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Le test de Vo2 Max de chez Peak Performance par Frédéric Mathieu
La plupart des coureurs en ont entendu parler, mais ceux qui ont l’occasion de le subir sont plutôt rares. Et dans mon cas, c’est vraiment de chance qu’il faut parler, puisque c’est en participant au concours du Circuit Endurance que j’ai gagné un test VO2max au Centre Peak. Ayant toujours eu un intérêt pour le côté scientifique de la performance sportive, j’étais servi! Voici ce que Wikipédia dit à propos du VO2max : « volume maximal d'oxygène (en millilitres) qu'un organisme aérobie peut consommer par unité de temps (1 minute), par kilogramme de poids, lors d'un exercice dynamique aérobique maximal. » La dernière composante, le poids, est importante parce qu’elle permet de comparer le VO2max de deux personnes même si elles sont de gabarits complètement différents. Par exemple, une personne de taille forte pourrait avoir la capacité de consommer un volume plus élevé d’oxygène qu’une autre à la taille fine, mais obtenir un VO2max inférieur en rapportant le volume d’oxygène sur son poids en kilos. C’est donc une valeur assez représentative de la performance réelle à laquelle on peut s’attendre. Le test se déroule soit sur vélo stationnaire ou sur tapis roulant, selon le sport qui nous intéresse. Avant de commencer, on me fait enfiler un masque qui entre dans la bouche et qui est soutenu par une couronne qui se fixe autour de la tête, histoire de ne pas faire supporter tout le poids du masque par la mâchoire. Le masque lui-même est relié par des tubes à une machine qui mesure les écarts entre l’oxygène entrant et sortant de nos poumons. C’est en enfilant le masque que j’ai commencé à réaliser un peu ce dans quoi je venais de m’embarquer. Sans même avoir commencé à courir, c’est déjà difficile de respirer ! C’est un peu comme de respirer à travers une grosse paille. Mon nez est bouché à l’aide d’un pince-nez, pour qu’aucun échange gazeux n’échappe à la mesure. Après une ou deux minutes, je m’habitue, mais un léger inconfort demeure. Le test commence à une vitesse relativement lente. Juste avant la fin de chaque segment de 3 minutes, je dois poser la main sur une poignée tout en continuant de courir. Pierre Hutsebaut, directeur du Centre Peak, prend une petite goutte de sang au bout de mon doigt, qui servira à mesurer l’accumulation des lactates dans le sang. La troisième minute se termine, la vitesse est augmentée d’un km/h, et c’est reparti pour un deuxième segment qui répètera la même procédure. L’idée générale est de répéter la procédure jusqu’au point où ne peut plus supporter une seconde de plus. Les premiers segments vont très bien, c’est relativement facile et la respiration est sous contrôle. Au sixième segment, je commence à perdre le sourire, et le fait de respirer à travers un tube devient plus problématique ! Mais je me motive à continuer, parce que plus j’endure l’inconfort, plus le résultat du test sera représentatif de la réalité. Je termine le 7e segment de peine et de misère, puis la descente aux enfers commence brusquement. Sans l’avoir prévu, je m’apprête à vivre mes 2 minutes les plus difficiles en course à pied à ce jour ! Impossible de ralentir ne serait-ce qu’imperceptiblement sans risquer la chute, puisque le tapis roulant est constant comme un métronome. L’air n’entre pas assez vite, et j’ai l’impression de suffoquer. Je sais que je devrai arrêter bientôt, mais l’orgueil et la raison se livrent une bataille épique dans ma tête. Mais concrètement, comment savoir si l’on a vraiment atteint sa limite ? C’est un peu le même problème qu’en compétition : jusqu’où peut-on aller dans l’inconfort, et combien de temps pouvons-nous ignorer les semonces de notre cerveau qui nous ordonne d’arrêter ? Pierre Hutsebaut semble avoir l’habitude, parce qu’après quelques râlements un peu trop prononcés, il me demande d’essayer de tenir encore 20 secondes. Et enfin arrive la libération… hors de ma vue ce masque, et enfin une grande bouffée d’air libre ! Afin de procéder à l’analyse des échantillons de sang pris à chaque segment du test, on me donne rendez-vous quelques jours plus tard. Lors de ce rendez-vous, j’ai droit à plusieurs pages de graphiques et de chiffres relevés lors du test, qui me sont expliqués en détail par un kinésiologue du Centre Peak. Pendant plus d’une heure, j’ai la chance de poser toutes mes questions au sujet de l’entrainement, de la préparation avant une compétition, de l’alimentation et de mon potentiel de performance. Et bien sûr, dans le lot de chiffres se trouve celui dont le test fait l’objet, mon VO2max. Suis-je un meilleur coureur maintenant que je le connais, sans doute pas. Par contre, toute l’expérience s’est avérée extrêmement éducative, et la perspective de refaire le test dans un an pour quantifier ma progression m’apparait utile et stimulante. Car même s’il est principalement déterminé par notre bagage génétique, le VO2max peut croître grâce à l’entrainement. Comme j’aurais aimé faire ce même test il y a 5 ans, avant d’arrêter le tabac et de commencer la course à pied, pour constater les bienfaits de notre sport ! Malgré l’agréable surprise à l’annonce de mon VO2max actuel, je m’efforce de rester humble en me comparant, par exemple, au coureur légendaire Steve Prefontaine, qui atteignait 84. Mais les valeurs les plus spectaculaires se retrouvent chez un animal de l’Ouest américain. L’antilope Pronghorn, deuxième animal le plus rapide après le guépard, affiche un VO2max de 300 ml/min/kg. Elle atteint des pointes de 86km/h, soit environ 42 secondes au kilomètre. De quoi remettre les choses en perspective… et retourner à nos intervalles en prenant les bouchées doubles!
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