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Dimanche matin À une semaine de mon troisième marathon, la compétition me manquait un peu, pas mal, beaucoup.Ça faisait au moins deux mois que je n’avais pas eu le plaisir de me mesurer à d’autres coureurs. Elmwood, une zone commerciale et industrielle de la Nouvelle Orléans se trouvait à avoir l’évènement idéal pour faire mon bonheur. Malheureusement, mes amies Wanda et Lucy, faisant chacune leur retour à la course après une chirurgie, m’annonçaient par la voie du téléphone (à 5:30 du matin!) que la météo juste au nord de la Nouvelle Orléans laissait entrevoir la possibilité d’une tornade. Ayant confirmé la tenue de la course grâce au site web du club et avec peu de temps pour annuler notre retour à la compétition, nous décidions donc de prendre la route pour voir jusqu’où elle nous mènerait. Avec les doutes de mes partenaires quant à leur condition physique, mes propres soucis quant à la grande course qui approchait rapidement et un niveau d’excitation plutôt élevé, nous nous sommes lancés à l’assaut de la première de trois épreuves: un demi mile (800 mètres) pour se dégourdir les jambes. Après s’être envoyé un gobelet d’eau derrière la cravate, nous voilà donc partis pour cinq kilomètres sous les nuages, de plus en plus menaçants. Amorçant cette seconde partie de notre aventure d’un pas assez conservateur et laissant mes comparses derrière avec leurs démons, je laissai la compétition prendre les devants et me laisser derrière (mais pas trop loin quand même) avec mes propres angoisses. Bientôt, je renouais enfin avec le plaisir unique de la compétition, la satisfaction de se trouver à la hauteur de la situation et la conviction que tout est possible (sauf évidemment rattraper la délégation du Kénia, déjà loin devant). Le souffle court, alors que je trouvais ma place dans la foule, j’ignorai complètement le passage du premier mile, du second et avant de trop m’en rendre compte, je fonçais vers la fin de la course. Restait maintenant la dernière partie de cet intéressant dimanche matin: 10 kilomètres et presque une garantie de se faire mouiller en route. Bien entendu, j’avais pris le temps d’accueillir Wanda et Lucy pour la fin de ces cinq kilomètres. Une fois réunis, la discussion porta sur la pertinence de participer à la dernière étape, sur la peur et les limites que nous nous imposions à nous-même. Comme parfois, une bonne préparation physique peut se trouver ruinée par quelques pensées négatives. Peu après, sur la ligne de départ, avec nos doutes, nos limites, nos rêves et rien ou personne pour nous arrêter, nous laissions une fois de plus la sirène nous lancer vers une nouvelle aventure. À la fin de la matinée, après la pluie (pas de tornade), les nombreux miles et quelques retours plus ou moins remarqués, personne n’était allé trop loin, tout le monde s’était bien amusé et nul ne pouvait parler de cet événement (fameux pour une météo sans éclat) comme d’un mauvais souvenir. Richard Strasbourg pour courir.org
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