Courir a Montreal - Courir.org pour la course a pied, de jogging au Quebec
Courir Montreal courir Quebec Jogging courir
courir a Montreal - Courir.org
Courir a Montreal - Courir.org pour la course a pied, de jogging au QuebecCourir a Montreal - Courir.org pour la course a pied, de jogging au Quebec Le coin du coach Boutique Courir Peak Centre de haute Performance
     
Pour recevoir le journal

Entrez votre courriel!

Courir - Courir.org pour la course à pied, de jogging - Le site de course le plus populaire au Québec
Courir Montreal Jogging quebec club courseCalendrier 2008
Courir Montreal Jogging quebec club courseJournal Courir à Montréal
Courir Montreal Jogging quebec club courseNouvelles Courir.org
Courir Montreal Jogging quebec club courseLe coin du coach
Courir Montreal Jogging quebec club courseClubs de courses
Courir Montreal Jogging quebec club courseListe d'envoi
Courir Montreal Jogging quebec club courseContact
Courir Montreal Jogging quebec club coursePourquoi courir ?
Courir Montreal Jogging quebec club courseSaviez-vous ?
Courir Montreal Jogging quebec club courseVoyages de courses
Courir Montreal Jogging quebec club courseHistoires de courses

Courir - Courir.org pour la course à pied, de jogging - Le site de course le plus populaire au Québec
Courir Montreal Jogging quebec club courseTrucs santé

Courir Montreal Jogging quebec club courseLes vitamines
Courir Montreal Jogging quebec club courseLe Yoga
Courir Montreal Jogging quebec club courseMassotherapie
Courir - Courir.org pour la course à pied, de jogging - Le site de course le plus populaire au Québec
Courir Montreal Jogging quebec club courseLogiciels
Courir Montreal Jogging quebec club courseMagazines
Courir Montreal Jogging quebec club courseVidéothèque
Courir - Courir.org pour la course à pied, de jogging - Le site de course le plus populaire au Québec
Courir Montreal Jogging quebec club courseBellerive
Courir Montreal Jogging quebec club courseMaisonneuve
Courir Montreal Jogging quebec club courseMont-Royal
Courir Montreal Jogging quebec club courseMont St-Bruno
Courir Montreal Jogging quebec club courseOlympique
Courir Montreal Jogging quebec club courseLafontaine
Courir Montreal Jogging quebec club courseThomas Chapais
Courir - Courir.org pour la course à pied, de jogging - Le site de course le plus populaire au Québec
Courir Montreal Jogging quebec club courseCompétitions
Courir Montreal Jogging quebec club courseClubs
Courir Montreal Jogging quebec club courseTriathloniens
Courir Montreal Jogging quebec club courseOrganismes
Courir - Courir.org pour la course à pied, de jogging - Le site de course le plus populaire au Québec
Courir Montreal Jogging quebec club courseHistoire de Charlotte
Courir Montreal Jogging quebec club courseCourir avec un chien

White Lightning

 

Entrevue avec Jean Paul Baert

Dans les bureaux de la Fédération québécoise d’athlétisme, j’ai rencontré, en clôture de saison 2003, M Jean Paul Baert, directeur général de la Fédération d’Athlétisme et directeur de la revue ATHLÉTISME ET COURSE SUR ROUTE. M. Baert a accepté de nous rencontrer pour répondre à quelques questions.

Les murs de son bureau sont garnis de cadres, nombreux témoignages de ses accomplissements. Une carte du monde remplie de "pins" qui indiquent chaque endroit visité au cours de sa carrière. Et ce n’est pas fini... ses souliers ont beaucoup voyagé.

Dans le but de vous faire découvrir cet homme impliqué dans le milieu de l’athlétisme depuis près de quarante ans, voici ce que nous avons retenu de son implication ainsi que de son point de vue sur ce qui se passe en course à pied.

M. Baert est reconnu pour ses nombreuses participations à titre d’analyste sportif lors de compétitions d’athlétisme (sa plus récente apparition fût lors des Championnats du Monde d’Athlétisme diffusés sur les ondes de Radio Canada cet été). Il est reconnu dans le milieu de l’athlétisme pour ses réalisations à titre d’entraîneur des concours de lancers. Dès son arrivée au Québec en 1966, il a évolué dans le milieu de l’athlétisme de façon à développer et former les jeunes gens de chez nous avec une grande passion. Il est parmi les pionniers qui ont travaillé à former et à susciter l’intérêt des jeunes pour l’athlétisme.

