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Le soleil est au rendez-vous et même s il fait frais, on peut soupçonner qu’il fera chaud d‘ici peu sur le parcours. C‘était la première fois que je pouvais fouler à ma guise le Montréal que j’aime tant. Le parcours qui a plu à tous m’a fait faire une ballade dans mes souvenirs. Qu’il fait bon courir sur le pont Jacques-Cartier avec la vue sur Montréal, dans la rue de Maisonneuve qui nous mène sur la rue Berri et sa côte, et voisinant le parc Lafontaine qui abritait dans mon enfance le Jardin des Merveilles et ses otaries. Montréal est encore tout endormie, tandis que quelques curieux et enthousiastes encouragent gentiment les coureurs : « Allez-y, lâchez pas vous êtes bons! » Oh ! Que c‘est le fun de ce faire dire cela s'exclame une dame à ma gauche. Je lui souris et réalise à quel point je suis bien. J’aime cette ambiance et que dire de cette belle journée pour couronner le tout. Le soleil est bon mais je pense aux marathoniens... Les bénévoles sur le parcours sont efficaces et pleins de pep. À quelques reprises on croise de petits orchestres qui agrémentent le tout. Autour de moi quelques coureurs marquent le pas et trouvent quand même le temps de rigoler et de se taquiner tour à tour. Au fur et à mesure que j’avance sur le parcours, je plonge dans mes souvenirs d’enfance. Au coin de la rue De Lorimier et Masson, voilà le balcon où demeuraient mes grands-parents .C’était là où petite fille, à tous les samedis, j’avais rendez-vous avec les cousins et cousines. La cour où on s‘amusait par ces chauds après-midi d’été. Voilà maintenant les chemins empruntés lors de mes premiers entraînements en préparation du marathon, la rue St-Joseph, où plus d‘une fois Manon et moi avons drôlement gelées en ces froides soirées d‘hiver. Je suis maintenant en direction du parc Maisonneuve… En totale sérénité et en paix, je me sens bien. Mais à la veille de la montée sur Pie-IX, maintenant envahie par les marcheurs du 5 kilomètres, je commence à me sentir un peu de fatiguée, alors que je suis presque à l’arrivée et qu’il me reste à parcourir ce que j’ai fait plus d’une fois! Je suis sur mon terrain de jeu et ce n‘est pas le temps de baisser les bras! Comme tout autres coureurs présents ce matin-là, je venais chercher la sensation incroyable qu’est l‘entrée au Stade Olympique! Maintenant plus qu’à deux kilomètres… déjà les émotions sont grandes. Je revois mon évolution de coureuse comme un film dans ma tête : les premiers kilomètres, les premières compétitions, le premier marathon... J’ai accomplie de belles choses en course à pied. Mais, ce que je m‘apprêtais à réaliser ne m‘avait pas encore été permis! Combien de fois en entraînement j’ai reluqué cette porte marathon et rêvé d’une entrée au stade, rêvé d’être dans les chaussures d‘un champion. Cette journée-là, il étais possible à tous de réaliser ce rêve. La vibration des champions était là dans le stade pour nous accueillir. Inouï! Tout d’un coup plus aucune fatigue, le dernier tour de piste est magique, je suis portée par une énergie sublime! Sur le parterre du stade la fête avait débuté. Déjà des milliers de personnes bourdonnaient sur les lieux, toutes heureuses d’être là. Je cherchais maintenant la douce accolade de mon conjoint qui comme de coutume m’avait grandement devancée! Nous avions réussi malgré le dur été et nos blessures! Nous étions heureux et fiers malgré tout! Mon 21km étant terminé, j‘attendais impatiemment les champions du marathon. Ils ont été merveilleux et ils nous ont fait vivre de beaux moments. J’ai savouré leur victoire et leur superbe performance. Il a fait chaud pour ces premiers Kényans, Algériens et Québécois. Bravo à vous tous, amis d’ici et d‘ailleurs! Bravo Isabelle, Louis-Philippe, Manon, Hélène... votre victoire est maintenant imprégnée dans l’âme du stade! Nathalie Collin White Lightning pour Courir.org
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