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Le gagnant du concours la plus belle Histoire de course
CAPSULES
MENTALES... A PRENDRE AVANT UN MARATHON PRESTIGIEUX, MAIS REDOUTABLE! À mes côtés, Jean Joly et Frank Steinberger, semblent vouloir se concentrer et regrouper leurs énergies, comme pour se créer un champ de force intérieur. Je ferme les yeux et je décide de me préparer mentalement, de faire ce que certains appellent un exercice de visualisation et de renforcissement. J'ai fait tout ce qu'il fallait pour en arriver là, j'ai été fidèle à mon entraînement, j'ai soigné mon alimentation, surtout ces dernières semaines, je me suis accordé suffisamment de sommeil, je suis prêt. Il reste deux heures avant le départ. Pas de panique ! Tout est sous contrôle. Restons positifs. Je suis en pleine possession de mes moyens. Tout va bien se passer. Je suis calme, détendu. Objectif avoué : 3h10. Objectif espéré secrètement : 3 heures. Pas de pression ! 42 km et des poussières, ça ne me fait pas peur. L'appréhension
de la distance, comme ils disent ? je l'ai vaincue à mon test pré-marathon
et avec les longues sorties précédentes. Je suis d'attaque,
je me sens fort. Alors allons-y pour une révision de mon plan de
course. Résister à l'effet d'entraînement, à la tentation de suivre les "gazelles". Prendre peu à peu un rythme confortable. Adopter une foulée décontractée. M'efforcer de trouver une posture idéale et ainsi économiser mes énergies. Pour m'aider à être patient, essayer de sentir la transformation de l'oxygène en forces nouvelles, m'appliquer à garder l'esprit alerte, la tête lucide, le sang... froid ! Le parcours est bien amorcé. Ménager mes forces, je m'en garde pour la fin. Pour finir fort. La fatigue commence à se faire sentir ? Je me distrais. Par exemple par des observations positives et motivantes, du genre : telle coureuse a une belle silhouette, tel coureur a une bonne foulée, le paysage est fantastique, la nature est belle, les gens sont encourageants, la musique est entraînante... Les villages se succèdent. Les acclamations des filles du Wellesley College près du treizième mille : mon taux d'adrénaline grimpe. Ouf ! reprendre ma concentration : il reste du chemin... Les collines de Newton (30e au 35e km) s'en viennent. Chercher en moi-même des encouragements : me féliciter de garder mon rythme, de me sentir si fort et si plein d'énergie encore; me chanter une petite "toune" entraînante, y aller de quelques compliments, du genre: je tiens bon, je suis tenace, j'ai la couenne dure... Enfin la dernière colline, et non la moindre : celle qu'on nomme "heartbrake hill" (colline crève-coeur): ne pas pousser trop, pencher légèrement le corps vers l'avant, faire de petits pas, balancer mes bras en les synchronisant avec ma foulée. Puiser l'énergie dans les encouragements de la foule chaque côté de moi. Enfin en haut ! M'accorder un premier moment de jubilation, en bon Vainqueur qui le mérite. M'attaquer sans tarder à la dernière tranche du parcours, qui se veut ondulante, surtout sur le Boulevard Commonwealth. Maintenant on travaille fort pour conserver son rythme. C'est là que l'entraînement que je me suis imposé va payer. Résister à l'envi d'arrêter ou même de ralentir. Pas question de lâcher. Renforcir mon mental. Vaincre la distance restante un mille à la fois : chaque mille est une victoire. L'enseigne géante CITGO est en vue. On dit qu'il reste un mille à partir de là. Ressentir déjà la fièvre des derniers kilomètres à parcourir, l'excitation à l'écoute des clameurs de la foule, l'exaltation au dernier détour avant le dernier droit de la rue Boylston, l'exubérance en passant enfin la ligne d'arrivée. Se voir déjà savourer les instants de bonheur qui suivent. Partager avec les autres cette fierté d'avoir réussi à se dépasser pour accomplir quelque chose de très grand... Ah ! j'entends une annonce en anglais. J'ouvre les yeux. Il est temps de se rendre à la ligne de départ. Je repère les deux autres Vainqueurs : allons-y ! Résultats: Jean Joly a croisé le fil d'arrivée en 2:58:39. Je le rejoignais en 2:58:52 (33 coureurs entre nous deux!). Frank Steinberger suivait avec un respectable 3:16:09.
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Fondatrice
Courir.org : Nathalie Collin |
Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
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