Ses débuts et réalisations

M. Baert est originaire de Paris. C’est à l’âge de 15 ans qu’il fait ses débuts dans une équipe de handball. Malgré qu’il soit doué, il n’est pas heureux dans un sport d’équipe. Un jour, il assiste à l’entraînement de son frère qui, lui, se spécialise dans le lancer du poids. Il se rend donc sur le terrain et à cet endroit il y trouve un javelot qu’il se met à lancer.

Son frère l’invite donc à se joindre au club. Il s’agit de l'un des plus gros clubs parisiens : Le Stade français. Dès lors un entraîneur de lancers le prend en charge. Il se classe à ce sport le 2ième junior français. Il était sur une bonne lancée lorsqu’il s'infligea une sérieuse blessure au coude. Des problèmes reliés à cette blessure persistant depuis près de 3 ans, c’est avec regret qu’il abandonne tout espoir comme athlète.

Toutefois, comme le club devient souvent une deuxième famille, Jean-Paul continue de le fréquenter et y pratique d’autres lancers : ceux du marteau, du disque et du poids. Vu qu’il était membre du plus important club de parisien, les entraîneurs sur place n’arrivaient pas à donner beaucoup de temps à tous les athlètes. Alors qu’il se trouvait sur le terrain, ses copains lui demandaient conseils. Comme ses conseils s’avéraient utiles, c’est alors que de fil en aiguille, il s’impliquait de plus en plus à ce niveau. Il pris goût à l’entraînement et développa ses qualités d’entraîneur pendant trois ans avant de débarquer chez nous.

Québec, suite de succès!

C’est en 1966, que Jean-Paul Baert, la valise remplie de rêves et épris de sa passion, arrive à Montréal pour découvrir notre réalité… À cette époque, les Québécois ne s’y connaissaient pas beaucoup en athlétisme et les clubs étaient très rares. Motivé, il ne perd pas espoir et cherche comme une aiguille dans une botte de foin un club d’athlétisme. Par hasard, des gens sur la rue lui indiquent qu’il y avait des gens qui couraient près du parc Jarry. Sans tarder, il s’y rend et découvre les gens de la Palestre Nationale auxquels il offre ses services comme entraîneur, bénévolement.

C’est lors de compétitions que M. Baert rencontre des gens de l’Université de Montréal. Ceux-ci l’incitent à postuler pour un poste d’entraîneur. L’entraîneur déjà en place lui suggéra de prendre les athlètes des lancers, sans budget. Il accepte.

Maintenant en charge de l’équipe des lancers de l’Université de Montréal, il permet à l’équipe de battre des records de l’université. On lui accorde alors un budget. Il développe ses athlètes qui, quelques années plus tard, battront des records canadiens.

C’est en 1969 qu’il est nommé entraîneur provincial des lancers. Il continue à entraîner des athlètes de niveau olympique. En 1973, l’Association canadienne d’athlétisme qui n’avait pas de structure à cette époque approche Jean-Paul pour aider à sa structuration. Entre temps, il était devenu Directeur exécutif à la fédération d’athlétisme du Québec. Bientôt auront lieu les Jeux Olympiques de Montréal de 1976. Peu de temps après, Athlétisme Canada cogne à sa porte et lui offre le poste d'entraîneur national des lancers. Il demeure à ce poste de 1973 à 1988. Au début de cette période, M. Baert s’implique dans l’organisation de divers événements (1972-73) dont une rencontre entre le Canada et la Russie. Cela avait lieu au Forum de Montréal où plus de 12 500 personnes sont venues « découvrir » l’athlétisme. C’est à cette époque que Richard Garneau est président de la Fédération d’Athlétisme du Québec et tout deux travaillent fort pour mousser l’athlétisme... Ils enthousiasment le public qui forcément revient à chaque fois qu’une compétition est organisée.

Témoin de l’engouement pour la course à pied des années 80

La véritable révolution fût lorsque Participe Action déclara que le québécois de 30 ans avait la condition physique d’un suédois de 60 ans. Cela a fait un malheur... un bon malheur. M. Baert affirma que cette situation lui fut favorable puisque à cette époque il n’y avait aucune structure pour les personnes qui désiraient pratiquer la course.

