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Utica 2007 Le matin du 7 juillet, sur une petite rue de l’est de Montréal, un groupe se formait tranquillement pour le départ d’un beau voyage vers Utica dans l’état de NewYork. Là, se déroulait le jour suivant la trentième édition des quinze kilomètres du ‘’boilermaker’’, un évenement attirant des miliers de coureurs depuis plusieurs années déjà. Une fois tous réunis, nous avons pris place dans le véhicule qui nous avait été assigné. Le voyage entre Montréal et Utica était déjà une aventure en soi. En route, la conversation était plutôt animée et les heures filaient joyeusement, même à la frontière. Quelques heures plus tard, arrivé à Utica, mon premier regard sur la ville (peu rassurant) ne fit pas grand chose pour me détourner du défi qui approchait alors que je passais toujours de beaux moments avec les autres participants de notre groupe. Chargés de l’arsenal indispensable à la course et du reste des échantillons plus ou moins intéressants, nous nous sommes enfin dirigés vers un souper bien mérité et une nuit de sommeil fort appréciée. Dimanche matin, notre habile conducteur trouva vite le stationnement idéal près de la ligne d‘arrivée, évitant même de justesse une arnaque tout empreinte d’amateurisme. Plus tard, sur le site du départ, de nombreux coureurs, supporteurs, journalistes et curieux se préparaient à l’évènement, les uns avec le sourire et les autres avec un air serieux, dépendant des raisons qui les avaient menés jusque là. De mon côté, je savais grâce aux récits de mes amis que la tâche ne serait pas facile. Habitué à courir sur du plat, j’avais quand même profité d’un mois de vacances à Montréal pour me préparer à cette épreuve. Donc, après l’hymne national à la trompette (touchant), les discours (inaudibles) et la prière (amen!) le départ fut donné et presque deux minutes plus tard, je commencais à gravir les rues d‘Utica, nettement plus inspirantes que celles que j’avais vues la veille. Dès les premiers mètres, l’énergie de la foule était inspirante, excitante au point de devoir me forcer à ralentir en prévision du reste de la compétition. Les enseignes, la musique et les aplaudissements qui ne semblaient pas vouloir cesser me portaient d’un mile à l’autre, me faisant presque oublier la difficulté du parcours, tout en pentes. Plus tard, alors que j’appercevais, loin devant, une camisole du club Les Vainqueurs et que je la perdait de vue presque aussi vite, je me donnai comme objectif de m’en rapprocher avant la fin de la course, encore à plusieurs kilomètres de là. D’une station d’eau à l’autre et de chanson en chanson, je gravissais les collines, me rappelant à l’occasion mes premières années de course à pied, de l’autre côté de la frontière du Maine, au Nouveau-Brunswick. Je me perdais à l’occasion dans mes pensées, observant les autres coureurs en me demandant d’ou ils venaient, quelle était leur histoire et comment ils en étaient arrivés là. Je me demandais aussi s’il y en avait de la Louisiane, me sentant loin de chez-moi pour la première fois depuis mon retour à Montréal en mai. À quelques rues de la fin de la course, je retrouvai enfin les couleurs des Vainqueurs, beaucoup plus près cette fois. Gonflé à bloc, je fonçai en n’oubliant pas de prodiguer de sincères encouragements pour mon compatriote québécois. Enfin, alors que je dévalais la dernière côte, juste derrière Bill Rodgers, en essayant de ne pas trébucher et en me laissant porter par les cris de la foule, plus bruyante que sur n’importe quel parcours de n’importe quelle course à laquelle j’aie participé, j’ai souris et même ris un peu en me disant que ca, c’était une course. En vérité, je venais de vivre un des plus beaux moments de course de ma vie et même si mes jambes insistaient pour me rappeler que j’y avait mis tout mon coeur et peut-être même un peu plus, je souriais en pensant à la prochaine édition de cette belle compétition, convaincu que j’y serait. Note : si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à m’écrire à crrroco@aol.com
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