![]() |
|
|
La science au pas de course! Par Steve MoisanBoires et déboires du marathonien (partie première)
Quelques milliers de beaux grands athlètes se réchauffent. Ils font partie de l’élite, ces hommes et femmes dévoués et bien entraînés. On y retrouve de nombreux espoirs pour les jeux Pan Américain, du Commonwealth et Olympiques. Sur les 1818 médaillées, 48.8% franchiront les 42.195 km en moins de trois heures. Le reste du peloton (51.2%) rejoindront ces road-runners (bip! bip!) entre 3 et 3.5 heures. Aucun coureur ne prendra plus de temps. L’année suivante, à New York, ce qui était alors un événement purement athlétique devient un méga festival de santé. Le parcours, jadis limité à plusieurs boucles dans Central Park, traversera maintenant tous les quartiers. La popularité des marathons ce cesse de croître depuis. En 1978, 8588 coureurs franchissent la ligne d’arrivée du Big Apple. Du haut de mes cinq ans, je constate qu’il n’y a pas que moi qui a changé : la course aussi. L’élite est maintenant dilué parmi monsieur et madame tout le monde, ce qui rend la course quasi-éternel. Il faut dire que seulement 2.4% des athlètes complètent l’épreuve en mois de 3 heures. D’autres le feront entre 3-3.5 heures (21.1%), entre 4-4.5 heures (29.3%), entre 5-5.5 heures (12.2%), etc. Je vous le jure, il n’y a pas de limite! Il y en a même (0.05%) qui termine en plus de 7 heures. Les coups de chaleurs, la déshydratation, le mur, rien n’arrêtera ces nouvelles idoles. En fait, non. Il y a peut-être une limite à tout ça. Celle qui oppose l’homme à sa physiologie intrinsèque. Buvez et ça ira, dira-t-on. En 2001, je constate qu’environ 24000 marathoniens terminent la rendue célèbre course de New York. Ce fut l’année de mon premier marathon. 30 ans bien sonné. Une question me vint alors à l’esprit (sûrement dû au changement de dizaine) : « Pourquoi accorder une si grande importante à l’hydratation pendant un marathon ? ». Chaleur. Tel est le mot clef pour répondre à ce sujet… brûlant d’actualité. Durant les exercices d’endurance, environ 75% de l’énergie produite par notre métabolisme est sous forme de chaleur, qui ne peut s’accumuler. Le reste, un maigre 25%, représente l’énergie disponible pour le mouvement. La production de cette chaleur augmente en fonction de la cadence, bien sûr. Mais aussi, en fonction de l’indice de masse corporel. Hein!? Pour bien comprendre, un Obélix bien enveloppé produira généralement plus de chaleur qu’un Astérix maigrichon à une cadence identique. La sueur constitue notre système de réfrigération privilégiée. On encourage donc les athlètes à boire afin d’assurer une disponibilité constante de liquide nécessaire à l’évaporation et à la circulation dans les tissues. Si notre Obélix court rapidement dans des conditions chaudes et humides, il peut être en danger. Or, nous ne sommes pas tous tombé dans la potion magique étant petit. Les règles d’art en la matière ne sont pas les mêmes pour les athlètes de haut niveau (ceux qui prédominaient quand j’avais 3 ans) et les nouvelles idoles (majoritaires à 30 ans). C’est le sujet que nous aborderons dans la seconde partie des boires et déboires du marathonien. Entre-temps, vous pouvez me posez vos questions à objectifmarathon@yahoo.com
|
|
Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
||