Puis, il y eut le Marathon de Montréal (1979) qui fut organisé pour la toute première fois. C’est à ce moment qu’il eut ce phénomène de course à pied entraînant une augmentation importante du nombre de coureurs. Et, petit à petit le nombre de coureurs diminua à nouveau. Selon M. Baert de nombreux coureurs se sont dirigés vers d’autres sports comme le cyclotouriste.

La réalité était que monsieur et madame rentrent du boulot. Monsieur enfile ses chaussures de course et part s’entraîner un bon moment. Le week-end venu, il part à nouveau pour faire les compétitions du dimanche. Alors le conjoint se dit : « c’est bien gentil la course à pied mais... » Donc, il y a souvent pression familiale qui l’amène à se concentrer sur un autre loisir. Le couple et sa petite famille partent maintenant en randonnées. Au fil des ans, ils sont de plus en plus nombreux. Beaucoup de ces gens étaient des coureurs, certains avaient maintenant des problèmes aux articulations. Richard Garneau en était un. Tout à coup cette masse de coureurs fait autre chose. Ils ont pris goût à l’activité physique et se sont laissé attirer par ce qui s’offrait de nouveau à eux. D’où la multiplication des magasins de plein air…. Ce même bassin de coureurs se trouvait diminué par toutes ces activités.

Mieux structurer la course à pied

Aujourd’hui, M. Baert constate qu’il a souvent l’impression de parler dans le désert. On continue à mettre les courses sur route le dimanche. Il serait plus normal d’organiser ces courses le samedi. Comme cela, la famille au complet ne serait pas contrainte aux obligations du coureur de la famille. Ce détail a lui seul continue à ronger la course à pied. Une fois la compétition faite le coureur en famille ou célibataire peut profiter du reste du week-end. Pourtant, on constate depuis 1999 un nouveau regain de la course à pied (chez les 25-35). En effet, ce sont les coureurs qui ont une jeune famille ou qui sont à la veille d’en former une qui ont du mal à continuer dans le sport. La course à pied est un sport individuel; de là le besoin d’y apporter tous les éléments nécessaires pour le rendre intéressant pour toute la famille. Ainsi, plus de gens viendront courir et assisteront à la course et peut-être même y prendront goût. Il faut rendre le sport familial, convivial, non pas individuel.

Nous comptons au Québec environs 6,000 à 8,000 coureurs sur route. Nous appelons coureur sur route celui qui participe à une course sur route par année. La grande majorité de ces gens participent à une course ou deux par année. Ce n’est pas la moyenne. De ces gens environ 10 % sont membre de la Fédération.

Les avantages d’être membre sont d’être en relation directe avec les gens par le courrier électronique et les affiliations. Il y a aussi les assurances qui couvrent les coureurs en cas de blessures 24 h sur 24 pour la pratique de son sport partout dans le monde. Pour les épreuves "Championnat Provincial" au parc Lafontaine (La Classique du Parc Lafontaine) seuls les coureurs affiliés peuvent participer. Les coureurs sont un peu tiraillés; au lieu d’être dixième au populaire, il pourrait être trente-septième au provincial.

Il est certain qu’en ayant plus de membres la Fédération pourrait faire plus pour les coureurs. Cependant, le problème vient du fait que les organisateurs de courses sur route sont indépendants de la Fédération et qu’ils font ce qu’ils veulent chez eux ! C’est leur droit et l’on ne conteste pas ce droit!» On a essayé dans le passé de s’y associer en offrant des rabais pour les courses sur route. En échange, ils devaient faire la promotion de notre affiliation. Le problème est que nous étions en conflit d'intérêt.

Nous voulions aider, mais nous avions l'impression que c'était à sens unique. "Qu'est-ce que la Fédération peut faire pour nous" et pas le contraire... Un organisateur ne s’intéresse qu’à son événement ! Ce n’est pas un reproche, il prend soin de son bébé. Il faudrait qu’il existe une meilleure communication entre l’organisateur et la Fédération. Il existe une attitude protectrice qui amène la majorité des organisateurs à donner l'impression que chacun travaille pour soi. S’ils se regroupent, c’est qu’il y a des avantages. S’ils pouvaient avoir ces avantages en étant seuls, je pense qu'ils le feraient !!!

