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Question alimentaire On dit parfois d’un travail qui ne nous satisfait pas vraiment, mais qui nous fournit le nécessaire, qu’il est alimentaire. Il reste que ce geste simple et essentiel s’est raffiné et embrouillé du même coup. Manger est devenu affaire de philosophie, de culture et de gros sous. Tellement que son accomplissement quotidien devient source de stress plus que de délectation. Quand ce ne sont pas les gourous d’une approche holistique qui nous implorent à une diète macrobiotique, ce sont les bonzes du marketing qui nous promettent mer et monde, le plus souvent une taille de guêpe. Avec quoi? une pilule; un régime miracle; un programme fabuleux où nous perdrons dix kilos en criant ciseaux... Même en athlétisme, manger est scruté à la loupe. Il faut croire que c’est le fruit de l’évolution. On ne mange pas n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand. La diététique de la performance dicte l’assiette du champion. On peut comprendre l’importance d’une saine alimentation et les dangers d’abus de toutes sortes dans un régime de monsieur, madame tout le monde. La science alimentaire, parce que la diététique s’est hissée à ce niveau, guide nos choix et comportements dans une toile de données si complexe qu’une chatte y perdrait son chat. Quand j’ai commencé la course de fond, version sérieuse, on se concentrait sur l’entraînement et les kilomètres à dévorer. Manger pour moi était devenu très simple. Il fallait fournir à l’organisme les calories nécessaires pour maintenir le rythme, à la fois des kilomètres et des vitesses de course que je m’étais imposées. Je me suis rabattu sur les pourcentages de nutriments pour ordonner quelque peu mon régime alimentaire, en me fiant sur les avancées scientifiques et trente ans plus tard, je m’en félicite encore. Cette approche tient en quelques mots, pas plus de trente pour cent de lipides, quinze de protides et le reste, au moins la moitié de mon assiette en glucides. Oui, oui, les sucres, ceux-là mêmes qui sont tant dénigrés par les tenants de diètes hypocaloriques. Mais là comme ailleurs, les glucides ne sont pas tous égaux. Notre système digestif réagit différemment selon qu’il s’agit de sucres lents ou de sucres rapides. Nous devons absolument privilégier les sucres lents, riches en glycogènes, tels les légumes, pains, céréales, pâtes alimentaires, au détriment des sucres rapides, comme le sucre blanc, le miel, la cassonade et le reste, qui, soit dit en passant, fournissent une énergie directement disponible à l’action, mais qui se stocke rapidement lorsque inutilisés, en graisse de réserve, pour les jours moins fastes. La graisse étant une immense source d’énergie pour assurer notre survie. La science donc, loin d’être l’ennemie des coureurs, nous informe des effets de nos choix sur nos performances et nous aide à garder le cap sur l’essentiel, soit de manger à sa faim et de fournir à notre corps ce dont il a vraiment besoin. N’oublions jamais qu’engraisser ou maigrir, c’est simplement mathématique. Qu’il faut dépenser 3500 calories de plus que l’on consomme pour perdre une livre de graisse. La bonne nouvelle c’est qu’avec l’activité physique, nous dépensons plus de calories qu’il n’y paraît. Lorsqu’on court pendant trente minutes et qu’en apparence on a dépensé 350 calories, nous avons accéléré notre métabolisme, de sorte que celui-ci continue d’être plus rapide un certain temps après notre exercice. Nous profitons alors d’une double dépense énergétique. Site web : http://pages.videotron.ca/riverain/ Courriel : yrdaigneault@hotmail.com
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