![]() |
|
|
Reid Coolseat: Le rêve olympique à sa portée
Montréal décoiffe Le 17 avril dernier, Reid était de passage à Montréal pour ravir le titre canadien du demi-marathon à Matt Loiselle dans le cadre du 21k Banque Scotia. Ce matin-là, des vents moyens de 45 km/h brassaient les coureurs comme des poupées de chiffon aux abords du bassin olympique. Étonnamment, j’avais alors vu Reid Coolsaet bon premier de l’autre côté du bassin, le pas fluide et imperturbable malgré les violentes bourrasques. «Non, pas du tout! Les vents étaient épouvantables cette journée-là! Ils m’ont affecté tout comme toi. J’espérais courir quelques minutes plus vite que mon temps de 1 heure 4 minutes et 54 secondes, mais je savais que ce serait impossible le matin de la course. J’ai adoré le parcours, très panoramique, quoique aussi très tranquille par moments.» Sera-t-il de retour le 29 avril prochain pour défendre son titre? «Je pensais revenir à Montréal, mais finalement, je défendrai plutôt mon titre au Toronto Young Street 10k le 22 avril. J’avais remporté cette course lors d’un sprint final incroyable contre Eric Gillis et Kip Kangogo en 28 minutes et 8 secondes. Je préfère ne pas trop courir au printemps 2012 afin d’être fin prêt pour Londres.» Vous pouvez voir cette finale enlevante ici: www.youtube.com/watch?v=1tzybxYe7Z4&lr=1&feature=mhee Toronto décoiffe aussi! Même s’il s’était déjà qualifié à l’automne 2010 pour les Jeux de Londres en faisant le standard canadien, Reid devait à nouveau courir sous les 2 heures 15 minutes entre le 1er janvier 2011 et le 23 avril 2012 afin de satisfaire le standard de l’IAAF, ce qu’il a réussi de brillante façon le 16 octobre dernier au marathon Scotiabank de Toronto avec un temps de 2 heures 10 minutes et 55 secondes. «Pour être honnête, cette fois-ci, je voulais le record canadien. Mais de forts vents dans les 7 derniers kilomètres sont encore venus brouiller les cartes. Ils n’étaient pas aussi violents qu’à Montréal, mais tout de même autour de 35 km/h, ce qui a ralenti tout le monde. Je crois que j’aurais pu courir sous les 2 heures 10 si la météo avait été plus favorable, mais je ne suis pas déçu de ma performance pour autant, car je sais que j’ai donné le meilleur de moi-même.» En effet, Reid a terminé 3e ce jour-là, se permettant même de prendre les devants sur les Kényans Kenneth Mungara et Shami Dawit vers le 35e km. «À ce moment-là, je me sentais bien et je croyais vraiment que je pouvais gagner ce marathon. Mais, quelques minutes plus tard, mes jambes se sont soudainement alourdies et je me suis retrouvé seul à lutter contre le vent. C’est aussi à ce moment-là que le record canadien m’a glissé entre les doigts.» Aurait-il été intéressant, en voyant les prévisions météorologiques, d’opter pour un autre marathon, comme celui de Niagara Falls tenu une semaine plus tard? «Non, l’entraînement pour un marathon est très spécifique avec la période de repos graduel dans les jours précédents et ne permet pas un tel changement de dernière minute. De toute façon, je savais que je n’affronterais pas seul les vents cette journée-là.» Les organisateurs du marathon Scotiabank de Toronto ne lésinent pas sur les moyens pour garantir des temps rapides et attirer la crème des coureurs du Canada et du monde entier, comme en offrant des lapins attitrés aux meilleurs. Pour Reid Coolsaet, il s’agissait du Kényan Stephen Chelimo, qui devait l’aider à maintenir le rythme qu’il désirait dans les 30 premiers kilomètres. «Le fait d’avoir Stephen Chelimo à mes côtés m’a enlevé une grande part de stress, car je savais que je pouvais compter sur lui. D’ailleurs, à 3 reprises, il m’a aidé à rattraper le peloton de tête, dont une fois à cause d’un arrêt imprévu et improvisé d’une quinzaine de secondes pour me soulager!» Londres 2012