La fédération a un devoir envers ses membres. Malgré tout, même si les gens ne sont pas membres, ils ont accès gratuitement à l’information. S’ils nous écrivent, nous déployons tous les efforts pour répondre et leur rendre service. Nous faisons la promotion de la course sur route par tous les moyens disponibles. Même à l'étranger.

Autre réalité bien d’ici

En Amérique du Nord, on a beaucoup moins d’athlètes à cause du bassin de population et si on compare la France avec le Québec sur ce point, les possibilités sont moins grandes. D’où notre difficulté de bien former et supporter les athlètes. En plus, l’athlétisme n’est pas aussi populaire ici comme le sont les sports professionnels; football, baseball, hockey et maintenant soccer. Tous des sports d’équipe qu’on privilégie. Aujourd’hui au Canada, on compte quelque 20 000 athlètes. Depuis son arrivée au Québec M. Baert affirme que ce n’est pas la quantité d’athlètes qui a beaucoup augmenté mais la qualité des athlètes qui s’est améliorée. Aujourd’hui il y a ce phénomène de société qui associe le sport au loisir.

Mieux encadrer les jeunes

À l’époque, la compétition pour arriver dans la vie était moins forte. Maintenant, il faut se battre pour trouver un job. De ce fait, les athlètes continuaient longtemps en athlétisme. Aujourd’hui, on cesse le sport relativement jeune (au niveau junior). Dès qu’il devient senior, face aux obligations de la vie et aux réalités qui s’imposent à lui (vie personnelle, boulot, éducation) et s'il n'est pas classé dans les meilleurs, l’athlète abandonne. Actuellement, dans toutes les provinces canadiennes nous perdons 50 % des athlètes qui font le saut au niveau senior. On a donc un besoin pressant de programmes pour supporter ces athlètes à ce moment critique de leur carrière, trop souvent écourtée.

Un autre problème participatif, notre sport n’est pas un jeu! On ne joue pas à l’athlétisme comme on joue au hockey ou au soccer. En athlétisme, il y a en plus un juge impardonnable : c’est le chrono, le ruban à mesurer. On gagne des médailles, mais c’est bon pour les jeunes. Dès l'âge junior, quand l’athlète regarde les standards pour faire les olympiques, il a un point de repère. Ces standards sont maintenant si élevés que l’individu se décourage. Aujourd’hui, on ne fait plus d ‘athlétisme pour le plaisir. On ne va plus au club pour voir les copains. Les coureurs sur route ne font plus de piste. Ils sont coureurs sur route ou il pratique le vélo.

Le sport, formation de base

Il est primordial de développer le goût des jeunes pour l’athlétisme. Si on ne l’enseigne plus dans les écoles, source première d’inspiration pour les jeunes, on ne réveillera jamais le goût chez eux.

M. Baert affirme que depuis deux ans maintenant on développe des programmes dans les écoles qui donnent des résultats. On veut former des clubs dans les écoles. Bien que les jeunes soient confrontés à leurs performances un jour ou l’autre, l’athlétisme demeure LE sport formateur, la base de tous les sports.

En ayant cette formation, même si le jeune n’est plus en athlétisme, il intégrera cette formation acquise dans son quotidien.

Dans les écoles, c’est l’horreur : il y a de moins en moins d’équipement et de temps consacrer à l’activité physique. La base de la pyramide est de plus en plus étroite… Comment amener nos jeunes au sommet?

Ici, on a un système champignon de temps à autre un athlète va surgir. On va l’encadrer mais ce n’est pas un athlète qui vient d’un système de base. C’est pour cela que l’athlétisme aura de la difficulté à devenir aussi populaire que tous les autres sports. Vous savez : « les mômes rentrent de l’école, ils vont jouer au hockey. S’ils sont dix ensemble, ils jouent dans la rue ou ils se rendent au club. On ne les voit pas au coin de la rue en train de lancer du marteau ou sauter à la perche. Ce sera toujours comme cela malheureusement ».

