de la course. Aussitôt en route, David se mit à envoyer des courriels et à faire des appels pour me trouver un conducteur. Avant d’arriver à La Nouvelle-Orléans, une heure plus tard, nous avions déjà au moins deux candidats sérieux. Sur le parcours, la discussion allait dans toutes les directions, entrecoupée de quelques moments de silence bien appréciés. Seize miles plus tard, tout ça nous sembla presque être règlé, du passé. De toute façon, il n’y avait rien de plus à dire ou à faire. Mercredi, Gary, un membre du club de cyclisme local se pointe à ma porte, alors que je suis en train d’envoyer des courriels aux médias de la région au sujet de la course qui approche rapidement. Je rencontre le type en question pour la première fois. Ce dernier se met rapidement au volant du petit véhicule, qu’il conduit jusqu’au coin de la rue avant de revenir vers ma petite maison. Le personnage me surprend par son enthousiasme, vu qu’il vient juste d’apprendre mon existence et celle de mon projet. Il accepte d’être notre cycliste et cinéaste pour la course. Il suggère même d’ajouter un support pour la camera. Il mesure et retourne le bolide dans tous les sens, pour finalement le mettre dans son camion et disparaître dans la noirceur de Thibodaux. Au moment de regagner la chaleur de ma petite maison, je me demande si j’ai bien fait de le laisser partir comme ça, mais je retourne rapidement à mon opération de relations publiques. Les jours passent, alors que je résiste aussi à la tentation de m’entraîner trop dur. Je fais de la corde à danser dans ma cour: 15, 30, 45 minutes, etc. Samedi, la veille du départ, Gary fait un retour triomphal avec mon bolide à pédales, habilement modifié pour les besoins de la compétition. La caméra vidéo est montée sur l’avant et l’appareil photo sur l’aileron, à gauche du conducteur. Avant de repartir, il offre même de conduire mon équipe à La Nouvelle Orléans, équipe dont il fait maintenant partie. Dimanche, après un changement d’horaire de dernière minute et un voyage très animé, je me retrouve dans la fraîcheur de cette belle matinée louisianaise: entrevues, étirements et réchauffements étaient au programme. Sans oublier un bref moment de panique lorsque je crus avoir perdu mon dossard, juste avant le départ. Enfin, aligné avec les marcheurs pour le départ anticipé avec le caméraman de la station locale qui fait des cercles autour de moi, je commence finalement à courir, plus d’un an après mon premier tour de piste à Thibodaux. Le reste de la course est une suite d’obstacles évités de justesse, de blagues de bon et moins bon goût, de très nombreux mots d’encouragement, de sourires et de courtes rencontres. En regardant la vidéo quelques heures plus tard, je suis surpris de constater à quel point je me suis amusé, surtout parce que l’entraînement a été plutôt difficile, en particulier quand il s’agissait de parcourir plus de dix miles, en solo. Je me vois encourager les autres coureurs et coureuses, négocier les segments plus étroits et tortueux sans presque jamais perdre le sourire ou l’équilibre, même lorsque le caméraman me poursuit en posant des questions. Je me rappelle la chance que j’ai d’avoir eu des amis pour me suivre du début à la fin de cette folle aventure et qui n’ont jamais remis en question leur participation, peu importe les obstacles et leurs doutes quant à ma progression, à l’entraînement et surtout en ce qui concernait les détails techniques. Maintenant, je réalise que ce qui m’a porté sur plus de 21 kilomètres à reculons va bien au-delà de la préparation physique et mentale, bien au-delà de l’alimentation ou de l’hydratation. Il y avait quelque chose dans l’air ce matin-là: une bonne humeur contagieuse et peut-être aussi pour moi une sorte d’urgence de prendre la route, après toute la préparation menant au grand jour. Urgence aussi parce que du moment où j’ai dit que je mènerais ce projet à terme, je me suis sentis obligé de faire tout ce que je pouvais pour tenir ma parole. Au moment d’envoyer ce texte, je viens d’accepter une invitation à courir un autre demi-marathon à reculons à Melbourne, en Floride cette fois. 2010 commence donc exactement comme je l’aurais souhaité: sur le thème de l’aventure. Richard Strasbourg pour Courir.org
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