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Depuis septembre, Laurent Godbout a décidé de plonger à plein temps dans le monde de l’athlétisme, un monde qu’il connaît à fond. En effet, lorsque je l’ai rencontré dans son bureau du Stade Olympique, j’avais l’impression de parler à un homme en poste depuis longtemps. Et, la course sur route fait intégralement partie des préoccupations du nouveau directeur général de la Fédération Québécoise d’athlétisme. Sa vision du rôle de la Fédération provinciale est inclusive. Tant la course à pied dont la course sur route, que l’athlétisme dans les clubs civils et celle du monde scolaire peuvent et devraient idéalement cohabiter. Ainsi émergerait une meilleure complémentarité pour permettre un continuum de développement du potentiel des jeunes et moins jeunes. «Le défi consiste à faire en sorte que le coureur sur route reconnaisse la Fédération d’athlétisme du Québec comme sa fédération.» Mais, Laurent Godbout est conscient qu’il y a loin de la coupe aux lèvres, d’autant que, depuis 25 ans, la course sur route s’est développée en marge de la Fédération. Il compte prendre les grands moyens afin d’initier le rapprochement. Issu du monde des communications, il envisage le dialogue avec les différents intervenants et, dès l’an prochain, il voudrait réaliser avec eux un mini-sommet du monde de la course à pied. Y participeraient les directions des circuits de courses, d’organisations de courses, de clubs sur route ou clubs d’athlétisme ayant aussi des coureurs sur route. D’autres acteurs concernés par la course à pied seraient invités, tels des commanditaires, des diffuseurs d’information et des coureuses et coureurs. Le tout reste à finaliser, mais Laurent Godbout est convaincu que cet événement est nécessaire pour initier un rapprochement entre les acteurs de la course sur route et la Fédération d’athlétisme.
«La course à pied et la course sur route, c’est une seule et même chose. C’est une forme de vie. Ça doit être plaisant et gratifiant. Cependant, la gratification doit être vue non pas seulement dans le moment présent, mais aussi à plus long terme. C’est cette attitude qui a permis à Bruny Surin de croire son entraîneur, Daniel St-Hilaire, lorsqu’il lui a dit qu’un jour il pourrait être parmi les meilleurs au monde.» Ce propos met en évidence une des difficultés actuelles du développement d’une élite qui performerait mieux que les générations précédentes. «Comment expliquer que ce soit dans la classe vétéran (40 ans et plus) que sont réalisés nos meilleurs temps au marathon de Montréal, par exemple», se questionne Laurent Godbout. Celui-ci sait de quoi il parle lorsqu’il discute du développement de coureur au Québec. Il est de la génération d’Alain Bordeleau (toujours détenteur, depuis 1984, du record québécois du marathon en 2 h 14 m 19 s) et de feu Philippe Laheurte (2 h 20 m 59 s), qu’il côtoyait au Club Regina Mundi à Montréal. «À côté de ces coureurs d’élite, j’étais un coureur de demi-fond moyen pour l’époque, malgré mon 15 m 12 s au 5 km ou mes 4 m 00 s et 8 centièmes au 1500 m», ajoute-t-il. Cependant, lors d’une rare course sur route à 32 ans, il se dit fier de son temps de 1 h 12 m 30 s au 20 km du parc La Fontaine. L’arrivée de Laurent Godbout à la direction générale de la FQA pourrait générer un tournant pour la course à pied au Québec. Souhaitons-lui et souhaitons-nous bonne chance afin de rétablir le lien avec la Fédération d’athlétisme. Nous serions gagnants d’être ensemble, que nous courrions d’abord pour notre santé exclusivement, pour nous améliorer substantiellement ou pour compétitionner à fond. La force de notre nombre pourrait être un atout à plusieurs égards. C’est à suivre. Jean-Claude Drapeau pour Courir.org
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