![]() |
|
|
C’EST SI SIMPLE! Dans les années 60, dans mon quartier centre-sud, si un ado courait, c’était assez suspect. Soit il se sauvait, soit il voulait attraper quelqu’un. Tous les autres s’exposaient aux quolibets ou aux roches des bien-pensants. Aujourd’hui, la culture a un peu changé, mais on cherche encore à comprendre ce qui pousse tant les coureurs à se déplacer comme ça, sans but apparent. En plus, comme dirait mon grand-père, mon dieu qu’ils ont l’air de souffrir! Allez, un petit sourire, c’est si simple. Bien sûr on peut courir avec le sourire, on peut même s’éclater, mais ce, pour un temps seulement. À l’inverse des cyclistes, on peut difficilement se mettre en roue libre et se laisser aller. Mais n’entrons pas trop dans les comparaisons, de peur de nuire à la petite reine, laquelle je chéris dans son royaume bien à elle. Alors, pourquoi toutes ces remarques agressives, tout au moins négatives, sur ce sport aussi passionnant que la course à pied. Plusieurs raisons militent en faveur des coureurs. D’abord, courir n’est pas un geste rationnel, mais bien naturel. Certains l’auraient-ils oublié, au point de s’en offusquer? Nous devrions, par conséquent, avoir cette discipline en haute estime. Et comme pour tout ce qui est naturel, l’homme s’expose aux excès de toutes sortes, les abus des coureurs n’y échappent pas. Que ce soit dans l’exploit, l’aventure ou l’exploration, il suffit à l’homme de penser que ça peut se faire et ça se fera. Que ce soit bon pour nous n’a absolument aucune importance ici. La course alors n’a plus besoin de se justifier, elle est partie prenante de notre vie et contribue de ce fait à nous définir. Doit-on s’en réjouir? Dans mon cas du moins, elle est source de grandes douleurs, comme de grandes jouissances. Elle est vraiment indissociable de ce que je suis. Ai-je un sourire ou un air concentré, crispé peut-être? Je n’ai pas à m’en cacher, ni même à m’en justifier. Je cours parce que ça me rend vivant. J’y trouve une place dans mon environnement, j’y trouve aussi place à l’expression et à l’échange. Finalement, je cours parce que c’est vraiment, mais vraiment simple. Yves Daigneault Entraîneur du Club les Riverains pour courir à Montréal
|
Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
||