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Le marathon de mes 40 ans 1ère partie
Au cours des six prochains mois vous pourrez lire l’histoire de mon marathon où je parle de mes premières courses, de mon accident, de l’entraînement et, bien sûr, de la course dans ses moindres détails. J’espère que vous allez apprécier autant que moi j’ai apprécié écrire cette histoire. Sincèrement, Maxime Gousse À Charlotte ma fille, pour lui montrer que tout est possible dans la vie. À Sylvie mon amour, qui m’a tant soutenu et encouragé. Prologue J’ai toujours aimé courir. Enfant, lorsque je revenais de l’école primaire, je m’imaginais courir sur ma rue Davaar, une longue course d’endurance et que j’arrivais à la maison devant une foule qui m’acclamait. Enfant, on rêve à de grandes choses... Puis, en 1976, lors des Jeux olympiques de Montréal, le Marathon, le vrai celui-là, passa devant chez moi. Malgré que je n’ais pu y assister, étant chez ma mère ce week-end là, je me souviens très bien de la ligne bleue peinte dans la rue qui traçait le circuit à suivre pour les athlètes. Cette même ligne bleue que 28 ans plus tard j’allais suivre à mon tour. Ce conte, qui n’en est pas un, est le récit du marathon de mes 40 ans. Mes premières courses Au début, la course c’était pour moi une façon simple, non compétitive et pas trop chère de m’entraîner et de regagner ma taille d’antan, celle de mes 20 ans. Il est vrai qu’après m’être vu en photo en maillot sur la plage à Tortola, je n’étais pas très fier de moi. Puis de fil en aiguille, à force de s’y intéresser, on remarque tous ces gens alentour de soi qui aiment courir et qui y vont à fond. Et on se remémore aussi des souvenirs d’enfance, alors que mon père allait courir et que moi je le suivais à vélo. Les premiers mois, je courais et je m‘entraînais dans un gymnase. Au gym, j’ai toujours aimé les legs press et autres exercices de musculation de jambes. Puis, l’hiver arriva. Un jour alors que je courais dans le parc qui porte son nom, je me suis souvenu des paroles du célèbre Jean de la Fontaine et je me trouvai « fort dépourvu lorsque la bise fut venue ». En effet, quel choc pour moi lors des premiers froids de manquer de souffle, mais surtout de râler comme si j’avais fumé je ne sais quoi avec mon départ. Plus tard, l’entraîneur au centre me rassura en me disant que cela était normal, car le choc froid chaud dans les poumons produit cet effet. Maintenant, cela n’arrive plus lorsque je cours, peut-être est-ce par habitude ou encore surtout du fait que je porte un foulard à la bouche. Au début je ne courais pas vraiment pas beaucoup : deux ou trois tours du parc (six à neuf kilomètres). Je me souviens de ce matin où je suis allé reconduire ma fille, Charlotte, à son cours de danse et que j’ai complété mes premiers quatre tours du parc. Imaginez, je venais de compléter 12 kilomètres en 80 minutes et je me découvrais le vrai king de la course. Ce n’est que bien plus tard que j’ai pu un peu rire de moi-même, car je ne me doutais pas à l’époque qu’un marathon représentait de 15 à 16 tours de parc et même si je venais d’en franchir le quart de la distance, il s’agissait d’une bien petite goutte dans l’océan d’effort qui m’attendait. Il y a dans la vie des moments qui font « clic » dans un parcours personnel. Tu ne sais pas vraiment pourquoi et souvent encore moins comment, mais ce jour pour moi fut l'annonce du retour, après bien des années d'absence, du marathon de Montréal, dans le cadre du Festival de la santé Oasis . Je me souviens des belles années, des années de l’âge d’or du marathon à Montréal qui était organisé par M. Serge Arsenault. Toutefois, mais peut-être aussi heureusement, ce retour fut un an trop tôt, soit en septembre 2003. Je dis « heureusement » parce que je n’étais simplement pas prêt au défi, mais aussi parce que 2004 allait être l’année de mes 40 ans. Et la symbolique chez moi a toujours été très forte. Alors courir 42 kilomètres à 40 ans, voilà le clic qui a fait le déclic dans ma tête et je m’étais bien promis que cette fois-ci rien, mais rien, ne pouvait m’y faire renoncer. L'accident Rien pour m’y faire renoncer? Peut-être pas tout à fait! Par un beau matin ensoleillé du 22 décembre 2003, dans un parc Lafontaine tout de blanc vêtu alors que j’entamais mon quatrième tour, afin d’allonger mon trajet et d’ajouter un élément d’endurance supplémentaire, je décidai de prendre un sentier où je n’avais pas encore mis les pieds. J’avais vite appris que courir l’hiver avait son lot de plaisir, avec le « crunch crunch » de la neige sous les pieds. L’un des plaisirs de courir l’hiver est aussi d’impressionner les gens. Tu t’habilles comme un guerrier et tu te sens