![]() |
|
|
Entrevue avec Isabelle Ledroit C'est à la suite d'un entraînement sur piste que j'ai rencontré pour vous la souriante Isabelle Ledroit. D'une timidité palpable et d'une douceur incomparable, elle a bien voulu répondre à quelques unes de mes questions. Voici un résumé de notre entretien.
Son coup de Cœur Dès son jeune âge, Isabelle songe à vivre à l'étranger. Elle fit de nombreuses recherches et penche vers différents pays. C'est lors de vacances au Québec qu'elle tomba en amour avec notre pays. Lors d'un séjour d'un mois au Mont Tremblant, Isabelle fut charmée et entreprit des démarches pour s'installer chez nous en 1994. Ses débuts Isabelle a fait ses premiers pas de course en 1981 à l'âge de 15 ans sur des distances de 800 m à 1500 mètres. Sa toute première compétition eut lieu à Paris où l’une de ses amies devait courir. Elle participa alors à son premier 800 mètres qu'elle considéra comme une dure expérience... Un beau cheminement Depuis cette première expérience, il y a plusieurs exploits qui nous ont fait découvrir le talent d'Isabelle. Je lui ai demandé de me parler de la compétition dont elle était la plus fière. Une étincelle au fond des yeux, elle répond que c’est sans aucun doute sa participation au Championnat du monde de 2001. Elle affirme que chaque étape franchie pour se rendre à cet évènement est motivante et pleine d’émotions. Pas toujours facile Même pour Isabelle, il y a des moments où les compétitions ne se passent pas toujours comme prévues. La preuve? Je lui demandais de nous parler de la compétition où elle a rencontré le plus de difficultés. «Oh! ça été l'horreur! » Tellement, qu'elle avait vite fait d'oublier le nom de la compétition. Il s'agissait du défunt Maski Courons dans la région de St-Gabriel de Brandon. Cette compétition a été reconnue internationalement pendant plus de vingt ans. Elle participait donc au 20 km. Il faisait très chaud et il n'y avait pas d'ombre. Elle se présenta à la ligne de départ sans ajuster son objectif, ne tenant pas compte de la température. Au treizième kilomètre, elle se faisait doubler par Véronique Vandersmissen. Victime d'un coup de chaleur, elle termina la compétition en zigzaguant et se retrouva dans un bain de glace pendant une demi-heure !!! Un vrai cauchemar! Des kilomètres agréables Isabelle préfère courir les distances de 10 km et demi marathon. Reconnue aussi pour ses succès au marathon,elle me confia que son favori fut celui de Ferrara, près de Venise en Italie (printemps 2001), pour le marathon lui-même et tout ce qui l’entourait. Ayant un sens touristique développé, Isabelle a également adoré visiter l'Italie pendant les quelques jours entourant la compétition. Dans la mesure du possible, elle s'efforce de toujours visiter un peu le coin du pays où elle séjourne. Question d'entraînement? Son entraînement varie; il est basé sur les objectifs fixés (du 5 kilomètres au marathon). Une semaine type consiste de trois jours de travail d'intensité et d’une longue sortie de fin de semaine selon le kilométrage de la semaine. En période de préparation au marathon, il y a des doubles entraînements. En d’autres temps, il peut y avoir deux jours de repos par semaine. Des évènements marquants Parmi tous ses voyages de course j'étais curieuse de connaître lequel d'entre eux l'avait le plus marquée. Elle en mentionna deux. D’abord, le 10 km de Bolder au Colorado en 1998. À cette compétition, ce fut l'entrée des athlètes dans le stade qui l'émut le plus (le stade était plein à craquer). Étant sa plus grosse compétition à cette époque, ce moment a été un des plus beaux. Puis il y a eu aussi une de ses participations au relais Ekiden de Beijing en Chine. Isabelle fit le dernier relais pour l’équipe, terminant la course en 8e position et finissant sur la Place Tienenmen. Voilà un autre moment fort dû à l'histoire de cet endroit. En plus, elle a fait une bonne course: donc, c'est un bon souvenir! Les conditions n'étaient pas idéales pour une super performance (vent glacial) mais elle s'est donnée au maximum. Sa source de motivation La motivation d'Isabelle est de pouvoir voyager et le désir de toujours s'améliorer. Elle trouve le monde des coureurs très intéressant et les gens très sympathiques. Il n'y a pas de barrières sociales, tous les coureurs se parlent; peu importe le pays ou la ville où l'on se trouve, les gens se reconnaissent. C'est une communauté ouverte où il est agréable d'évoluer. Les blessures Heureusement, elle n’en a pas eu beaucoup, mis à part l’année 2002 qui fut une période de repos forcé car elle n'a pas couru d'avril à août. Ce n'est qu'en novembre 2002 qu'elle reprit sa forme. Face à cette blessure, Isabelle se retrouva frustrée ; deux mois s’étaient écoulés avant que les «spécialistes» lui disent qu'il s'agissait d'une fracture de stress. Et encore là, les médecins n'étaient pas sûrs, de là deux avis contraires... La blessure a surgi en avril, le temps où les compétitions les plus importantes devaient avoir lieu pour elle. Elle se garda en forme en s'entraînant en piscine. « Quatre mois sans courir » affirma-t-elle, « c'était la fin du monde » ! 2003 une bonne année! Cette année Isabelle aura un bon bilan. Réalisant son standard élite à Vancouver au demi marathon avec un chrono de 1h15:14, elle remporta aussi le championnat d'athlétisme du Québec au 1500 mètres en 4:41 et au 5000 mètres en 17:22. Prenant la première place au marathon de Ferrara, en mars en Italie, Isabelle est-elle satisfaite? Oui. Mais selon elle, certaines marques auraient pu être améliorées si les facteurs climatiques n’avaient pas été aussi défavorables. Ses projets Isabelle
souhaite réaliser des temps de 34 minutes et moins aux dix kilomètres
et sous 1h15 au demi marathon. Elle n’a pas de projets à
moyen terme sauf pour l'automne 2004 au marathon (la destination restant
à déterminer). Surtout, pas de marathon au printemps car
l'hiver a été trop dur l'an passé et cela augmente
le risque de blessures dû aux terrains qui ne sont pas favorables
pour réaliser des intensités de qualité. Une bonne philosophie dans une belle personne! En terminant, j'ai demandé à Isabelle de partager sa philosophie avec nos lecteurs. « Il ne faut jamais perdre de vue ses objectifs. C'est bon d'avoir des rêves, mais il faut qu'ils soient accessibles. Tout en demeurant réaliste, il faut miser toujours un peu plus haut. À mes débuts, je ne croyais pas atteindre ce que j’ai réalisé jusqu’à aujourd'hui. Pour moi, c'est arrivé progressivement.La patience et la ténacité sont essentielles au coureur de longue distance. Malgré les embûches, il faut tirer des leçons et persévérer. » Isabelle est entraînée depuis maintenant neuf ans par Jean-Yves Cloutier (entraîneur du club les Vainqueurs depuis 25 ans).
|
|
| Fondatrice Courir.org : Nathalie Collin | Conception
: Jean Joly |
Informations : 514-387-0404 |
||