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Un 100e marathon à Montréal par Jean Claude Drapeau Vous vous souvenez de cet article de Rosaire Gagné dans le numéro de novembre 2008 du journal Courir à Montréal (www.courir.org). Il y dressait la liste des gens, principalement du Québec, qui avaient réalisé 100 marathons et plus, le Club des Cent’Or comme il les a baptisés. Eh bien, il faut ajouter un nouveau nom à cette liste, celui de Luc Gagnon de Chicoutimi, membre du Club Jakours. Cet accomplissement personnel, Luc l’a réalisé lors du Marathon Oasis de Montréal, le 13 septembre dernier. J’y reviendrai. Laissez-moi d’abord vous glisser un mot sur une dimension complémentaire de la course à pied, et ce, au-delà des bénéfices ludiques et physiologiques. C’est celle de la richesse des rencontres exceptionnelles qui ne manquent pas d’arriver d’une course à l’autre. C’est ce qui se passe, entre Luc et moi, depuis que nous nous sommes rencontrés pour la première fois au marathon de Rimouski, puis à celui de Boston, il y a quelques années. Participant à nouveau au marathon de Boston, ce printemps, j’entends Luc dire qu’il devrait réaliser son 100e marathon à Montréal si tout se déroulait comme prévu; Boston, 95e (avril), Ottawa, 96e (mai), Arvida, 97e (juin), Setp-Îles, 98e (juillet), Lévis-Québec, 99e (août) et Montréal... Un homme fidèle et constant, ce Luc. Il est au rendez-vous avec l’Histoire comme il le souhaitait. J’en profite pour dire qu’il suivait ainsi, de peu, un autre membre du club Jakours, Michel Voyer. Dans son patelin d’Arvida, en juin dernier, Michel a également disputé son 100e marathon. C’est tout un exploit pour ces deux inséparables amis. Pour revenir au 100e de Luc, je m’étais mis en tête de l’accompagner pour cet exploit. Heureusement, la magie des hasards de la vie a fait son œuvre et m’a permis de vivre ce grand moment. Le départ se donne sur le pont Jacques-Cartier et je n’arrive pas à savoir où Luc se trouve dans le peloton d’environ 2 000 coureuses et coureurs. Mais, tôt après le départ, je me dois d’arrêter pour uriner, le long d’un buisson à la sortie du pont Jacques-Cartier. Comme je m’installe..., une dame arrive... déçue de me voir, croyant être seule... Comprenant son inconfort, je me retire en lui disant que je trouverai aisément une autre place... Et c’est là que tout bascule magiquement grâce à la beauté de la vie; au sortir du buisson, j’aperçois Luc qui passe devant moi. Ouf, me voici dans son sillon, à quelque cinq mètres de lui, et ce, durant cinq kilomètres, sans qu’il puisse me voir, le temps de me mettre au diapason avec lui. C’est sa course et je veux être avec lui dans le respect de son rythme et de son état d’esprit. Je le perçois très concentré et attentif à sa montre, moi qui cours sans montre. Puis, je me rapproche et le contact s’établit; le tout durera jusqu’à l’entrée du stade. De plus, Michel nous rejoint autour du 37e kilomètre. La route est longue pour finir ce marathon, mais, pas à pas, les derniers kilomètres s’égrènent et, finalement, c’est la descente vers le stade. Puis, Michel et moi laissons Luc entrer seul dans le stade pour que ce moment lui appartienne exclusivement et intensément. En terminant, ce qui me motive à courir par-dessus tout, ce sont ces rencontres humaines et magiques que l’on fait lors de ces événements extraordinaires que sont les marathons. En effet, cette histoire me conforte dans ma conviction que pour créer des liens solides, il n’est pas nécessaire d’être toujours ensemble, mais bien de vivre des moments intenses et sincères ensemble.
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Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
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