![]() |
|
|
Marathon de Mongolie 2006 Le plus beau marathon et ultra marathon du monde : La Mongolie Par Caroline Gagné Bien des coureurs finissent un jour ou l’autre par courir un marathon, cependant seulement quelques cas spéciaux parmi eux décideront de s'initier dans un pays lointain. Dans mon cas, mon choix s’est arrêté sur la Mongolie, lieu d’un de mes stages académiques. Je dis tout de suite que je ne sais pas encore ce qui m’a pris, peut-être est-ce que j’espérais inconsciemment que jamais personne ne connaîtrait mon résultat. Je me demande même encore si je n’aurais pas reçu un coup sur la tête lorsque j’étais jeune. D’abord, si vous l’ignorez, sachez que la Mongolie est un pays entre la Chine et la Russie qui compte un peu moins de 3 millions d`habitants dont le tiers vit encore selon un mode de vie nomade, suivant des traditions établies depuis des millénaires. La Mongolie est un pays où les contrastes sont frappants et les paysages variés; les montagnes au nord et à l’ouest, le désert au sud et les fameuses steppes. Le marathon « Sunrise to Sunset » fut créé dans le but d’amasser des fonds pour la protection de la région du Lac Kvosgol situé au nord de la Mongolie (où le marathon a lieu). Le lac Kvosgol est le 14e plus grand lac d’eau douce au monde. Pour revenir à nos moutons (et Dieu sait que les Mongols peuvent en manger des moutons : (soupe, thé, pâté, etc), la course a eu lieu un mercredi. Je suis arrivée au campement (merveilleusement situé au bord d’un lac) le lundi pour les instructions pré-course. Quelques coureurs préalablement inscrits au 42 kilomètres ont décidé à ce moment de plutôt s’inscrire au 100 kilomètres. La tentation est forte pour moi aussi d’essayer le 100 kilomètres, mais finalement je retrouve mes esprits et je concède à ne faire « que » le 42 kilomètres. On nous donne les cartes du parcours et ça fait un peu peur : les dénivelés sont importants et le parcours est identifié par des « taches » de peinture sur les arbres. Par les années passées, quelques coureurs se sont déjà perdus. Bref, ça me fait douter de mes capacités à terminer ce marathon, mais bon! On m’a remis le dossard, je vais foncer. Le premier jour je fais aussi connaissance avec la trentaine de coureurs extraordinaires qui prendront aussi le départ de cette course exigeante. Le groupe est très international (finlandais, allemand, singapourien, etc.) et chacun semble apprécier et être émerveillé par la beauté des paysages qui se présente à nous. Mardi matin, jour de repos avant la course, certains ont été se balader à cheval, d’autres faire un peu de canot, d’autres encore sont allés faire une reconnaissance du parcours. Ce jour là, on a aussi eu droit à une démonstration éblouissante de danse et chansons mongoles. Tout pour nous mettre dans l’ambiance du pays. Mais voilà, le temps passe rapidement et les heures s’envolent avant que la nuit tombe et que le son d’une flûte ne nous réveille afin de prendre le départ de ce marathon. Première chose à faire : faire vérifier notre équipement, car chaque participant doit avoir 1,5 litres d’eau ainsi que du matériel de survie (boussole, couverture, etc). Je suis vraiment excitée, mais en même temps, je suis plutôt craintive : peur de partir trop vite (j’ai l'habitude des 5 km), de me perdre, de manquer d’eau, d’être poursuivie par une vache ou je ne sais quoi encore. Bref, je m’attends à n’importe quoi! Le coup de départ est donné à 4:30 am et la première chose que je sais, c’est que je suis en train de suivre une traînée de Mongols (les Mongols sont presque toujours les gagnants du marathon). Je pense encore une fois que je suis trop rapide, mais je me re-concentre très intensément à ne pas perdre pied dans ce boisé assez accidenté. J'ai l’impression de courir après mon ombre, et finalement, je ne vais pas vite du tout (en fait je ne peux pas aller vite). J’espère en même temps que tout le parcours ne soit pas sur des sentiers de la sorte et que le soleil ne se montre pas la face. À la sortie du bois, un cavalier nous attend pour nous indiquer le chemin. Je suis ses indications et oui, bonheur, nous courons sur une route en terre battue. Je peux donc ainsi prendre un peu de vitesse et rattraper un autre participant pour continuer côte à côte avec lui. On continue de la sorte pendant une heure (et déjà mon sac à dos me fait souffrir) jusqu’au pied du premier col. À ce moment, le soleil commence à se lever et on débute cette ascension qui semble ne jamais finir. Je m’aperçois très rapidement que je ne gagne rien à jogger comparativement à marcher, j’opte alors pour la marche rapide. Au sommet de cette montagne, nous sommes récompensés par une vue splendide des montagnes et du soleil levant. Je comprends à cet instant pourquoi le marathon est considéré comme le plus beau du monde. Plus loin s’amorce une descente comme il fallait s`y attendre; tout ce qui monte doit redescendre. Je pense alors que le pire est passé et que je peux maintenant retourner au camp en paix, mais j’avais largement sous-estimé la distance et la difficulté de ce marathon. Après quelques postes de ravitaillement et avoir perdu le sentier de vue pendant une dizaine de minutes, je suis arrivée à la « vraie » montée. Voilà que je regrette la première montée qui m’apparaît maintenant comme une pente très modérée. Je suis maintenant prise avec cette colline qui veut ma peau (elle ne l’aura pas) beaucoup plus abrupte et encore une fois éternellement longue. Malgré le fait que je marche à ce moment (courir ou même jogger étant presque impossible puisque les sentiers sont particulièrement accidentés), je me sens franchement misérable et j’ai toujours cette fausse impression d’être près du sommet. Inutile de dire que ça fait longtemps que j'ai abandonné tout espoir de faire un chrono intéressant à cette course, juste la finir sera suffisant! Une fois finalement arrivée en haut et après un long soupir de soulagement, l`histoire se poursuit de plus belle et encore une fois, une descente abrupte à travers les fleurs (qui doivent passer une bien mauvaise journée) nous attend. Un dernier point d’eau et le retour en sol plat sur les chemins de terre suivent la descente. Mes pieds sont alors complètement trempés et j’ai l’impression qu’ils pèsent trois fois mon poids. Le chemin nous ramène vers le campement (que je commençais à espérer franchement à ce moment) en passant près des résidences des éleveurs locaux qui ne manque jamais de nous encourager et de nous pointer le chemin. Quelle gentillesse! Lorsque apparaît enfin le campement, je me sens soulagée (je pensais que ça ne viendrait jamais), mais c’est seulement mon orgueil qui m’a empêchée de marcher à ce moment (je ne voulais pas finir mon premier marathon en marchant quand même). Incroyable mais vrai (pour moi surtout); je parviens finalement à la ligne d'arrivée et OUI! j’ai réussi mon premier marathon. J’en ai mal partout mais quelle expérience!! Je souhaite à tous de vivre un jour une expérience de course comme celle-ci! Que de moments et de rencontres mémorables, avant, pendant et après la course! J’ai aussi réalisé l’ampleur de l’organisation pour un tel évènement dans un coin perdu et je tiens à en féliciter le comité organisateur. Chapeau!! Caroline Gagné pour Courir.org
|
|
| Fondatrice Courir.org : Nathalie Collin | Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
||