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Le marathon de mes 40 ans sixième partie
Brandy était le chien de Sylvie, vieux de près de 15 ans. Il avait depuis plusieurs semaines beaucoup de difficultés à marcher. Nous ne le savions pas encore, mais il il souffrait d'une grave maladie des reins. La semaine suivante, nous devions l’euthanasier. Arrivé à la maison, je vois attaché sur le balcon de beaux et gros ballons. Impossible de ne pas les remarquer. Impossible aussi de ne pas me douter qu’une réception m’attendait. À l'intérieur m'attendent une table dressée avec soin et un énorme bouquet de fleurs, compliment de Sylvie. J'ai même dû grimper sur une chaise pour prendre un vase dans lequel mettre les fleurs! Je me souviens surtout du bon vin (enfin!) que nous avons bu et de la tarte tatin que ma fiancée était allée chercher. Elle seule pouvait savoir qu’il s’agit de mon dessert favori. À voir ces préparatifs, j’ai compris que jamais Sylvie n’avait douté de moi. Elle m’a aussi offert une jolie carte où une souris soulève une lourde barre d’haltérophilie et dont le texte disait à peu près ceci : « cette fois c’était vraiment plus gros que toi… mais tu as réussi ». Mon père arriva peu après alors que nous avions commence le repas. Il était fier, avec un sourire rayonnant et une exubérance contagieuse, comme un père qui marie sa fille! Il était d’abord allé au fil d’arrivée puis, après m’avoir attendu là quelques minutes, il était allé consulter le tableau officiel d’arrivée pour y voir que j’avais déjà franchi le fil d’arrivée, mais aussi pour y constater mon temps exact : 3h58. Trois heures et cinquante-huit minutes. Et mon dossard qui était le 583. Le 58 et 3. Ceux qui croient au destin diront que mon temps d’arrivée était écrit dans le ciel! Ce soir-là, tous les invités étant repartis chez eux, ma mère ayant prit un taxi vers l’aéroport, nous avons eu de la peine à faire la vaisselle. J’étais claqué et l’adrénaline qui me soutenait s’était elle aussi dissipée. Sylvie, qui avait assisté au mariage d’un couple d’amis la veille et qui s’était couchée au petit matin avant de se lever aussi tôt que moi le lendemain était aussi à bout. Je crois que ce soir-là nous avons battu un autre record. Nous nous sommes en effet couchés à 18h30! Et pour la première fois, mais certes pas la dernière, Charlotte s’est couchée après nous. C’était assez drôle et presque surréel. Épilogue Un marathon, c’est tout un défi personnel. C’est un énorme investissement de temps qui ne peut pas se faire sans l’accord de tous les membres de sa famille et de son entourage. C’est aussi tout une sensation. L’euphorie de l’arrivée est inoubliable. Si vous aimez la course, je vous recommande de relever ce défi. Bon, je vous quitte, il faut que j’aille m’entraîner. J’ai un autre marathon à courir. Et cette fois, l’arrivée est dans le Stade Olympique, comme quand j’étais jeune lors des Olympiques de Montréal en 1976. Maxime Gousse pour Courir.org
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