La grande question, l’avenir de la course à pied

L’athlétisme et la course sur route seront toujours dans une certaine compétition car nous faisons face au même problème. Courir, ce n’est pas un jeu. Courir, c’est purement personnel de se dire et de faire en sorte que je me bouge le cul. Oublions la compétition et la course de fin de semaine. Le geste où l’athlète met ses souliers de course et se met à cavaler, c’est une décision de santé.
Il y a beaucoup de gens qui font de la bedaine. L’hiver, ils sortent de temps à autre la fin de semaine pour jouer dans des «ligues de garages ». Ils rencontrent les copains, ils ont du plaisir et ils s’imaginent, encore à 35 ans, être Guy Lafleur en train de compter. Après ils sortent tous ensemble au resto où ils vont se marrer.

Le gars qui part seul courir, il pose un autre geste; c’est un geste personnel de santé. Dès que l’on touche à la santé, il choisit le type d’activité qu’il pratiquera. Il sera donc attiré vers des gens qui l’entraîneront à faire des sports en groupe. Si vous avez remarqué, au Tour de l’île, il y a 50 000 personnes qui participent à cette journée. On n’a jamais ce nombre de coureurs sur route. Évidemment, tous ces gens ne courent pas. Ils font du vélo ou du patin. C’est à nous gens du milieu et coureurs à impliquer les gens dans l’athlétisme. Il faut les intéresser et démontrer que la course est plus intéressante que de faire du vélo, du patin. Aussi longtemps que notre produit sera vendu de façon à bloquer les week-ends avec des compétitions du dimanche matin, on souffrira d’un certain handicap.

Un grand privilégié

Grâce à son parcours de vie, ses accomplissements comme athlète et entraîneur et aujourd’hui analyste sportif, il se considère comme très privilégié. «On dit souvent que les grands entraîneurs sont des athlètes frustrés. »Certainement pour lui on prévoyait le meilleur mais dû à cette blessure ça ne c’est pas passé ainsi. Plus jeune il rêvait de participer à de grands événements en athlétisme mais il n’a pas pu le faire. C’est par les athlètes qu’il a pu participer à tous ces évènements : les Jeux Olympiques, Championnats du Monde, Jeux du Commonwealth. Pour tous ces événements, il était aux premières loges. Chaque expérience était différente les unes des autres. À cette époque, il combinait le travail d’entraîneur à celui d’analyste. Après un moment, il laissa l’entraînement pour se consacrer au travail d’analyste.

Il était constamment en contact direct avec son sport et les athlètes.«De pouvoir vivre ces émotions et d’assister aux exploits des athlètes, c’est merveilleux!»

C’est cette émotion qu’il essaie de transmettre à ses auditeurs. Il souhaite faire ressortir tout le côté humain de l’athlétisme. Il ne veut pas se contenter de commenter le geste mais de faire ressentir l’exploit à l’auditoire.

C’est pour lui sa façon de former les gens à travers la télévision. Il veut faire vivre l’athlétisme à monsieur et madame tout le monde. C’est à eux que l’on veut faire vivre cette expérience. C‘est en restant le plus simple possible. Ce n’est pas pour le spécialiste en athlétisme que l’on fait cela mais pour ceux qui pourraient y prendre goût. C'est sûr que l’on doit mettre des chiffres sur les performances, mais en simplifiant ces données cela devient plus accessible et touche plus de gens.

Sensibiliser les gens !

Les derniers Championnats du Monde d’Athlétisme en France l’été dernier était diffusé en « Prime Time », soit de 19h00 à 21h00 et les cotes d’écoute étaient surprenantes. Radio- Canada a battu les records des cotes d’écoute de séries télévisées à d’autres postes. Pour lui, de vivre et de faire vivre l’évènement et de le commenter est une façon de servir de baromètre. À son retour, M. Baert dit avoir eu de nombreux commentaires positifs. Il a même eu la demande d’un parent qui souhaitait acheter un marteau pour son fils de 10 ans ! «Notre équipe avait réussi à susciter un engouement. C’est bien, mais il faut soutenir ses enfants. Et cet encadrement, c’est à l’école de le faire.»

Créez un nouveau souffle

Nos cent quarante-cinq entraîneurs au Québec sont surchargés d’enfants qui veulent faire de l’athlétisme. Il faut donc relancer l’athlétisme dans nos écoles, là où sont les futurs entraîneurs. En 1966, on entraînait des jeunes dans des facilités précaires et il fallait faire preuve d’imagination car les équipements n’étaient pas adéquats. Aujourd’hui, nous nous devons de bien soutenir les quelques programmes qui fonctionnent présentement pour que cela continue dans le bon sens.

