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Coureurs et coureuses de Montréal, encore une fois je partage avec vous mes aventures chez vos (nos) voisins du sud. Ce mois-ci je vous raconte de quelle façon l'année 2006 a commençé pour moi sur la route. D'abord il faut que je vous dises qu'en plus de collaborer à Courir à Montréal, je me suis trouvé une petite partiçipation dans le club de course local (www.bayourunners.com). Je suis leur artiste, en plus de participer au brassage d'idées pour relançer ce beau petit club. L'année a donc très bien commençée, même avant la première course du New Orleans Track Club (www.runnotc.org). Cette
première course c'était la 99ième édition
de la Jackson Day Race, une promenade de 9km et la plus vieille course
sur route de la Nouvelle Orléans. Une bizarre de distance en fin
de compte mais toujours un événement intéressant
parce qu'il sillone plusieurs quartiers très différents
et qu'il se termine dans le coeur touristique de la ville. Il faisait frais en ce dimanche matin de janvier mais l'ambiance était fantastique: partout des yeux pleins d'espoir et des têtes pleines de résolutions du nouvel an. La communauté semblait bien en vie. La course pouvait donc commençer. Bien préparé physiquement et mentalement, j'étais gonflé à bloc, comme d'habitude (peut-être même un peu plus). Peu après l'hymne national (un classique qui ne manque jamais d'ajouter un petit quelque chose au rituel d'avant-course), le départ était donné et je filais allégrement vers le fil d'arrivée comme s'il s'agissait en fait d'un 5km. Après trois kilomètres, je commençai donc à m'essoufler un peu et à ralentir pour regarder passer de nombreux partiçipants ayant opté pour une meilleure stratégie. D'une certaine façon, après avoir débuté avec des coureurs plus rapides que moi, je me trouvais enfin à ma plaçe habituelle, quelque part entre le peloton de tête et le reste des coureurs intermédiaires. J'entendais quand même les bruits de pas derrière moi mais pas question de regarder en arrière. Ainsi, le milieu de la course se trouva être une sorte de période de récupération, de préparation pour le sprint final, une sorte de test en fin de compte. À environ huit cent mètres du fil d'arrivée, je me trouvai côte à côte avec un compétiteur. Confiant, je me lançai dans un sprint endiablé pour maintenir ma position. Exécutant un beau slalom entre les trous et les obstacles des vieilles rues de la ville en reconstruction, je m'engageai dans le dernier virage et il semblait bien que j'allais avoir le meilleur sur mon adversaire mais, alors que je me trouvais à quelques pas (vraiment tout près) de la fin de la course, l'audaçieux et fier adversaire se glissa devant moi et termina la course avec une seconde d'avance. Il avait eu le meilleur sur moi et sa stratégie était parfaite: avant que j'aie le temps de riposter, la course était terminée. Enfin, je le féliçitai et j'en profitai pour le remerçier de m'avoir talonné ainsi. Grâce à ce sprint, j'avais amélioré mon record personel de trois minutes pour la distance. Je repris mon souffle et me dirigeai vers un party d'après-course bien mérité, en rêvant (entre deux bouchées de jambalaya) à tout ce que 2006 allait m'apporter sur la route et en-dehors des sentiers asphaltés. Bonne année et bonne route. Richard Strasbourg Collaborateur spécial pour Courir à Montréal
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: Jean Joly |
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