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Aventure À quelques jours du championnat des 30 kilomètres de la Louisiane, je me suis retrouvé face à un choix: courir une dernière épreuve de longue distance avant le marathon du Mardi Gras ou répondre positivement à une invitation et partir en voyage en Floride pour le long week-end de l’anniversaire de Martin Luther King. D’un côté, un parcours pour le moins banal (la levée) que j’ai arpenté maintes et maintes fois dans le passé. Aussi, une distance que j’ai parcourue en entraînement à plusieurs reprises dans les derniers mois. Et enfin, un petit groupe de mes amis, prêts à m’accompagner dans cette épreuve sans éclat. Ha oui! Et la possibilité de faire l’acquisition d’un magnifique t-shirt à manches longues (un autre!) Et puis, de l’autre côté, une invitation à sauter dans un avion pour la Floride pour rendre visite à des amis et rencontrer du nouveau monde. Cette seconde option ne devait toutefois pas m’empêcher de continuer à m’entraîner, dans un paysage différent par-dessus le marché, détail peu négligeable, considérant la taille de Thibodaux, la petite ville ou je réside et m’entraîne depuis presque neuf ans déjà. Au total, la distance courue en trois ou quatre jours allait certainement dépasser les 30 km mais le fait de ne pas avoir participé à une compétition depuis près de deux mois me dérangeait un peu. Donc, une fois dans l’avion en direction de Jacksonville, j’entrepris de revisiter un petit livre intitulé How Far Will You Go? (Jusqu’où irez-vous?), question de me rassurer quant à la décision que j’avais prise. L’ouvrage en question consiste en une série de questions ayant pour but de tester les limites personnelles du lecteur, moi, et ce sur des sujets très variés (Exemple: quelle est la chose que vous regrettez le plus dans votre vie à ce jour?) Enfin, après un demie journée dans les aéroports et le ciel de trois ou quatre différents états américains, mon aventure commença donc par une série de rencontres agréablement surprenantes Des gens d’un peu partout, artistes et autres personnages originales parlant au moins trois langues différentes à différents moments. Cela fut suivi de quelques miles le long de la rivière St-John pour me dégourdir les jambes. Le temps n’était pas parfait, plutôt nuageux et frais mais il y avait de la musique (dans mes écouteurs et live sur la promenade) au bord de l’eau. Arpentant la surface de brique de la promenade d’un bout à l’autre, je croisai un bon nombre de coureurs, aussi une statue de bronze représentant un coureur grandeur nature et placée là pour commémorer le 25ième anniversaire d’une course locale. Soudainement, loin de ma Louisiane et certainement très loin de Montréal, ma ville natale, je pensai à la communauté des coureurs comme à une nationalité de gens capable de se reconnaître n’importe où et d’échanger dans un langage universel: un hochement de la tête, un sourire, un signe de la main, un simple regard pour dire: “bon travail” ou “je sais”ou “je suis passé par là“. Loin de tout ce que je connais, je me senti malgré tout chez-moi et entreprit de poursuivre une réflexion amorcée en 2007 sur l’idée de la (ma) zone de confort. À travers quelques autres sorties (sur la route, au gym, dans les bars et autres attractions touristiques de Jacksonville) et mon retour à Thibodaux, je décidai que 2008, plus que n’importe quelle autre année serait l’occasion pour moi de prendre des risques, de vivre ma vie comme une aventure, de sortir des sentiers battus, pour autant qu’une telle chose existe pour un coureur. Richard Strasbourg pour courir.org
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