L’accomplissement d’un rêve

Curieuse de connaître quel évènement avait le plus marqué notre interviewé avec toutes ses expériences, il me répondit à ma très grande surprise : « Les Jeux olympique de 1976 » et pour plusieurs raisons.

En premier lieu, pour le cheminement que cela avait eu dans sa vie. Lorsqu’il débarqua chez nous en 1966, c’était le désert pour l’athlétisme. À cette époque, il y avait l’Association Amateur Athlétique du Québec dont le budget annuel était de 1500 $ par année. Il n’y avait pas de bureau et on faisait les réunions au YMCA sur la rue Drummond. Parmi les membres, il y avait une personne qui s’appelait Pierre Charbonneau. Il était président de la Fédération d’Athlétisme du Québec qui croyait à l’athlétisme. Avec la Légion Royale Canadienne, Pierre Charbonneau organisait des stages pour les entraîneurs à chaque année. En 1969, M. Baert s’impliqua dans ce projet. Un jour Pierre Charbonneau allié au maire Jean Drapeau proposa de poser la candidature de Montréal aux Jeux Olympiques. M Baert fut partie prenante.

À ce moment, il était enseignant au Collège Lionel Groulx et il parlait constamment à ces élèves de l’importance et de la fierté d’avoir les Jeux à Montréal. Il donnait justement un cours lorsque les médias annoncèrent que Montréal aurait les jeux. Il entendit un boucan dans les corridors; c’était ses élèves qui courraient et venaient lui apprendre la nouvelle. On sollicita la compagnie Canadair qui avait de grands hangars pour avoir un endroit adéquat pour s’entraîner. Un hangar fut libéré et chauffé pour nos athlètes. Sport Québec s’est aussi impliqué. Alors, tous ces rêves allaient bientôt devenir réalité. Il a été témoin de la construction du stade et de ces nombreux scandales. Puis le grand jour arriva.

Il habitait avec l'équipe canadienne dans les pyramides du Village Olympique qui était plein d’athlètes. Il vivait l’atmosphère exceptionnelle qui y régnait. Il était fier car c’était chez lui.

Lors des cérémonies d’ouverture, le pays hôte est celui qui clôture l’entrée des athlètes au Stade. L'équipe était à l’extérieur du stade et attendait dans le golf (parc Maisonneuve) le moment opportun. De là, il entendait l’euphorie des gens qui criaient lorsque les pays défilaient les uns après les autres. Les gens étaient anxieux de voir le Canada passer et soudainement n’applaudissaient presque plus. Comme l'entrée se fait en ordre alphabétique, le Zimbabwe fermait la marche et venait de défiler. À leur tour maintenant. En descendant sous la rue Sherbrooke, il y avait des gens de chaque côté de la route qui criaient, d’autres qui étaient entassés, applaudissaient, pleuraient, touchaient aux athlètes. «Il y avait un tas d’émotions qui passaient là. » Et lorsque au bout du tunnel, il entra dans le stade une véritable explosion d’émotions l’envahit. «C’est pour moi le plus beau souvenir».

ranchement ému d’avoir revécu cet évènement, c’est sur cette dernière question que je quittai M. Baert. Il a généreusement accordé un long moment à cet entretien fort agréable. Il avait maintenant également réussi à me faire revivre les Jeux Olympiques que j’avais regardés à la télé à l’âge de sept ans .Il m’a fait vivre avec ses qualités de narrateur son expérience qui est peu banale.

Au moment de clore notre entrevue, je ne pus m’empêcher de lui mentionner quand tant qu’athlète, je m’entraîne aux abords du stade et au stade même.

Et même à ce jour, l’émotion de cette époque y vit encore. Cette émotion, je la sens, elle y est imprégnée à tout jamais.

Whitelightning pour Courir à Montréal

Vous avez des questions pour Jean Paul Baert? Posez vos question à M. Baert via le site courir.org pour nous joindre: redactrice@courir.org

 


Running Room - Le Coin des Coureurs

Ultimate XC

Un petit voyage organisé?

Course Montreal New-York 2007

Fontaine Santé



White Lightning

Recherche sur le site Courir.org Site Courir.org Google
  Fondatrice Courir.org : Nathalie Collin
Conception : Jean Joly
Informations : 514-387-0404
Laval