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Contrôle En cette fin de novembre, je suis à un mois de ma tentative de record Guinness. Pour ceux qui ne le sauraient pas, je me prépare à courir un demi-marathon à reculons le 20 décembre à La Nouvelle-Orléans. Ainsi, je m’occupe de tous les détails que je suis en mesure de contrôler à quelques semaines de l’événement. J’essaie aussi de me préparer à laisser toutes les choses que je ne peux pas changer être ce qu’elles sont: des éléments hors de mon contrôle. Je m’entraîne bien sûr, suivant cette même ligne de conduite. Par exemple, lundi dernier, je me faufilais entre les membres de l’équipe d’athlétisme de l’université sur la piste de mon quartier, avec pour objectif de parcourir 16 kilomètres à reculons. Regardant ma montre, je constatai que je courais plus vite qu’à mon habitude. Gonflé à bloc, même après 5 miles, le départ de l’équipe et la tombée de la nuit, j’étais excité de constater que l’objectif serait facilement atteint ou dépassé. Toutefois, il se mit à pleuvoir. D’abord, une petite pluie toute fine et même rafraîchissante, qui me fit sourire alors que je voyais les autres coureurs se précipiter vers leur véhicule. Puis, il se mit à pleuvoir trop fort pour continuer sans risquer de me blesser. J’imaginai alors que la journée de la course serait peut-être une journée pluvieuse et pensai qu’au moins j’aurais la lumière du jour et mes amis pour m’aider. Évitant ainsi de considérer mes efforts comme un échec, je décidai de rentrer à la maison pour un entraînement de sauts (plyometrics). Pour ce qui est de l’authentification, aussitôt que j’ai le temps, j’essaie d’entrer en contact avec les journaux, les stations de télévision et de radio du sud de la Louisiane, vu que je dois produire une certaine couverture médiatique de ma préparation et de la course en question. J’ai déjà donné une entrevue au journal local (recherche: backward runner), ce qui m’a fait réaliser qu’une fois les mots sortis de ma bouche et écrits sur le petit calepin du journaliste, je n’avais absolument aucun contrôle sur ce qui serait imprimé. Comme pour la partie filmée d’ailleurs, lorsque je commençai à courir à reculons l’après-midi de l’entrevue, je sentis mes muscles se tendre et songeai qu’il serait bien mal vu de m’effondrer à cause d’une crampe après un tour de piste, alors que je clamais haut et fort que j’allais parcourir plus de 21 kilomètres de cette façon! Heureusement, tout se passa très bien. L’article lui-même fut tout ce que j’avais espéré et sans mauvaises surprises. Maintenant, je me prépare au congé de l’Action de Grâce: neuf jours de vacances que je suis libre d’utiliser à ma guise. Une véritable bénédiction à ce stade-ci de mon projet. Je me dirigerai donc vers la levée, à La Nouvelle-Orléans avec comme objectif de parcourir les 13 miles pour une seconde fois depuis le début de cette aventure. La dernière tentative, un succès, remonte à mes vacances d’été à Montréal en juillet, dans le parc Maisonneuve. À quelques jours de cette sortie plutôt spéciale, je prépare ma tête pour le meilleur et pour le pire. Je peux déjà décider de ne pas sortir s’il pleut et je sais que j’aurai fait tout ce que je pouvais pour préparer mon corps et que même la réussite le jour de la course ne m’assurera pas d’une place dans le livre des records Guinness. Mais je sais aussi que peu importe le résultat, j’aurai vécu toute une aventure, du premier au dernier pas, qui ne sera pas mon dernier pas à reculons de toute façon. Richard Strasbourg pour Courir.org
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