![]() |
|
|
Comme éducateur physique à la retraite et toujours passionné de marathons, je profite de cette chronique afin de rendre compte de l’histoire de coureuses et de coureurs qui réalisent l’exploit de compléter l’exigeante épreuve du marathon. Qu’elles sont les motivations profondes qui les poussent à courir un premier marathon, puis à poursuivre? Ces témoignages pourront être autant de sources d’inspiration pour ceux et celles qui nous lirons; c’est le but visé. Ce premier texte (première chronique) origine de la rencontre «Bostonnaise» d'un couple de coureurs dont le cheminement est inspirant à plusieurs égards. Mais, d’abord, une vérité de La Palice. La course à pied est une activité merveilleuse pour le plaisir qu’elle génère. Parmi les premiers atouts favorisant sa pratique, il y a nécessairement l’accessibilité. Tu peux partir de chez toi et y revenir pour prendre ta douche, par exemple. Tu peux courir dans n’importe quel environnement à proximité du travail, de l’hôtel ou du camping. Elle se pratique plus souvent qu’autrement individuellement et, pour certains, en groupe à l’intérieur d’un club. Mais rarement en couple et, pourtant, quelle belle occasion cela peut être de vibrer ensemble tout en ayant un temps de qualité à partager. C’est la merveilleuse aventure que vivent intensément depuis quelques années le couple de tourtereaux Isabelle et Réjean, de Saint-Jérôme. Pour une, Isabelle Auger réalisait son premier marathon en novembre 2008, à Philadelphie, avec un satisfaisant 4 heures pour la circonstance. Comme elle le dit: «j’ai couru pendant 5 ans juste 5 km par jour dans mon voisinage, sans faire de compétition... Je ne pensais jamais courir un marathon dans ma vie et quand j’ai réussi à terminer mon premier en 4 heures, j’étais folle de joie!» C’est lors du marathon de Boston, l’an dernier, que j’ai fait la connaissance d’Isabelle et de Réjean. Le hasard (une belle rencontre) a fait que nous partagions la même chambre d’hôtel puisque nous faisions partie du voyage organisé par Pierre Bourassa. Celui-ci prend soin des marathoniens du Québec en planifiant différentes destinations de course, année après année. Isabelle accompagnait Réjean, le seul qualifié des deux pour l’épreuve plus que centenaire (113e édition consécutive) du 3e lundi d’avril à Boston. Oui, cette course a toujours lieu lors de ce jour de la fête du Patriots’ Day en Nouvelle-Angleterre. Ce marathon, des plus appréciés et presque mythique, exige un temps minimum, par catégories d’âges et par sexes, afin de limiter le nombre de participants. Malgré cela, c’est tout de même 23 000 personnes qui ont franchi la ligne d’arrivée, en 2008, contre 17 000, cinq ans plus tôt. Ce qui me frappa chez Isabelle, c’est sa sérénité lorsqu’elle disait qu’elle souhaitait être du départ de ce marathon en 2010. Je ne connaissais rien d’elle, mais sa façon de prioriser le côté ludique de la course me fascinait. Elle voulait réaliser son temps de qualification, bien sûr, mais elle ne cèderait pas à la pression de la compétition et de la réussite au détriment de ses valeurs de plaisir, de patience et de qualité d’entraînement. C’est donc avec intérêt que j’allais suivre son cheminement au cours de l’année 2009. De plus, je serais à l’affût de ce que Réjean Bourgouin réaliserait comme progression durant ce laps de temps, car sa performance à Boston était remarquable: 2 h 51 et 10e de sa catégorie d’âge, celle des 50-54 ans. Une question m’habitait plus que tout: jusqu’où peut-on s’améliorer plus on avance en âge?
Quels superbes progrès; l’âge n’est donc pas une limite! Il faut retenir le fait qu’Isabelle n’a que 12 mois d’expérience au marathon et que Réjean ne s’adonne à cette distance que depuis 4 ans. Un beau conte de fées que leur histoire. Isabelle et Réjean ont accepté d’être de cette chronique afin de partager avec vous leur passion pour la course à pied et le marathon, en particulier. Pour une, Isabelle, mentionne qu’elle «souhaite que cet article puisse encourager plusieurs femmes à courir. Je suis partie de si loin et je réussis; c’est donc possible pour d’autres. Il suffit de s’y mettre, d’être réaliste, progressif et de voir le côté ludique de la chose en priorité». Elle conclut en ajoutant: «j’espère également que cette histoire inspirera d’autres couples et parents à faire comme nous.» Qu’elle est la recette d’Isabelle? «Réjean est un très bon entraîneur et j’écoute beaucoup les témoignages d’autres marathoniens.» Oui, il faut savoir que Réjean, tout comme Isabelle, a été membre fondateur du club Les Godasses du Nord, à Saint-Jérôme, et qu’il y a agi un certain temps comme entraîneur certifié par la Fédération d’Athlétisme du Québec. Maintenant, il prodigue ses conseils discrètement mais efficacement. Il est son propre cobaye pourrait-on dire. Serait-il, à sa façon, en train d’écrire une page d’histoire chez les vétérans du marathon au Québec? C’est à suivre. Réjean et Isabelle vous diraient que, pour eux, courir le marathon, c’est maintenant un mode de vie. L’objectif de Réjean, cette année, c’est de finir parmi les 3 premiers de sa catégorie d’âge (50-54) à Boston et celui d’Isabelle est de se qualifier pour le marathon de New-York (temps de 3 h 23). Cependant, au-delà de l’atteinte d’un objectif quantifié (source de motivation extrinsèque), Isabelle et Réjean privilégient les vertus de la course à pied afin de hausser leur qualité de vie et leur santé. Leur but ultime: courir jusqu’à un âge le plus avancé possible et continuer ainsi d’être un modèle pour la jeune fille d’Isabelle. Jean-Claude Drapeau pour Courir.org
|
Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
||