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Faire sa course Une des caractéristiques principales de la course à pied tient du fait que c’est un sport individuel. Quand on pense aux sports collectifs, il va de soit que la collaboration, l’appui, le soutien et l’esprit d’équipe sont des ingrédients essentiels, aussi bien à leur pratique qu’à leur succès. Pourtant, même dans des sports individuels, on assiste parfois à des démarches, des efforts, des complicités même qui peuvent contribuer à la réussite d’un individu, voire d’un club, d’une organisation. Je crois que j’ai vécu une expérience hybride cette fin de semaine au lac Brome. Bien sûr, j’y étais pour performer, mais aussi pour représenter un organisme, Courir.org, pour qui je me commets dans des chroniques mensuellement. Dès le départ, j’ai senti que les choses allaient se passer différemment. D’abord, le groupe de collaborateurs s’est retrouvé au kiosque éponyme et l’ambiance se voulait bon enfant. Comme d’habitude, avant une course, les coureurs y vont de propos estompant des temps par trop rapides, allégeant ainsi la pression des minutes à venir. Nous avons donc badiné un peu sur le quoi, le qui et le comment le groupe de Courir.org allait se débrouiller dans cette épreuve de 20 km. Si bien qu’à force de se scruter on en est venu à dire qu’on partirait probablement ensemble et qu’après quelques kilomètres on jouerait du chacun pour soi. Sauf que Johanne ne se sentait pas si bien, alors je lui ai proposé qu’on fasse équipe pour le tour complet. Un étrange sentiment s’est ensuite emparé de moi. Je venais de proposer presque de faire la course de quelqu’un d’autre. On sait l’importance que chacun apporte aux temps que nous illustrons lors de compétitions officielles. L’argument fallacieux consistant à changer une contre-performance en course de préparation ne pèse pas lourd dans les débats des résultats. Pourtant, à mon grand étonnement, je ne m’en faisais pas outre-mesure des pensées et allégations de mes semblables sur l’issue de ce 20 km. Au contraire, je me suis réjoui de me sentir utile et même quelque peu redevable à quelqu’un avec qui je partage à peu près toutes les facettes de la course à pied. Nous partons donc en bloc, ou à peu près, et c’est avec à peine 3 km de parcourus qu’un premier comparse nous fausse compagnie et part à son rythme, mais on le comprend facilement. Puis nous nous retrouvons à trois jusqu’à mi-parcours, multipliant les encouragements à notre collègue qui, décidément, s’en sortait allègrement. Un autre compagnon se trouvant un nouvel élan nous souhaita alors bonne chance et disparu en quelques décamètres de notre proche environnement. C’est alors que nous avons commencé à gérer le reste de la course à la manière d’une course à obstacles. Chaque km constituant une haie à franchir dans les meilleures dispositions possibles. Certaines se montrant plus hautes que d’autres, il nous fallait alors ralentir pour prendre un bon élan, s’hydrater pour fournir l’énergie supplémentaire, se fouetter pour palier la tentation d’arrêter. Notre équipe a fait bloc devant les obstacles, petits et grands. À 3 km de l’arrivée, on lance timidement l’objectif de compléter l’épreuve sous la barrière des 2 heures. En entendant au loin l’animateur scander le nom des arrivants, on s’est comme retrouvé devant une fontaine de Jouvence, mais finalement ce n’était qu’un boyau proposé par une bénévole le long du parcours! Chimère ou pas, nous accélérons et, oh surprise, de nous deux, on n’aurait pu dire de qui s’était la course! Nous maintenons le rythme jusqu’au bout et croisons le fil en 1 h 54 m 37 s, chacun ayant fait sa course. Yves Daigneault Entraîneur du Club les Riverains pour courir à Montréal
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Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
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