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Le samedi 15 avril se déroulait les dix kilomètres de la Crescent City Classic, au coeur de la Nouvelle-Orléans. Il faisait chaud, il y avait du monde là et du monde de partout. Les Kényans et le reste du monde. La course, de niveau international mais ouverte au public, attire chaque année de quinze à vingt mille personnes depuis 1979. Pour
ma part, j'en avais vu quelques autres, chaque édition différente
de la précédente mais toujours un défi de taille
et un évènement mémorable. Après les discours et l'hymne national joué par la fanfare des Marines, la course débuta enfin. Le premier mile étant un classique en matière de course à obstacles, je trouvai ensuite mon rythme et commençai mon ascension vers les 500 premiers coureurs et coureuses. Il faut que je mentionne ici que, si les médailles et trophées y sont hors de portée pour le commun des mortels, les 500 premiers participants à terminer la course en 45 minutes ou moins se méritent toutefois une affiche officielle de l'évènement, édition limitée. Je travaillais donc sur ma première affiche. Après m'être tranquillement faufilé entre de nombreux participants, certains costumés pour l'occasion (une tradition ici: quelqu'un quelque part porte un costume, même s'il n'y a rien à célébrer et il y a toujours quelque chose à célébrer, surtout aux alentours de la rue Bourbon ) Sur le parcours, deux petits diables offraient des hot-dogs aux participants, les Blues Brothers y étaient aussi pour ne nommer que ceux-là. À environ un mile de la ligne d'arrivée, un bénévole annonçait la position de chaque participant. À ma grande surprise, j'étais 250e. J'étais surpris à cause du nombre de coureurs et parce que j'ai toujours un petit doute quant à ma performance pendant la course, un truc psychologique: ma petite guerre intérieure entre la confiance et le doute qui me pousse dans la bonne direction. À quelques pas du fil d'arrivée sous les applaudissements de la foule, je levai les yeux vers l'horloge, plutôt satisfait mais aussi convaincu que j'aurais pu faire mieux. À la prochaine fois, pensais-je avec cette envie de tourner les talons et de reprendre la route. Enfin, le plus beau dans toute cette histoire c'était le party d'après course, dans le stade. Une piste de danse en gazon jaune, un bol de jambalaya dans une main et une bouteille d'eau dans l'autre (je ne bois pas de bière: boisson de choix après une course en Louisiane!). Ajoutez à ça un groupe de bons musiciens, jouant du zydeco, du reggae et même un peu de blues, plus un nombre impressionnant de coureuses et coureurs avec les jambes dégourdies et vous avez là, à dix heures du matin, une vraie fête Louisianaise. À vivre au moins une fois dans sa vie. Richard Strasbourg Collaborateur spécial pour Courir à Montréal Note : si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à m’écrire à rstrasbourg@hotmail.com
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