prêt à affronter les pires intempéries. Mais l’hiver comporte aussi ses quelques difficultés, dont la négociation des conditions instables de la neige. Or, en ce beau matin où j’envisageais de piquer par le sentier de gauche plutôt que de garder mon droit chemin, je levai la tête afin de m’éclairer sur les risques potentiels de cette partie de piste que je ne connaissais pas. Mais tel un joueur de golf qui lève la tête avant de frapper de son club l’objet rond qu’il doit mener plusieurs centaines de verges plus loin, je quittai des yeux le sentier que je parcourais et « crac » tel peut-être le Titanic, je heurtai ce bloc de glace lors de ma foulée descendante. « Crac » et un grand « aïe » je vous le jure furent les seuls bruits que j’ai entendus et ils ne provenaient pas du bloc que je venais d’écraser (j’espère que c’est le sort que je lui ai réservé, car jamais ni avant ni après je n’ai vu ce foutu bloc) mais bel et bien de mon pied gauche qui venait de subir une élongation au deuxième degré. Et en parlant de « jurer », je puis aussi vous dire que dans ces moments, on n’a même pas le temps de penser aux jurons qui pourraient si facilement sortir de notre bouche. Là j'ai pense a un événement qui s'est passé à la fin de l'été de mes 11 ans. Nous avions encore à cette époque le voilier, le « Grand Max », et mon père en descendant dans la cabine s’est tordu la cheville, peut-être la même! Il m’avait dit qu’il avait de l’ammoniac dans la pharmacie de bord et que s’il devait tomber dans les pommes de lui en faire respirer. Je savais donc que je ne pouvais pas rester là malgré la douleur qui montait en puissance. Il me fallait me relever immédiatement. Déjà après quelques secondes d’inactivité, je sentais déjà le froid me gagner un peu n’étant habillé qu’en survêtement. Me lever ne fut pas une mince affaire, car l’étourdissement s’emparait de moi, un peu comme lorsqu’on se relève d’un coup. J’ai réussi à marcher jusqu’à la maison. Peut-être dois-je remercier le froid qui a contribué à ce que je garde mes esprits et que je puisse ne pas trop sentir la douleur qui s’installait. Il y a bien cette dame qui passait au loin qui m’a offert de l’aide, mais les gens qui me connaissent savent que je suis (trop?) orgueilleux et qu’à ce moment-là je pensais bien m’en sortir seul. Je n’étais pas très loin de la maison, mais au fur et à mesure que je marchais et que je déposais mon poids sur ce pied, la douleur montait toujours un peu plus. Il m’est même venu à l’esprit de héler un taxi et de lui demander de me reconduire chez moi. Mais j’étais si proche... Je ne me souviens pas très bien de la suite. Je suis rentré, je crois avoir été seul pour un certain temps, puis Sylvie est arrivée. J’imagine que j’étais dans le salon avec de la glace sur ma cheville gauche. Le premier soir s’est passé mieux que je pensais. J’ai appelé ma belle-mère Ginette qui est médecin pour savoir si j’avais la cheville cassée, auquel cas il aurait fallu un plâtre. Elle m’a demandé si je pouvais bouger mon pied et que si tel était le cas, il s’agissait donc d’une « simple » entorse. Elle m’a aussi prévenu que le lendemain serait pire. Déjà le soir en me couchant je ne pouvais dormir sur le dos comme à l’habitude car le poids de la douillette sur mon pied était insupportable. Et
le lendemain fut pire. Bien pire. Le long de l’extérieur
de mon pied, parallèle à la plante, un bleu de la taille
de l’index et du majeur collés ensemble. Même longueur
(5 cm), même largeur (2 cm). Énorme douleur. Je ne pouvais
y mettre aucun poids. Heureusement que partout dans la maison je pouvais
me soutenir sur les murs afin d’éviter de mettre une pression
sur mon pied. Mais le lendemain nous devions prendre l’avion pour
une petite fin de semaine de Noël à Toronto chez ma mère. Arrivé chez ma mère à Toronto, elle m’a prodigué un remède de sorcière qui me fit grand bien. Un bain de sel de je ne sais quoi qui fit grandement réduire la taille de l’ecchymose. Je n’ai recommencé à courir qu’au mois de mars, soit trois mois après mon accident. Je dois une partie de ce petit miracle à celui que l’on surnomme justement le Docteur Miracle. Benoit Lambert est mon docteur en chiropractie, physiothérapeute et bon conseiller sportif. Malgré tous ces soins, malgré tous mes exercices de récupération, au moment où j’écris ces lignes en juin 2005, je ressens encore une raideur dans ma cheville gauche. Même pendant cet hiver 2005, lorsque j’ai rechaussé mes bottes, dès que j'y glissais mon pied, ma cheville se « souvenait » d’y avoir passé l’hiver précédant. Le mois prochain, la deuxième partie " L'entraînement " Maxime Gousse pour Courir.org
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