La tradition a toujours fait terminer le marathon dans l’enceinte olympique, mais Londres fera exception à la règle. La course se tiendra au coeur de la capitale et mettra à l’avant-plan les célèbres monuments de la ville. Le parcours sinueux sera composé d’une première boucle de 3,5 km, puis de 3 boucles de 12,8 km. «Ne pas terminer dans le Stade olympique ne me dérange pas. Ce sera comme aux Championnats du monde de 2009 à Berlin, où l’on a fait 4 boucles devant la porte de Brandebourg. La foule le long du parcours risque donc d’être aussi imposante et bruyante. Je ne serais probablement pas sur place pour le marathon des femmes qui aura lieu une semaine plus tôt, mais je le regarderai assurément à la télévision. J’aimerais bien y voir Kim Smith de la Nouvelle-Zélande ainsi que les Américaines y faire de bons temps. Malheureusement, aucune Canadienne ne risque de se qualifier, ce qui est bien dommage.» S’entraîner dans la brousse Le 1er janvier 2012, Reid reprend l’avion à destination d’Iten, situé aux abords de la vallée du grand rift, au Kenya, où l’attend le centre d’entraînement en haute altitude Lornah. Durant 6 semaines, il y passera des vacances de rêve où il défiera les lions à la course et percera tous les secrets des meilleurs marathoniens au monde. «Mais non, pas du tout! Il s’agira d’un voyage axé sur l’entraînement comme je l’ai fait en janvier 2011, où une blessure m’avait toutefois empêché de courir comme je l’aurais voulu. N’importe qui peut réserver une chambre à l’hôtel où je résiderai et venir s’y entraîner, en autant qu’il reste de la place. J’ai toujours voulu y aller puisqu’on y retrouve tout ce qu’un athlète de pointe recherche et j’ai tout bonnement décidé d’y aller. Le fait de recevoir une bourse du Fonds des athlètes canadiens m’aide à en amortir les coûts. «Je m’entraînerai effectivement avec des Kényans sur la piste locale en terre battue et je découvrirai sûrement quelques nouveaux entraînements spécifiques, mais dans l’ensemble je resterai fidèle au plan préparé par mon entraîneur, car je ne veux pas changer une formule gagnante. De toute façon, les Kényans font des entraînements assez similaires aux nôtres. Par exemple, l’année dernière, j’avais entre autres croisé les marathoniens Duncan Kibet et Geoffrey Mutai. Cette année, j’aimerais bien courir aux côtés de Moses Mosop et Abel Kirui. Quant aux animaux, ce sont davantage des poules, des vaches, des moutons et des chèvres que je dois éviter lorsque je cours à Iten. Pour voir des girafes, il faut prendre la jeep et se rendre dans la vallée.» Pour avoir un aperçu de la piste d’Iten: www.youtube.com/watch?v=cKpzyGFO7TQ Voyages et courses relevées un peu partout dans le monde: il n’y a pas à dire, être un coureur professionnel semble vraiment être un emploi de rêve. Mais est-ce aussi payant que ça en a l’air? Après tout, en ratant le record canadien à Toronto, Reid n’a pu mettre la main sur la bourse de 36 000 $ offerte par les organisateurs. «Les courses sur route sont définitivement plus payantes que les courses sur piste. La plupart offrent des bourses intéressantes et requièrent peu de déplacement de ma part. Avant, j’avais l’habitude d’aller en Europe 2 ou 3 fois par année et, même si je courais bien et que je gagnais des bourses, je perdais de l’argent à cause des nombreux frais associés au voyagement.» Des plans pour 2012 et après? «Après mon entraînement au Kenya, je m’envole directement pour le Luxembourg pour participer à une course de cross-country le 12 février. Puis, je compte faire un bon temps le 25 mars à mon premier 30 km d’Around the Bay à Hamilton et défendre mon titre au 10 km en avril comme je l’ai mentionné. À l’été, il y aura les Olympiques, puis, à l’automne, j’aimerais réaliser un temps rapide au demi-marathon. Je compte bien continuer de courir en 2013 et de prendre chaque année une à la fois.» Mathieu Gagnon pour Courir.org
|
Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
||