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Ma parade Deux semaines avant le marathon du Mardi Gras, par un magnifique dimanche matin louisianais, j'entrepris mon dernier entraînement de longue distance. Sur le parcours de la parade, qui n'ariverait pas avant quatre bonnes heures, les habitants de la ville, d'habitude peu enclins à sortir de leurs maisons pour profiter du beau temps, se positionnaient déjà le long des petites rues de Thibodaux. Armés de l'artillerie lourde: brûleurs, marmites, barbecues, chaises de jardin, tentes et glacières, ils commencaient à préparer le dîner: jambalaya, fêves rouge, riz ou gumbo. Aux environs de neuf heures du matin, je sentais déjà l'odeur de la bouffe cuisant lentement sur les grilles et je reconnaissais à l'occasion le visage familier d'un de mes élèves. Un peu plus tard, ayant déjà fait le tour du voisinage plusieurs fois, l'un deux tendit la main en signe d'encouragement. Je répondis à l'invitation par un bonjour (tout sourire) et une petite tape dans la main en question. À mesure que les rues se remplissaient de fêtards, il devenait plus difficile pour moi de maintenir la cadence apropriée pour atteindre mon objectif. En partie parce que je commencais à sentir la fatigue mais aussi parce que j'avais un public. J'étais comme le seul participant d'une course, ma course, ma parade. D'un coin de rue à l'autre, les sourires et les mots d'encouragements de même que les regards étonnés me procuraient l'énergie nécessaires à poursuivre mon aventure, qui allait se conclure par un de ces moments intenses ou le doute s'efface, parce qu'on sait qu'on vient de franchir une étape importante: le dernier test avant la grande course. Sachant que le reste ne serait guerre plus qu'une série de petites sorties pour maintenir la forme. Ainsi, alors que la journée s'annonçait exceptionellement belle, j'ai laissé sur l'asphalte de mon petit patelin, une bonne partie de mes angoisses en ce chaud dimanche de février. J'en profitai donc, après avoir pris une bonne douche et m'être glissé dans des vêtements secs pour descendre dans la rue, à temps pour la parade et pour déguster deux bons hot dogs au chili, bien mérités. Et aussi pour voir ma petite ville s'animer comme elle ne le fait que très rarement le reste de l'année. Richard Strasbourg Collaborateur spécial pour Courir à Montréal Note : si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à m’écrire à crrroco@aol.com
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